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Nous allons entrer dans une nouvelle année, elle sera la 5776ème du nom. Mais gardons-nous de penser qu’il s’agit simplement d’un changement de numéro, comme une page arrachée sur un calendrier. Une année qui commence est littéralement un événement prodigieux. Car c’est, au sens strict, d’un nouveau début qu’il s’agit. Comme au premier jour de la création, une lumière nouvelle descend dans ce monde, une lumière qui n’y était jamais venue. Et son rayonnement est celui du commencement. En d’autres termes, l’univers que nous allons vivre est fondamentalement différent. Même s’il paraît à nos yeux imparfaits que nous ne faisons que poursuivre les jours, nous entrons dans une réalité nouvelle.
C’est le sens de la liturgie de Roch Hachana dans son ensemble. Nous y proclamons que D.ieu est le Roi de l’univers et nous L’implorons de bien vouloir continuer de l’être. Car, en ce jour, un combat se mène dont l’enjeu n’est rien de moins que le maintien du monde. L’année précédente, le Créateur a donné la vitalité nécessaire à l’univers pour un an. Elle est épuisée à Roch Hachana et doit être renouvelée. Il faut que D.ieu le décide et c’est cela que nous lui demandons au son du Choffar – décidément le commandement central du jour.
Le Choffar – comme l’appel de l’enfant à son Père, comme aussi la trompette guerrière un jour de victoire. Sa sonnerie s’élève et elle brise les barrières à commencer par celles que nos propres défaillances ont élevé entre nous et D.ieu. Alors plus rien n’existe que cette relation entre le Créateur et Sa création et, écoutant la sonnerie du Choffar avec miséricorde, Il donne à chacun cette année merveilleuse dont nous rêvons tous.
Voici donc entrepris le grand voyage des fêtes de Tichri. Nous le savons : les escales seront nombreuses et chacune sera importante. Chacune apportera une œuvre nouvelle à accomplir avec sa bénédiction particulière. Nous les vivrons ensemble, pour une année bonne et douce, chargée de nos espoirs réalisés.
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