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Par Gérard Touaty
Comment devons nous considérer le jour du 3 Tamouz 1994 qui vit la disparition physique du Rabbi ? En fait, il ne faut pas le considérer ! Expliquons-nous avec un court récit.
La mère du Rabbi quitta ce monde le chabbath 6 Tichri 1965. Son enterrement eut lieu le lendemain Dimanche 7 Tichri. Nous sommes à trois jours de Yom Kippour et le jeune étudiant de Yéchiva, Shmouel Lew, futur Chalia’h du Rabbi à Londres, a été nommé pour diriger un Yom Kippour dans une base militaire américaine. Il se trouve devant le 770 pour accompagner la mère du Rabbi à sa dernière demeure. Alors que le convoi avance, le Rabbi aperçoit Shmouel Lew. Il envoie son secrétaire pour lui faire dire qu’il n’a rien à faire ici ! Ce récit s’applique à la perfection à notre situation. La mère du roi va être enterrée et la mitzva de l’accompagner est sans doute considérable. Et pourtant. Un jeune étudiant de Yéchiva a été nommé pour une mission toute aussi considérable, apporter du judaïsme à des militaires juifs durant Yom Kippour, une mission qui nécessite une préparation. Le Rabbi est prêt à renoncer à son Kavod et au Kavod de sa mère, pourvu que la mission de cet étudiant soit complètement assumée.
Il en va de même pour nous : pourquoi le Rabbi s’est-il dissimulé à nos yeux, pourquoi a-t-il tellement souffert et pourquoi le voile de l’exil est-il tellement pesant ? Personne n’est en mesure de répondre à ces questions, et de ce fait, les réponses ne nous concernent pas. En revanche, la mission de préparer et de provoquer la délivrance nous concerne pleinement et c’est elle qui s’impose à nous. Malgré les difficultés inhérentes à cette douloureuse situation, rien ne doit perturber la mission que le Rabbi nous a confiée. Bien au contraire : chacun doit se renforcer et renforcer son prochain dans cette prodigieuse mission. Car si le Rabbi « s’est mis de côté », c’est précisément pour nous donner le mérite d’achever la descente de la Présence divine dans le monde, en se rappelant les mots que le Rabbi adressa au Rav Gutnick, grand rabbin de Melbourne : « …celui qui est mon ’hassid doit avoir trois préoccupations. Il doit d’abord se consacrer aux campagnes des Mitzvoth qui correspondent aux trois piliers sur lesquels le monde repose, afin de le raffermir sur ses assises. Il doit aussi communiquer aux autres, la fierté d’être Juif, (afin de) mettre en évidence la distinction entre Israël et les autres nations. Il doit enfin se consacrer au Machia’h. Que signifie se consacrer au Machia’h ? Cela veut dire qu’il faut vivre avec lui, se trouver en sa compagnie. Toutes les actions, toutes les paroles, toutes les pensées doivent être orientées vers un seul et unique but, faire venir Machia’h. Gérard Touaty
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