|

Quand les rues de grandes villes de France résonnent de cris qu’on croyait ne plus jamais entendre, quand les pires formes de haine se donnent en spectacle sans honte, il y a sans doute quelques questions à se poser. Et celles-ci portent certes sur la sérénité de la vie juive mais aussi, plus globalement, sur le destin d’une société dont de tels faits menacent les fondements mêmes. Bien sûr, les responsables ont condamné en termes forts et justes toutes ces exactions. Cela est nécessaire et doit être salué. Cependant, le peuple juif, au cours de son histoire, a hélas bien souvent connu la haine, l’a vécue dans sa chair, et la période que nous vivons avec sa commémoration de la destruction du Temple de Jérusalem par le jeûne si proche du 9 Av est là pour nous le rappeler, s’il en était encore besoin. Pour cette raison, il nous appartient aussi d’y apporter notre réponse particulière.
La première est celle, incontournable, de la conscience de ce que nous sommes et de la décision ferme de ne pas céder. Cela signifie que nos modes de vie, de comportement, nos pratiques ne peuvent être remis en cause par de tels événements. Si nous avons des ennemis, ils doivent savoir qu’ils n’ont aucune prise sur nous et qu’aucune victoire n’est pour eux envisageable. Ils doivent savoir que nous venons de plus loin qu’ils ne peuvent l’imaginer et que nous irons plus loin que leurs rêves les plus ambitieux. La seconde est ce qui a toujours fait le peuple juif : l’espoir. Ce sentiment qui, même dans les pires moments, ne disparaît jamais, comme un refrain entêtant qui monte jusqu’au cœur des drames. L’espoir est une chose précieuse. Quand la nuit semble tomber sur le monde, il fait naître un rayon de lumière. Et, même si celui-ci ne suffit pas à chasser l’obscurité, sa seule présence en annonce déjà la fin.
C’est aussi cela qu’il nous revient de porter. Demain, le monde sera meilleur et cet avenir, nous sommes capables de le penser – et donc de le construire – dès à présent. Il nous faut être aujourd’hui les acteurs de ce nouveau temps de paix et de bonheur. Cela commence en nous, par nous, dans nos maisons et dans la cité au travers de nos actions de tous les jours. Loin d’une utopie, beaucoup plus qu’une image fantasmée, c’est un projet qui s’ouvre ici devant chacun de nous. Encore une victoire.
|