 Se promener dans les rues des grandes villes d’Israël depuis son ordinateur ? C’est possible. Les villes de Jérusalem, Tel Aviv et Haïfa vont être photographiées en trois dimensions par les caméras de Google Street View.
La société Google a annoncé lundi 12 septembre que l’option « Google Street View » serait disponible sur le site internet Google Maps pour trois villes d’Israël : Jérusalem, Tel Aviv et Haïfa.
Google Street View est un service lancé en 2007 en tant que complément de Google Maps et Google Earth. Il consiste à photographier en trois dimensions toutes les rues d’une ville, à l’aide de caméras spéciales montées sur des voitures ou des tricycles. Il devient alors possible de se promener virtuellement dans les rues de cette ville depuis le site internet Google Maps.
D’abord limité à quelques grandes villes américaines, le système a été étendu à une trentaine de pays (France, Espagne, Italie, Australie, Japon, Nouvelle-Zélande, Suisse, Portugal, Canada, République tchèque, Taïwan…), et à de plus en plus de villes. Ce système, controversé en raison d’accusations d’atteinte à la vie privée et d’enjeux sécuritaires, n’a été autorisé dans la plupart des pays qu’à condition de « flouter » le visage des personnes photographiées, et de ne pas montrer de bâtiments gouvernementaux ou d’installations militaires.
Jérusalem, Tel Aviv et Haïfa seront les premières villes israéliennes à bénéficier de cette nouvelle technologie. Le processus prendra plusieurs semaines, comprenant le temps nécessaire pour prendre les photos, et pour qu’un logiciel les relie entre elles afin de donner une impression de continuité à 360°. Google a ensuite l’intention d’étendre le programme à de plus petites villes, des lieux saints, des sites archéologiques ou historiques et des merveilles de la nature telles que le Kinneret et le Maktesh Ramon.
« L’héritage culturel d’Israël touche des millions de personnes dans le monde », a déclaré Meir Brand, directeur de la branche Google en Israël, Afrique du sud et Grèce. « En tant qu’Israélien né et vivant en Israël, je sais à quel point notre pays est magnifique. Je veux que les gens puissent découvrir son caractère unique, et je suis heureux que Google y participe. »
M. Brand a ajouté que la sécurité israélienne avait étudié le dossier tout au long de l’année, et l’avait finalement approuvé. Le porte-parole des forces de police, Micky Rosenfeld, a déclaré que pour sa part la police ne s’inquiétait pas du fait que n’importe qui dans le monde puisse accéder à n’importe quelle rue des villes israéliennes. « Cela ne constituera pas une nouvelle menace », a-t-il commenté lundi 12 septembre.
Nir Barkat, maire de Jérusalem, a vivement approuvé cette initiative qui d’après lui devrait favoriser le tourisme en Israël, et permettre au monde entier de se sentir plus connecté à la ville.
« Plus les gens en apprendront, plus ils découvriront la cité de Jérusalem, et plus ils l’aimeront et voudront s’y rendre. Il ne fait aucun doute que lorsque Google Street View permettra au monde entier de profiter de la vue des lieux saints, cela contribuera à un futur meilleur et pacifique à Jérusalem. »
Cette annonce a néanmoins suscité la contestation dans certains milieux. Ignorant que les visages des passants photographiés seraient brouillés, certains mouvements juifs orthodoxes ont protesté contre ce qu’ils considèrent comme une atteinte regrettable à la vie privée. De même, certains ressortissants arabes israéliens ont témoigné une vive opposition à ce projet, arguant qu’ils ne souhaitaient pas figurer sur une carte israélienne. Guysen
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