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Par Gérard Touaty
La parachath Balak décrit sur de nombreux versets l’époque messianique vue par…..un prophète non juif ! Bilâm, c’est son nom, possède le pouvoir d’infléchir les évènements de l’histoire par sa bouche. Il peut maudire ou bénir selon son souhait. C’est pour cette raison que Balak, un roi craignant l’incursion des Enfants d’Israël sur son territoire va louer les services de ce prophète. Mais D.ieu, veillant sur Son peuple, changera les malédictions en bénédictions.
Pourquoi, s’interrogent de nombreux commentateurs, un prophète non juif eut il le mérite de prononcer des bénédictions décrivant le déroulement de la délivrance messianique ? Mais la question sera plus forte quand on sait que cet homme ne se distinguait par aucune qualité particulière. Il était même l’antithèse de la sainteté. La réponse lève un voile sur l’un des traits essentiels de la délivrance, répond le Rabbi. Son avènement aura pour but de transformer le monde matériel et de l’élever vers la sainteté. La notion de monde matériel se comprend sur deux registres : dans son acception première, il faut comprendre ces termes comme regroupant la nature et tous les éléments qui la composent. Mais l’expression « monde matériel » sous entend aussi les nations du monde qui accèderont à un certain degré de connaissance de D.ieu. L’allusion à cette idée trouve un écho avec Bilâm : il était un prophète non juif qui voulut maudire mais qui fut contraint de bénir.
Il annonce ainsi la transformation que connaîtra le monde lors de la venue du Machia’h : non seulement les nations reconnaîtront la grandeur de D.ieu mais ils assumeront aussi, pleinement, leur mission au sein de la création. Cette transformation devra aussi affecter le peuple juif mais bien sûr, sur un autre mode. On peut constater ce point sur un détail d’un texte célèbre du Rambam (Maïmonide) connu sous le nom de « 13 Articles de foi » qui regroupe l’essentiel des concepts relatifs à la foi juive. L’avant dernier d’entre eux est celui qui évoque la croyance en la venue du Machia’h. « Je crois, dans une foi parfaite, en la venue du Machia’h et bien qu’il tarde je l’attends chaque jour ». Pourquoi le Rambam emploie t-il, ici, deux verbes. D’abord « je crois » puis ensuite « j’attends ». La réponse tient en peu de mots : ces deux verbes correspondent, en fait, à deux étapes de l’histoire. Croire évoque l’attitude d’un Juif à une époque ancienne quand la perspective de la délivrance n’était pas évidente. Là, il ne pouvait que croire. Mais aujourd’hui, quand tous nos Maîtres sont unanimes pour affirmer que la délivrance est imminente, nous devons transformer cette croyance pour en faire une attente, une attitude plus vivante qui traduit notre implication dans la préparation à la délivrance.
Gérard Touaty
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