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La Norvège était sous le choc, samedi 23 juillet, au lendemain de la mort d'au moins 92 personnes dans deux attaques sanglantes qui se sont déroulées vendredi. "Jamais depuis la seconde guerre mondiale notre pays n'avait été frappé par un crime de cette ampleur", a déclaré samedi le premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, qualifiant les attaques de "tragédie nationale". Une grande partie de la famille royale norvégienne, le chef du gouvernement et des ministres ont rendu visite aux rescapés de la fusillade sur l'île d'Utoya. Le roi Harald de Norvège, la reine Sonja et leur fils, le prince héritier Haakon, se sont aussi rendus sur les lieux. Un bilan toujours provisoire. La police norvégienne a revu en hausse samedi, à 92 morts, le bilan des deux attaques perpétrées la veille. Vendredi après-midi à Oslo, un attentat à la bombe a dévasté un quartier abritant notamment le bureau du premier ministre, qui n'était pas sur place au moment de la déflagration, faisant sept morts selon la police. Les explosifs avaient été placés dans un véhicule, a précisé le commissaire de police Sveinung Sponheim. Peu après, un homme s'est introduit dans un rassemblement de jeunes partisans du Parti travailliste, au pouvoir, sur l'île d'Utoya près de la capitale. Déguisé en policier et prétendant vouloir s'assurer de la sécurité des participants après l'explosion d'Oslo, il a tiré sur la foule, faisant au moins 85 morts. Le bilan pourrait encore s'aggraver. Encore "quatre ou cinq" personnes sont portées disparues sur l'île d'Utoya, a déclaré samedi la police, qui a annoncé qu'elle allait recourir à un mini-submersible pour tenter de retrouver les corps d'autres victimes éventuelles. Un suspect inculpé. Un homme, un Norvégien "de souche" âgé de 32 ans arrêté vendredi soir après la fusillade, a été inculpé samedi pour la tuerie sur l'île mais aussi pour l'attentat à la bombe d'Oslo, a annoncé la police norvégienne. Il a reconnu avoir ouvert le feu. Les médias norvégiens ont identifié le suspect comme étant Anders Behring Breivik et ont trouvé sa photo sur Facebook.Sur la base des perquisitions et des recherches effectuées notamment sur ses activités sur Internet, les enquêteurs le présentent comme un "fondamentaliste chrétien". "Il a certains traits politiques penchant vers la droite et antimusulmans mais il est trop tôt pour dire si cela a été un motif pour son geste", selon Sveinung Sponheim. Pour les besoins de l'enquête, la police se refuse toutefois à dévoiler le nom du suspect, identifié par les médias norvégiens comme étant Anders Behring Breivik. Sur son profil sur Facebook, l'homme à la chevelure blonde mi-longue se décrit comme "conservateur", "chrétien", célibataire, intéressé par la chasse et par des jeux tels que World of Warcraft et Modern Warfare 2.