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Ḥaim ben Moshe ibn Attar, également connu sous le nom de " Or ha-Ḥayyim" titre de son commentaire populaire sur le Pentateuque. Il était un éminent Talmudiste et un Cabaliste. Il est né à Meknès, au Maroc, en 1696 et quitta ce monde à Jérusalem le 15 Tamouz 1743. En 1733, il a décidé de quitter son pays natal pour s'installer en Terre d'Israël. En route, il a été détenu à Livourne par les riches membres de la communauté juive qui ont créé une Yeshiva. Beaucoup de ses élèves lui ont fourni des fonds pour imprimer son fameux "Or ha-Ḥayim". Il a été reçu avec un grand honneur partout où il a voyagé. Cela était dû à sa connaissance approfondie, son intelligence vive et sa piété extraordinaire. Au milieu de 1742, il est arrivé à Jérusalem où il a présidé le Beit Midrash Kenesset Yisrael.
Le célèbre ‘Hida (Haim Yossef David ben Isaac Zeharia Azoulay), qui étudia auprès de Rabbi ‘Haïm Ben-Atar à Jérusalem, écrit dans son "Chem HaGuedolim" : «À ce jour, en Pologne, les communautés juives accordent une grande importance au Or Ha’Haïm, au point que son œuvre a déjà été rééditée à deux reprises. Cet engouement est dû au grand maître, le ‘Hassid Rabbi Israël Baal Chem Tov, qui a révélé la grandeur de l’âme de notre maître Rabbi ‘Haïm.» De fait, un lien tout particulier s’est tissé entre le Or Ha’Haïm et le Baal Chem Tov, bien que, paradoxalement, les deux hommes ne se soient jamais rencontrés…
Rabbi Israël Baal Chem Tov (1698-1760) vécut en Ukraine, à la même époque que le Or Ha’Haïm. La grandeur et la sainteté de Rabbi ‘Haïm Ben-Atar arrivèrent jusqu’aux oreilles du Baal Chem Tov, qui aspira longtemps à le rencontrer. Lorsqu’il apprit que le Or Ha’Haïm était parti s’installer en Erets-Israël, le Baal Chem Tov décida de s’y rendre lui-même pour faire sa connaissance. C’est ainsi qu’il entreprit ce long voyage, en compagnie de sa fille Odèle.
Ouvrons ici une courte parenthèse : les grands maîtres de la Hassidout affirment que si le Or Ha’Haïm et le Baal Chem Tov avaient pu se rencontrer, le Machia’h serait venu sur-le-champ ! Voici ce qu’écrit à ce propos Rabbi Its’hak Eizik de Kamarna : « Notre maître le Baal Chem Tov disait, au sujet du Or Ha’Haïm, que son âme provenait du “Roua’h“ du roi David. Il ajouta que chaque nuit, Rabbi ‘Haïm apprenait la Torah de la bouche même du Saint béni soit-Il. Le Baal Chem Tov précisa que sa propre âme provenait du “Néfech“ du roi David, et s’il avait eu le mérite de voir le Or Ha’Haïm, leur rencontre aurait suscité l’apparition de la “Néchama“ du roi David et la Rédemption finale serait survenue… »
Rabbi Israël Baal Chem Tov
Revenons à notre récit : en plein cœur de l’hiver, le Baal Chem Tov et sa fille Odèle décidèrent d’entreprendre le voyage jusqu’en Erets-Israël. Ils arrivèrent peu avant Pessa’h à Constantinople, en Turquie. Là-bas, le Baal Chem Tov réalisa de nombreux prodiges. La rumeur de la présence d’un « faiseur de miracles » arriva jusqu’aux oreilles du Sultan, qui exigea qu’on lui amène le Baal Chem Tov. Mais ce dernier refusa catégoriquement de se rendre au palais. Le Baal Chem Tov reçut alors un message du Ciel, le sommant de rebrousser chemin et de renoncer à son voyage. Mais le maître n’en tint pas compte. Comme les soldats du monarque en avaient après lui, le Baal Chem Tov dut embarquer précipitamment pour Erets Israël. Ils croisèrent sur leur route une terrible tempête, qui brisa le navire en deux. Pendant le naufrage, Odèle fut emportée par les flots. Alors qu’elle était sur le point de se noyer, elle cria à son père : « Père ! Où es-tu ? Ne vois-tu pas ce qui m’arrive ? » Mais à ce moment, le Baal Chem Tov perdit soudain tous ses degrés de sainteté, il redevint comme un homme ordinaire. Il s’écria alors : « Chéma Israël ! Maître du monde, je retourne chez moi ! » À cette annonce, A’hia HaChiloni, le maître du Baal Chem Tov, se révéla à lui et le ramena instantanément, avec sa fille, à Constantinople. C’est ainsi que le Baal Chem Tov n’eut jamais l’occasion de rencontrer le Or Ha’Haïm. Le beau-frère du Baal Chem Tov, Rabbi Guerchon de Kitov, eut quant à lui le mérite de séjourner en Erets-Israël et de faire la connaissance du Or Ha’Haïm. Pendant leur rencontre, Rabbi Guerchon parla abondamment de son beau-frère et de sa sainteté exceptionnelle. Intrigué, le Or Ha’Haïm lui demanda quel était le nom du saint homme, et il s’entendit répondre : « Rabbi Israël. » Mais le Or Ha’Haïm répondit qu’il ne le connaissait pas. Rabbi Guerchon fut affecté d’apprendre que son beau-frère lui était inconnu. Après quelques échanges, le Or Ha’Haïm le questionna à nouveau sur le maître de Médzibouz, et lui demanda s’il ne portait pas un autre nom. Rabbi Guerchon répondit : « On l’appelle également le Baal Chem. » Mais là encore, ce nom ne dit rien au Or Ha’Haïm. Ce dernier insista : « Peut-être l’appelle-t-on encore d’une autre manière ? » Rabbi Guerchon lui dit alors : « En effet, on l’appelle également Rabbi Israël Baal Chem Tov. » À ces mots, le visage du Or Ha’Haïm s’éclaira. Il s’exclama alors : « Bien sûr, je le connais bien ! Je le rencontre à chaque fois que je m’élève dans les Mondes supérieurs ! » Il commença alors à relater de nombreux détails sur la grandeur et la sainteté du Baal Chem Tov. Il va sans dire que ces mots procurèrent à Rabbi Guerchon une vive satisfaction. À l’issue du Chabbat Pin’has, le 15 Tamouz 5503, le Or Ha’Haïm rendit son âme pure au Créateur, âgé de 47 ans. Au moment même de son décès, le Baal Chem Tov était en train de prendre le repas de Séouda Chélichit, en compagnie de ses plus proches disciples. Soudain, le maître annonça : « La lumière de l’Occident s’est éteinte ! », sans donner davantage de précisions. À l’issue du Chabbat, le Baal Chem Tov expliqua que le grand maître, Rabbi ‘Haïm Ben-Atar, était décédé à l’instant même où lui, à des milliers de kilomètres de là, avait effectué l’ablution des mains avant le repas. Ses élèves lui demandèrent comment cette information lui était parvenue, ce à quoi le Baal Chem Tov répondit : « Il existe une intention secrète relative à Nétilat Yadaïm. Cette pensée sacrée n’est révélée qu’à un seul homme par génération. Jusqu’à ce jour, cet homme était le saint Or Ha’Haïm. Au moment où j’ai procédé moi-même à l’ablution des mains, cette pensée sacrée m’a été dévoilée. J’ai donc compris que le Or Ha’Haïm était décédé ! »
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