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Par Gérard Touaty
Après 22 années de séparation, Yaakov va retrouver son fils Yossef, devenu vice roi de l’Egypte. Mais sur le point de quitter la terre d’Israël, D.ieu le rassure en lui disant qu’il n’a rien à craindre de descendre en Egypte car il fera de lui un grand peuple. Cette assurance divine est expliquée par Rachi qui écrit que Yaakov était inquiet du fait qu’il devait quitter la terre d’Israël. Ce commentaire soulèvera deux questions.
Tout d’abord, en quoi cette assurance d’être un grand peuple peut rassurer Yaakov ? De plus, lorsque le patriarche quitta ses parents pour se rendre chez Lavane, en dehors d’Israël, il n’est fait nulle part mention d’une crainte de Yaakov ? ! Pourquoi apparaît-elle ici ?
Avec sa famille
Pour répondre à ces questions, il faut différencier les deux sorties de Yaakov : la première, quand il quitta ses parents et celle qui doit l’amener en Egypte. Pour la première, il n’exprime aucune crainte parce qu’il est seul. Pour la seconde, il quitte la terre d’Israël avec 70 âmes, avec ses enfants et ses petits enfants. Son inquiétude est alors légitime parce qu’il pense que le meilleur endroit pour élever sa famille est la terre d’Israël. C’est pourquoi D.ieu doit alors le rassurer et lui promettre qu’il fera de lui un grand peuple. Précisément, en Egypte, les Enfants d’Israël grandiront mieux qu’ils n’auraient pu grandir sur la terre d’Israël. Mais une nuance doit être apportée ici. Le verset sur lequel Rachi s’arrête nous dit que D.ieu dit à Yaakov « N’aie pas peur de descendre en Egypte » et Rachi précise qu’il était inquiet de quitter la terre d’Israël. Nous avons ici deux sentiments. La crainte et l’inquiétude. Pour ce qui est de la crainte, D.ieu lui demande de chasser cette crainte car Il le protègera. Pour ce qui est de l’inquiétude, ce sentiment doit rester car on ne doit pas quitter la terre d’Israël le cœur léger. Au contraire, cette inquiétude l’aidera à affronter les difficultés de l’exil.
Demander la délivrance
De toutes ces précisions, peuvent se dégager une ligne de conduite pour chaque Juif durant cette période de l’exil. D’un côté, l’exil ne doit pas nous faire peur. Si D.ieu nous y a conduits, il est sûr qu’Il nous a donné les forces pour surmonter toutes les épreuves qui peuvent se dresser contre nous. D’un autre côté, chacun doit ressentir une inquiétude à vivre en exil parce que ce n’est pas la situation véritable d’un Juif. De ce fait, on doit implorer le Créateur de toutes nos forces pour qu’Il nous libère et nous ramène sur notre terre avec le Machia’h. Très prochainement. Gérard Touaty
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