|
Cette fois, c’est de plain-pied que nous sommes entrés dans le mois d’Adar. Voici bien une période qu’il n’est guère nécessaire de présenter ; la présence de Pourim la met en pleine lumière. L’idée peut paraître étonnante : la fête de Pourim ne dure qu’une journée – et nous n’y sommes pas encore – et pourtant, le mois qui commence en serait comme magnifié ? C’est pourtant bien de cela qu’il s’agit, à telle enseigne que nos Sages ont recommandé à celui qui aurait une affaire devant un tribunal de la faire juger en Adar ! Comme si ce simple hasard calendaire suffirait à assurer une issue heureuse…
Ce mois a donc bien des secrets à nous livrer. Certes, il est celui de la naissance et de la mort de Moïse, le 7, à une semaine de Pourim. Mais cela explique-t-il tant de confiance dans la période ? Justement, peut-être est-ce dans ce terme même que tient la réponse. De fait, la confiance, comme l’espoir, est un élément difficile à maîtriser. Elle n’obéit pas à des règles claires et établies. Capricieuse, elle change souvent de sens et de camp. Il faut faire effort pour la préserver. Mais, quand on la détient, quand on s’emplit de sa présence sereine, elle donne une autre portée à la vie.
Savoir avec assurance que le mal est appelé, par nature, à disparaître. Savoir que la victoire ultime appartient éternellement au bien et que le reste n’est qu’illusion. Tout cela, c’est avoir confiance. Il est vrai que nous vivons un temps où rien ne paraît aller de soi. C’est une époque où des principes qui semblaient bien établis, incontestables, peuvent être mis en cause du jour au lendemain. L’instabilité des valeurs humaines est toujours un signe de faiblesse. Reste-t-il alors une place pour la confiance ?
Mais c’est ainsi qu’elle joue son plein rôle ! Elle est ce garde-fou qui maintient une société civilisée car elle autorise l’espoir et donc l’avenir. Adar nous apporte ce message. Dans la lointaine Babylonie des temps jadis, les Juifs surent ne jamais la perdre. Elle fut ainsi leur arme précieuse et la clé de leur victoire. Sachons qu’en notre temps, elle attend, frémissante, qu’on fasse appel à elle.
|