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Voici donc qu’une fois encore nous avons vécu Chavouot, le Don de la Torah. Une fois encore, les mots solennels ont retenti «Je suis l’Eternel ton D.ieu…» Puis, après la fête, la vie quotidienne a repris. Ce n’était pas une surprise, on sait que, dans la vision juive, les fêtes sont comme autant d’élans spirituels qui ont pour vocation de conduire à un retour au monde matériel chargé de plus de force et de plus de sens. Pourtant, dire que l’univers a changé parce que nous venons de recevoir une Loi peut sembler bien prétentieux. Certes, l’existence même de la Loi est une notion essentielle, en tant que volonté de D.ieu révélée et aussi en tant qu’instrument civilisateur des hommes. Mais cela est-il de nature à soulever un tel enthousiasme ? En un temps où c’est le concept de norme qui est bien souvent remis en cause, ce choix de grandeur de la Loi paraît résonner d’étrange manière.
C’est que la Loi dont il est question ici n’est pas simplement une règle sociale, mise en place pour donner aux hommes un cadre général dont on espère qu’il fera obstacle aux dérives les plus graves et qui, en tout état de cause, évoluera avec les attentes du moment, flexible contrainte. Cette Loi n’est pas non plus la seule expression d’un idéal inaccessible, comme une vision merveilleuse mais si éloignée des réalités du monde. Elle est d’abord en prise directe sur la vie. Il ne saurait en être autrement. Donnée par le Créateur à Sa création, elle en forme à la fois le contour et la profondeur. Pour cette raison, même si elle définit des règles, celles-ci ne sont pas un carcan mis à la liberté humaine mais bien davantage son chemin privilégié de mise en œuvre. Aussi, elle est d’abord un motif d’allégresse : enfin la vie prend une forme durable qui correspond à sa nature propre.
Retrouver le quotidien après la fête n’est pas ici une sorte de régression qui ne pourrait laisser à celui qui la subit qu’un goût de nostalgie. C’est bien à la concrétisation de cette liberté que nous sommes passés lorsque les célébrations se sont terminées. Et notre chemin se poursuit. Les routes de l’histoire sont parfois longues mais la liberté portée par la Loi de vie nous accompagne. Mieux, sa joie nous entraîne jour après jour. Nous savons que nous ne nous arrêterons pas, Juifs conscients, jusqu’au sommet.
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