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Par Gérard Touaty
Le Talmud (1) nous rapporte que 24.000 élèves de Rabbi Akiva furent frappés d’une épidémie dont la cause fut le manque de respect que chacun manifesta l’un envers l’autre. Cette épidémie s’arrêta le trente troisième jour du compte du Omer qui fut connu plus tard sous le nom de « Lag baomer » parce qu’il devint le jour anniversaire du décès de Rabbi Chimone bar Yo’haï. Or, chose étonnante, Rabbi Chimone bar Yo’haï fut aussi un élève de Rabbi Akiva, mais il ne fut pas victime de cette épidémie ! Qui était ce Maître pour que la Tradition retienne le jour de son décès comme un moment exceptionnel du calendrier juif ?
A propos de Rabbi Chimone bar Yo’haï, on retient deux traits essentiels. Il est d’abord l’archétype de l’homme totalement impliqué dans l’étude de la Thora. « Thorato oumanouto » selon l’expression talmudique : l’étude de la Thora occupait chez lui le même temps (et sinon plus) qu’un travail chez un homme normal. Mais il est aussi connu pour être le rédacteur du Zohar, l’œuvre fondamentale de la tradition ésotérique du judaïsme où se révèle l’aspect profond de la Thora. Pour comprendre la place qu’il occupe dans la pensée juive, nos Maîtres rapportent le récit suivant tiré du Midrash. L’un de ses élèves qui quitta Israël pour gagner sa vie, connut une réussite matérielle extraordinaire. Mais cette nouvelle fortune suscita la jalousie des autres élèves de Rabbi Chimone. Pour les apaiser, il les conduisit dans une vallée près de Mérone, et là s’écria : « Vallée, vallée, remplis toi de pièces d’or ! ». Et c’est ce qui se produisit. Puis Rabbi Chimone leur dit : « « Allez prendre ce que vous voulez, mais sachez qu’en prenant cet or vous perdez votre part du monde futur ». Les élèves comprirent et personne ne prit de pièces.
Un parfum de délivrance
Pour Rabbi Chimone, qui se trouvait à un degré d’élévation spirituelle exceptionnel, l’exil n’existait pas et le Temple de Jérusalem n’était pas détruit. Par ce récit, il montra que la Thora est la source de la richesse matérielle, comme cela sera évident lors de la délivrance messianique. A son époque (et jusqu’à présent) il était impossible de voir le lien entre richesse spirituelle et abondance matérielle du fait de la pesanteur de l’exil qui dissimule la présence divine. Mais Rabbi Chimone y parvint parce qu’il fut le premier à introduire la délivrance messianique dans l’exil. C’est la raison pour laquelle, la tradition juive donne à « Lag baomer » un si grand faste.
Le reflet de la vérité
Pour aller plus loin, on peut rapporter un commentaire du Rabbi qui s’étonne des propos du Rambam dans son Michné Thora (2) qui écrit que « lors de l’époque messianique…les bienfaits matériels seront distribués en abondance et les délices trouvés comme la poussière ». Que nous apporte cette précision, demande le Rabbi, puisque l’humanité ne sera préoccupée que par la recherche de la connaissance de D.ieu ? En fait, précise t-il, cette abondance matérielle n’aura aucune importance en soi. Elle ne sera que le reflet de l’abondance spirituelle qui inondera le monde pour prouver, comme mentionné plus haut, que la Thora est à l’origine de tout.
Gérard Touaty
Notes (1) Traité Yébamoth, p.62b (2) Lois de rois, chap. 12, parag.5
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