|
La communauté juive vient de vivre un de ces moments tragiques dont elle a déjà malheureusement fait l’expérience dans le passé. Une fois de plus, la barbarie s’est abattue sur elle et l’a meurtrie dans sa chair. Certes, tout a été dit : les condamnations rituelles ont été prononcées, les manifestations de sympathie n’ont pas manqué et la solennité de mise en de telles circonstances a convenablement entouré les cérémonies programmées. Le pays unanime a paru serrer les rangs autour des valeurs que les barbares voulaient détruire : la liberté et finalement la vie même. Il s’agit là de choses, de comportements, de mots précieux et, à ce titre, il faut les saluer même si on éprouve quelque peine à croire à leur caractère profond et surtout durable. Cependant, déjà les jours sont passés. Déjà, les sentiments ont commencé à s’estomper chez beaucoup. Que peut-il donc rester de tout cela ?
Pour affronter cette épreuve, chacun d’entre nous a fait appel à des ressources puissantes. Chacun les possédait depuis toujours en son for intérieur sans en avoir toujours conscience : la fierté d’être juif, l’absolue confiance en D.ieu et le courage de rester soi-même dans toutes les situations. Car, face à ces événements, deux attitudes étaient possibles : celle du repli sur soi, de la volonté de disparaître de l’espace public dans l’espoir de plus de tranquillité et celle de l’affirmation sereine que rien ne changera jamais notre manière de vivre, ancienne et nouvelle à la fois, si connue et si précieuse. Le choix a pu paraître difficile à certains mais c’est la deuxième option que chacun a retenue. Et c’est ainsi que la vie juive continue – et continuera – de fleurir. Quelle victoire cela aurait-il été pour nos ennemis si, mus par une inquiétude compréhensible, nous avions glissé vers l’oubli ! Et quelle défaite est-ce pour eux quand ils se rendent compte que leurs tristes tentatives n’ont en rien entamé notre détermination mais, au contraire, l’ont renforcée !
C’est un chemin de crête que nous empruntons à présent. Il peut sembler étroit mais il nous conduit à travers ciel vers le but à atteindre : l’assurance, le progrès, la sérénité ou, en un mot si simple et si profond, la paix. Elle viendra grâce à nos actes et, éternelle, Machia’h nous l’apportera.
|