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Par Gérard Touaty
La continuité des idées de nos Maîtres à travers l’histoire n’est pas seulement qu’une succession d’opinions. Chacune d’entre elles s’inscrit dans un projet commun qui peut s’étendre sur des siècles. Ainsi, quand le Rabbi nous demande de nous investir dans la préparation du monde à la délivrance messianique, il avance dans le sillage du Rambam.
Pour le Rambam (1), notre action pour provoquer la délivrance se situe sur deux registres. Nous avons l’obligation de croire en Machia’h et de l’attendre : « Quiconque n'y croit pas, et n'attend pas sa venue, écrit ce Maître, ce n'est pas seulement les Prophètes ultérieurs qu'il renie, mais la Torah elle même et Moché rabbénou (Moïse notre Maître) ». La foi et l’attente que le Rambam exige de chacun d’entre nous, posent problème : quel besoin avons-nous de croire si nous devons aussi l’attendre ? Il ne fait aucun doute que l’homme qui attend Machia’h avec ferveur croit aussi en lui ! Sinon sur quoi reposerait son attente ? Dès lors, pourquoi le Rambam nous demande t-il de croire en Machia’h ?
Par l’étude de la Thora
La réponse à notre question nous obligera à définir la notion de croyance, de Emouna. L’obligation de croire en D.ieu peut être comprise à deux niveaux : il y a la foi comme héritage qui nous fut transmise par les patriarches et qui est partie intégrante de notre identité. Mais il existe aussi un degré de Emouna qui dépend de notre réflexion, une foi qui évolue en fonction de notre étude de la Thora. Il en est de même ici : la croyance en Machia’h évoquée par le Rambam est celle dont la base est l’étude de la Thora et qui grandira, en fonction de la qualité de notre étude. On comprend, dès lors qu’elle nécessaire et indissociable de l’attente de Machia’h : plus la foi se renforce plus l’attente est vivante !
Désir de délivrance
Le Rabbi va dans le même sens quand il nous demande d’étudier les textes relatifs au Machia’h et à la délivrance. Cette demande du Rabbi est une véritable innovation que l’on ne trouve nulle part chez nos Maîtres mais elle vient en fait confirmer les propos du Rambam. Bien évidemment, comme l’explique le Rabbi, en étudiant ces textes, notre désir de voir se concrétiser la délivrance se renforcera. Toutefois, comme le Rambam, le Rabbi veut, par cette étude, que notre attente de la délivrance soit active et fervente. C’est pourquoi, chacun d’entre nous, hommes, femmes et enfants doit, au travers de la Loi écrite, du Talmud, du Midrash ou de la ’Hassidouth renforcer sa foi pour, avec une vitalité sans cesse accrue, attendre Machia’h à chaque instant de sa vie.
Gérard Touaty Note (1) Michné Thora, Lois des rois, début du chap. 11
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