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Qui était M. Sami Rohr z"l?
Infos - International
Mercredi, 05 Septembre 2012 13:44
(Photo: JEM / The Living Archive)
(Photo: JEM / The Living Archive)

fr.chabad.org

M. Sami Rohr, homme d’affaires et philanthrope visionnaire, a financé la renaissance juive dans le monde. Il nous a quittés il y a un mois.

M. Sami Rohr, homme d’affaires et philanthrope d’envergure internationale, que son cœur, sa vision et sa réussite financière ont porté à financer des centres communautaires juifs partout dans le monde et à jeter les bases d’une renaissance du judaïsme dans l’ex-Union soviétique, est décédé il y a un mois à Miami d’une crise cardiaque. Il avait 86 ans.

 

À l’aise dans les milieux culturels d’Europe, d’Amérique latine et des États-Unis, M. Rohr faisait figure de géant intellectuel. Il était autant versé dans l’étude de la Torah que dans les affaires et la littérature, capable de réciter par cœur des exégèses rabbiniques et de la poésie en six langues.

 

Après avoir échappé à l’Europe en guerre et édifié un empire immobilier à Bogota, en Colombie, son pays d’adoption, M. Rohr fit des investissements pionniers en Europe de l’Est.

 

Pourtant, en dépit de ses réalisations extraordinaires et de son ascendance distinguée, il demeura humble et modeste, et était considéré aussi bien par les riches que par les pauvres comme quelqu'un de remarquablement accessible. Ayant toujours soin de consacrer plus d’un dixième de ses revenus à la charité, il enseigna à ses enfants à toujours se soucier du bien-être matériel et émotionnel des autres. Lire la suite

 

 

« Avant ma bar-mitsva, mon père m’a fait asseoir et m’a dit que D.ieu octroie à certaines personnes une réussite matérielle afin qu’elles puissent venir en aide aux autres, et la seule façon dont les familles juives ayant prospéré ont pu conserver leur richesse fut d’observer le commandement de la Torah de donner la dîme de leurs revenus, a-t-il dit dans une interview accordée en 2006. Avant la Bar Mitsva de mon fils George, Je lui ai dit la même chose ; mes petits-enfants ont également reçu le même message, et je prie pour que tous mes descendants observent toujours cela. »

 

 

M. Rohr soutint l’État d’Israël dès ses débuts et a contribué à de nombreuses causes juives tout au long de sa vie. Il s’est rapproché de l’œuvre de ‘Habad-Loubavitch dans les années 1970 et, dans les décennies suivantes, sa philanthropie et son conseil ont contribué à la renaissance du judaïsme dans des centaines de communautés à travers le globe, de Miami à Moscou, et de Bombay à Bâle, la ville suisse où il avait fui l’assaut nazi lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

Sa famille s’est tellement investie dans la philanthropie qu’il est difficile de trouver dans le panorama du renouveau juif des domaines d’activités qui n’aient bénéficié du soutien des Rohr d’une manière ou d’une autre. (Le site internet juif Chabad.org a été dédié par sa fille Lillian et son mari Moshé Tabacinic.)

 

« Il a voué sa vie à s’assurer que le judaïsme prospérera dans l’avenir », a déclaré le Rav Chalom B. Lipskar, rabbin des Rohr et chef spirituel de « The Shul », célèbre synagogue et centre communautaire Loubavitch de Bal Harbour, en Floride, que M. Rohr a contribué à fonder et à développer comme membre et conseiller actif. « Il parlait peu et accomplissait beaucoup, veillant à distiller même ses critiques avec gentillesse et amour, et toujours avec un regard pour améliorer les choses. »

 

Bouleversement et Refuge

Né en 1926, Rohr a passé son enfance à Berlin et était un produit des idéaux désintéressés et sans concession de ses parents, Oskar et Perla Rohr. Descendant d’une famille distinguée, son père était un investisseur immobilier prospère qui se consacrait aux affaires communautaires juives dans le Berlin d’avant-guerre. L’activisme de sa mère dans les organisations sionistes a aussi laissé une impression indélébile à Sami Rohr pendant ses années formatrices.

