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Par Gérard Touaty
A propos de la mitzva de croire en Machia’h et de l’attendre, le Rambam s’exprime de deux façons différentes dans son Michna Thora. Au chapitre 11, des Lois de rois, son approche de la mitzva est très générale : « Quiconque n’y croit pas, et n’attend pas sa venue, ce n’est pas seulement les Prophètes ultérieurs qu’il renie, mais la Torah elle-même et Moché rabbénou (Moïse notre Maître) ». Il faut croire et attendre Machia’h sans que le Rambam ne nous précise qui est ce personnage. Il s’agit là d’un concept théorique. Cette loi est donnée au paragraphe 1.
Puis curieusement, au paragraphe 4, il rentre dans le vif du sujet en nous donnant de nombreux détails sur son identité : « Et s’il se lève un roi de la lignée de David, érudit dans l’étude de la Thora, occupé aux commandements comme David son aïeul, selon les préceptes de la Loi écrite et de la Loi orale, qui contraigne tout Israël à en suivre les chemins et à en consolider les brèches et qui mène les guerres de D.ieu, on présume qu’il est le Machia’h. S’il agit ainsi, réussit et parvient à vaincre les nations autour de lui puis reconstruit le Temple à son emplacement et rassemble les exilés d’Israël, c’est Machia’h avec certitude. Cette distinction est étonnante. Pourquoi le Rambam découpe t-il la mitzva en deux parties ? D’un côté un texte très général puis, plus loin, une approche très détaillée ? Le concept de Machia’h touche à l’essence de l’âme ainsi qu’à l’essence de la Thora puisqu’avec sa venue, la gloire de D.ieu se révèlera au monde. Mais l’on peut comprendre que le déclenchement, par les hommes, de cette révélation exigera une force, un courage et une conviction extrêmes. Croire et attendre Machia’h sont des données accessibles à tout un chacun. Mais quand des signes précis nous aident à identifier qui est le Machia’h, c’est une invitation à proclamer à la face du monde entier qui est le Machia’h et là il faut s’engager, s’impliquer et ne pas avoir peur des critiques. Le Rambam évoque ici deux types d’individus : ceux qui se contenteront, à l’approche de la délivrance, d’une foi basique sans trop d’implications concrètes et ceux qui verront le Rabbi en la personne de Machia’h et qui n’auront aucune crainte à le proclamer en tant que tel. C’est alors, chez eux, l’essence de l’âme qui se révèlera par une foi pure. En nous donnant tous les détails de la personne et de l’action du Machia’h, le Rambam nous invite à prendre une part active à l’émergence de la délivrance. Gérard Touaty
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