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Cette fois-ci, c’est fait : nous allons entrer dans le mois supplémentaire qui donne son caractère si spécifique à toute l’année, son « treizième mois ». En effet, chacun a pu noter jusqu’ici comme toutes nos fêtes paraissaient tomber si tôt par rapport au calendrier des saisons. De fait, le rythme de l’année – solaire – et celui de la succession des mois – lunaire – connaissaient un décalage accumulé au fil du temps. Cette année permet de le rattraper en y ajoutant un mois de plus, celui de Adar qui est, dans le compte de la Torah, le dernier du calendrier. Nous voici à l’orée de cette période nouvelle, inhabituelle sinon inattendue. Il est clair que cette sorte d’extension du temps ne peut laisser indifférent. Si le déroulement des jours n’en semble pas bouleversé, il y a là comme une étendue supplémentaire dans cette dimension si essentielle à la vie qu’est le temps.
Devant une telle constatation – déstabilisante pour nos habitudes de pensée – peut-on se contenter de dire qu’il s’agit d’une simple mise en harmonie de cycles astronomiques et que cela ne nous concerne guère directement ? Ce serait méconnaître l’enseignement du Baal Chem Tov selon lequel tout événement auquel quiconque assiste contient un message qui lui est destiné. Combien plus, sans aucun doute, quand l’événement est une conséquence de l’application de la Torah et qu’il est vécu par chacun. Comment faut-il donc le comprendre ?
C’est qu’un mois qui vient ainsi s’insérer dans le déroulement régulier de la vie est également une occasion rare. Devant nous s’ouvrent trente jours de service de D.ieu ! Trente jours pleins comme autant d’instants où il est possible de prendre ou reprendre conscience de la profondeur des choses et de la nécessité incontournable de nos actes. Cela est d’autant plus vrai que le mois ajouté est celui de Adar, préfigurateur de la fête de Pourim. Ne croyons pas que seul le second Adar aura la qualité de joie infinie dont les sages soulignent la présence à l’occasion de cette fête. Ce premier Adar en est déjà rempli et il est, de ce fait, porteur de tous les possibles. Alors que nous nous préparons à sauter le pas, pénétrant dans ce temps «en plus», il faut laisser apparaître en nous la conscience de ce potentiel. Dans une expression connue, on entend parfois dire, avec plus ou moins de raison, «les temps changent». Aujourd’hui, c’est vrai : «le temps change !»
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