 

Pendant les premières années de sa scolarité, M. Rohr étudia au prestigieux lycée « Adath Israël », une institution gérée selon l’approche Torah im Derekh Erets du légendaire rabbin Samson Raphaël Hirsch qui associait l’excellence dans les études générales avec des programmes poussés d’études juives.

 

Tout au long des bouleversements du début des années 1930 en Allemagne, M. Rohr demeura concentré sur ses études, apprenant langue sur langue, se plongeant dans le Talmud et dans les littératures classiques yiddish, allemande et française. Ne se suffisant pas de son programme d’études avancées au lycée, les parents Rohr complétèrent sa formation par un tuteur privé, un rabbin qui allait intensifier ses études judaïques.

 

À mesure que la situation politique se dégradait, le précepteur de Sami Rohr, qui portait une longue barbe, fut contraint de cesser de venir chez lui en raison des violentes attaques que subissaient les Juifs dans le domaine public. Ce fut l’adolescent qui se rendit à pied tous les soirs à la maison de son maître.

 

Sans alarmer son unique enfant qu’il espérait protéger de la haine grandissante, Oskar Rohr, comprenant dans quelle direction se dirigeait l’Allemagne, vendit tranquillement une partie de ses vastes avoirs immobiliers de Berlin et envoya le produit de la vente hors du pays. Il obtint également des visas belges pour sa famille.

 

La Nuit de Cristal survint le 9 novembre 1938 et les nouvelles des arrestations, des passages à tabac, des incendies et des pillages parvinrent au jeune élève Sami, alors âgé de 12 ans. Treize jours après la destruction d’innombrables synagogues et entreprises juives, la famille Rohr partit pour la Belgique.

 

Oskar et Perla Rohr inscrivirent immédiatement leur fils dans une école de haut niveau à Anvers et lui prirent de nouveau un précepteur rabbinique pour approfondir certaines disciplines juives. C’est ce qu’ils firent encore une fois après avoir déménagé à Lyon, en France non occupée, après l’invasion de la Belgique par les nazis.

 

En 1943, les Juifs à Lyon furent menacés à leur tour et, cette fois, la famille Rohr se dirigea vers la Suisse. Les trains étaient trop dangereux, car la police française arrêtait et livrait fréquemment les Juifs aux Allemands. Oskar Rohr paya le conducteur d’un camion de livraison de journaux pour qu’il les emmène à la frontière. Les trois restèrent cachés pendant des heures dans le camion, couchés sous des piles de journaux, jusqu’à ce que des passeurs professionnels leurs fassent passer la frontière suisse à travers les forêts.

 

Dès leur arrivée dans le pays, Oskar et Perla Rohr furent emmenés dans un camp de réfugiés pour adultes à Morgin, tandis que leur fils fut interné dans une maison de jeunes à Langenbrook, près de Bâle.

 

Après avoir appris que des jeunes juifs se trouvaient à Langenbrook, des membres de la communauté juive suisse s’y rendirent et ramenèrent chez eux des enfants et des adolescents réfugiés qui furent rapidement « adoptés » par des familles locales.

 

Le jeune Sami Rohr fut accueilli à bras ouverts dans la maison de Shlomo Zalman et Recha Feldinger.

 

« Pour nos parents, il était comme leur propre enfant », a raconté Gavriel Feldinger – qui avait sept ans lorsque Sami Rohr arriva en Suisse – lors de l’inauguration du Centre ‘Habad Feldinger, un projet financé par Rohr. Cette inauguration d’un centre communautaire fut la dernière à laquelle le philanthrope assista à l’étranger.

 

Cet évènement marquait la première visite de Sami Rohr à Bâle en 67 ans, et la première synagogue à ouvrir dans la ville depuis 1929.

 

« Quand il est arriva à Bâle comme réfugié, a raconté Feldinger, mon père demanda : “Quel âge as-tu ?” Il répondit : “17 ans”. Mon père lui dit : “Mon plus grand fils a 14 ans, alors maintenant tu es mon aîné. Que tout le monde se décale d’un siège.”, et il le fit asseoir à table juste à côté de lui. »

 

Sami et Charlotte Rohr s’entretiennent avec le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie. (Photo: JEM / The Living Archive)


Une leçon de gestion du temps

Les Feldinger se souciaient tellement du jeune réfugié qu’au cours des deux années et demie que Sami Rohr vécut à leur domicile, ils passèrent toutes leurs vacances à Morgin pour qu’il puisse rendre visite à ses parents.

Comme les Feldinger envoyaient leurs enfants à une école technique et que Sami Rohr voulait s’inscrire dans un lycée pour achever sa « Maturation », le diplôme suisse de fin d’études secondaires, ils interrogèrent le rabbin de la communauté, le Rav Dov Schochet, un érudit en Torah doté d’extraordinaires qualités de leadership. Devinant les capacités intellectuelles du garçon, le Rav Schochet lui permit de s’inscrire au prestigieux Mathematisch-Naturwissenschaftlisches Gymnasium, à la condition qu’il suive en parallèle un programme d’étude de Torah rigoureux qu’il lui prescrirait.

L’adolescent suivit ainsi simultanément deux cursus d’études à plein temps.

Plus tard dans sa vie, M. Rohr a raconté comment le rabbin lui a un jour demandé pourquoi il avait raté sa leçon de Psaumes habituelle qui avait lieu à 6h30 du matin le jour du Chabbat.

« J’ai enfin un jour dans la semaine où je peux dormir », avait répondu le jeune Rohr.

« Tu as enfin un jour de la semaine où tu peux étudier les Psaumes, et tu dors ? », lui avait répliqué le rabbin avec affection.

Cette leçon illustre l’éducation reçue par M. Rohr dans son enfance et sa discipline naturelle. Jusqu’à son dernier jour, il se levait très tôt et dormait peu, citant les nombreuses tâches à accomplir par rapport au temps relativement court dont il disposait. Les dirigeants des organisations bénéficiant de ses nombreuses subventions racontent des histoires sur les messages vocaux que M. Rohr leur laissait à 2 heures du matin pour éclaircir un détail de telle proposition ou de tel rapport.

« Chaque aspect de sa vie avait un sens et un but, raconte le Rav Lipskar. Il répétait souvent combien l’ordre était important dans la vie et dans le service de D.ieu. »

Après la Seconde Guerre mondiale, Sami Rohr retrouva ses parents et vécut à Paris. Mais son grand-père et la quasi-totalité de ses tantes et oncles avaient péri dans l’Holocauste. Ces pertes douloureuses cimentèrent sa détermination et son engagement envers la préservation du peuple juif, en particulier à travers la célébration de la pratique et de l’érudition juives.

En 1950, quand la guerre de Corée commença, Oskar Rohr craignit que le conflit dégénère en une nouvelle guerre mondiale et envoya son fils voler de ses propres ailes à Bogota, où sa tante s’était installée après avoir fui l’Europe.

Bien que son séjour fut originellement censé être de courte durée, Sami Rohr demeura à Bogota un quart de siècle, au cours duquel il construisit presque seul toute la section ouest de la ville, tout en transformant la communauté juive locale pour toujours.

« Le seul contact que j’avais alors avec des ‘Hassidim était les nombreux rabbins de toutes les institutions qui venaient d’autres pays pour recueillir des fonds à Bogota », a-t-il évoqué dans un discours à l’occasion du grand banquet du Congrès International des Émissaires du Rabbi de Loubavitch en 2006.

« Bien que le niveau de pratique du judaïsme fut encore relativement faible, les Juifs de Bogota furent toujours d’excellentes personnes. L’unité dans la communauté était grande.


« La communauté a toujours soutenu ses pauvres avec beaucoup de dignité, a-t-il poursuivi fièrement. Quand Israël avait un besoin urgent de fonds, la communauté juive de Colombie était le plus gros contributeur par habitant dans le monde, encore plus que les Juifs d’Afrique du Sud, célèbres pour leur générosité. »

À Santiago du Chili, en 1952, Sami Rohr a rencontré Charlotte Kastner, originaire de Tchécoslovaquie et fille d’un chef de communauté des ‘Hassidim de Belz, dont les deux parents avaient été assassinés à Auschwitz. Ils se sont mariés un an plus tard à Buenos Aires, en Argentine. La décennie qui suivit les vit devenir les parents d’un fils, George, et de deux filles, Evelyn et Lillian.

Dans un environnement et à une époque où la pratique juive était sur le déclin, la première priorité des Rohrs était d’éduquer leurs enfants, à la fois dans l’excellence académique et dans le sentiment profond de la responsabilité que la famille ressentait envers l’ensemble du peuple juif. Comme le père de Sami Rohr l’avait fait, ils engagèrent leurs enfants à donner généreusement et à toujours considérer les premiers dix pour cent de leurs revenus comme appartenant au bien public.

M. Rohr passa huit ans à diriger les efforts pour construire la magnifique synagogue Adat Israël à Bogota, communauté qui devint bien connue d’un grand nombre de dirigeants du jeûne État d’Israël, grâce à ses importantes contributions à l’Appel Juif Unifié. Sami Rohr soutint particulièrement les efforts du ministre Pin'has Sapir pour industrialiser Israël.

« Imaginez une maison privée dans les années 1960 en Amérique du Sud où l’on peut voir qu’il y a une Soucca dans la cour, avec des personnes partageant nourriture et le’haïms en chantant », dit Daniele Gorlin Lassner, une amie proche qui a rencontré Charlotte Rohr en 1963 à une boucherie de Bogota. « Toutes sortes de personnes non-juives venaient voir ce qui s’y passait, mais ils ont toujours célébré leur yiddishkeit avec beaucoup de fierté. »

 

Rav Zalman Wishedski, Gabriel Feldinger, Rav Moché Kotlarsky, le philanthrope Sami Rohr, et l’ambassadeur israélien Shalom Cohen coupent le ruban d’inauguration du nouveau Centre ‘Habad Feldinger à Bâle, en Suisse. (Photo: Meir Dahan)


Une croissance exponentielle

Une rencontre dans le milieu des années 1970 avec le rabbin Ephraïm Wolff, né en Allemagne, qui supervisait à l’époque la plupart des opérations de ‘Habad-Loubavitch en Israël, a ouvert les yeux de Sami Rohr sur le monde de ‘Habad-Loubavitch et sur son dirigeant, le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie.

« Parmi les rabbins qui sont venus à Bogota, il y eut aussi des rabbins Loubavitch, » dit Sami Rohr à l’assistance lors du banquet de 2006. D.ieu « avait été très bon avec moi. J’avais une grande entreprise. Dans celle-ci travaillaient plusieurs jeunes avocats, architectes et ingénieurs juifs et chaque fois qu’un rabbin venait, je lui disais dans quels bureaux il pouvait trouver des Juifs.

« Chacun d’entre eux donnait à contrecœur ses 18 $, mais ce sont eux, les jeunes professionnels, qui m’ont alerté sur le fait que les émissaires Loubavitch étaient différents des autres, poursuit-il. Les Loubavitch voulaient savoir s’ils étaient mariés, s’ils avaient des enfants. Ils voulaient leur faire mettre les téfilines. Ils ne venaient pas seulement pour l’argent.

« Et, chaque fois qu’un Loubavitch venait, j’avais l’habitude de lui donner une plus grande contribution que d’habitude et ainsi, petit à petit, je suis devenu de plus en plus intéressé par Loubavitch. »

M. Rohr, qui, tout homme d’affaires qu’il était, prenait à cœur d’étudier quotidiennement le Judaïsme, a commencé à étudier les lettres de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, le fondateur de ‘Habad-Loubavitch au 18ème siècle. Il fut profondément impressionné par l’immense considération du Rabbi de Loubavitch pour l’individu, ainsi que par sa clairvoyance et son leadership qui inspirait des milliers de jeunes à consacrer leur vie à s’occuper des autres dans les régions les plus reculées du monde.

« Les efforts du Rabbi furent le plus grand miracle dans le paysage juif au cours du siècle dernier, déclara-t-il en 2006. Rien d’autre aussi grand que ce que le Rabbi a organisé n’a jamais émergé. »

Lorsque le rabbin de Bogota, Alfredo Goldschmidt, et Sami Rohr convinrent qu’il leur fallait de l’aide pour toucher et éduquer la communauté juive locale, ce dernier suggéra que la communauté demande à Loubavitch d’envoyer un couple d’émissaires à Bogota. Grâce à Rav Moshé Kotlarsky – qui est aujourd’hui le vice-président du Merkos L’Inyonei Chinuch, la branche éducative de ‘Habad-Loubavitch –, M. Rohr a demandé et reçu l’accord du Rabbi d’envoyer des émissaires à Bogota. Peu de temps après, le Rav Yehoshoua et Rivka Rosenfeld arrivèrent en ville.

« C’est très triste pour nous tous, a déclaré le Rav Rosenfeld au sujet du décès de Sami Rohr. Il était le plus grand bienfaiteur de notre génération. Ce n’était pas seulement combien il donnait qui était exceptionnel, mais aussi la façon dont il le donnait, et la façon dont il faisait en sorte que ce soit utilisé à bon escient. »

Les Rosenfeld furent rapidement appréciés par toute la communauté et M. Rohr, profondément ému par le dévouement, l’enthousiasme et l’énorme succès du jeune et dynamique couple, en chercha rapidement un autre pour servir Barranquilla, une petite communauté sur la côte caraïbe colombienne.

« Quand nous sommes arrivés ici, il prit à sa charge chaque centime de notre budget, a raconté le Rav Rosenfeld. Il vous donnait, puis vous remerciait de lui avoir donné l’occasion de donner... »

La générosité de M. Rohr augmenta de façon spectaculaire après que lui et sa femme aient déménagé à Miami dans les années 1970. Son regard visionnaire et ses expériences en Colombie permirent à Sami Rohr d’envisager une stratégie potentielle pour la renaissance de la vie communautaire juive dans d’autres parties du monde. Peu de temps après la chute du Rideau de fer, il commença à investir en Europe de l’Est lorsque son fils George Rohr, fondateur et coadministrateur avec lui de NCH Capital, se mit à investir dans les marchés embryonnaires de l’ex-Union soviétique. En même temps, ils se mirent à investir philanthropiquement dans la communauté juive de ces pays pour remédier aux 70 ans de gel de la vie juive provoqués par le régime communiste.

Lorsqu’il était à Riga, en Lettonie, Sami Rohr contacta le bureau du Rabbi à New York pour lui demander s’il pouvait mériter de parrainer un couple d’émissaires à temps plein qui s’y installeraient. D’autres pays et d'autres villes suivirent bientôt.

Dans les dernières décennies de sa vie, Sami Rohr en vint à présider un immense domaine philanthropique, démultiplié par les contributions de ses enfants qui s’associaient souvent à ses œuvres, catalysant la renaissance juive dans les communautés à travers le monde, principalement par le biais du réseau des émissaires ‘Habad-Loubavitch.

Parmi d’autres projets philanthropiques, Sami Rohr a aussi entrepris un projet de préservation de la littérature yiddish à travers le Centre National du Livre Yiddish aux Etats-Unis. Pour rendre hommage à sa passion pour la littérature juive, ses enfants lancèrent à l’occasion de son 80ème anniversaire le prestigieux Prix Sami Rohr de littérature juive sous les auspices du Conseil du Livre Juif de New York. M. Rohr soutint généreusement l’Université talmudique de Miami, et a fourni un financement essentiel qui a permis aux éditeurs de l’Encyclopédie Talmudique d’accélérer considérablement leur ambitieux calendrier de publication.


En dépit de son aisance, la famille Rohr a toujours été mal à l’aise dans le feu des projecteurs. Sami et Charlotte Rohr – décédée à l’âge de 78 ans en 2007 – vivaient assez simplement.

En perpétuel optimiste, M. Rohr a toujours aidé ceux avec qui il traitait à voir le bon côté des choses. Dans les cas où il ne pouvait pas donner aux gens tout ce qu’ils voulaient, il faisait toujours en sorte qu’ils quittent son bureau heureux, leur insufflant son optimisme.

Face à l’adversité, il avait coutume de dire : « J’ai survécu à Hitler. J’ai survécu à l’ère stalinienne. Je survivrai à cela aussi. »

Dans une interview au magazine Loubavitch International en 2006, Rohr évoqua son analyse des évolutions passées et présentes de la vie juive, affirmant que, malgré les défis modernes de l’assimilation, « il n’y a jamais eu dans l’histoire autant de Juifs étudiant la Torah qu’aujourd’hui ».

Il était particulièrement fier du renouveau de la vie juive en Allemagne, une tendance dans laquelle il a joué une part non négligeable, le considérant comme le désaveu le plus manifeste des plans diaboliques d’Hitler.

« Quand je vois aujourd’hui, par exemple, que dans une ancienne synagogue de Dresde, des Juifs prient de nouveau, sous la direction du rabbin Chnéour Havelin, l’émissaire Loubavitch local, mon cœur commence à battre un peu plus vite », a-t-il dit.

Considérant l’avenir, il a déclaré que sa vision « est celle d’une nation de Juifs bien éduqués dans le judaïsme, qui pratiquent les commandements et sont également autonomes économiquement. »

Pour aider à concrétiser cette vision, il a développé une approche de la charité qui cherchait à maximiser le rendement de chaque dollar dépensé. Des centaines d’institutions à travers le monde attribuent une grande partie de leur succès non seulement au financement direct de la famille Rohr, mais aussi à leurs conseils judicieux et à leurs subventions incitatives bien structurées pour aider à atteindre les objectifs financiers.

Mais, parce qu’il évitait l’attention du public, mis à part ceux qui avaient absolument besoin de savoir, personne n’en savait beaucoup sur la philanthropie de sa famille. La portée réelle de la charité de Sami Rohr n’est pas encore totalement connue, et ne le sera peut-être jamais.

« Quand l’histoire du judaïsme des 20ème et 21ème siècles sera écrite, a déclaré le Rav Kotlarsky qui a passé d’innombrables heures à discuter avec Sami Rohr des besoins juifs dans le monde, Sami et Charlotte Rohr et leur famille seront reconnus comme des forces déterminantes de la renaissance juive en de nombreux pays, villes et bourgades à travers le monde. Leur générosité et leur dévouement incessant à leur peuple ont permis à d’innombrables personnes, familles et communautés de s’identifier de nouveau à leur foi et à renforcer leur observance juive. »


Sami Rohr laisse derrière lui son fils George de New York, ses filles Evelyn Katz et Lillian Tabacinic de Bal Harbour, en Floride, des petits-enfants et des arrières petits-enfants, ainsi que des millions de Juifs à travers le monde dont il a influencé la vie. Il a été inhumé au cimetière du mont des Oliviers à Jérusalem à côté de ses parents et de son épouse bien-aimée, Charlotte.





































 
 

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