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Barbe grise, fusil d’assaut AK-47 et blouson couleur camouflage, tout donne à croire qu’il est un Fidel Castro circoncis. Il est l’épicentre d’un buzz important dans les médias sociaux ukrainiens: après tout, un Juif orthodoxe qui lutte pour la souveraineté ukrainienne est un atout dans la propagande menée entre les deux pays, et dans laquelle on utilise des accusations mutuelles d’antisémitisme.
« C’est son pays et celui de ses enfants. Et ce pays le considérera toujours comme un héros et comme un symbole de la résistance » a ajouté Filatov, un leader de la nouvelle Ukraine.« La seule chose qui troublait Cherkassky sur le front était le manque de nourriture casher, ». Celui-ci a pu utiliser l’image de Cherkassky comme un argument visant à réfuter le président Poutine: non, la révolution ukrainienne n’est pas menée par des antisémites et des fascistes.
Peu de Juifs orthodoxes se sont en effet engagés dans les combats, nombre d’entre eux évitant, partout dans le monde, tout service militaire qui pourrait venir entraver leurs pratiques religieuses. Avant, la vie d’Acher Tcherkasski se résumait à l’étude en yéshiva et à élever ses trois enfants dans le respect des mitsvot. Mais la guerre a tout changé. Acher s’est enrôlé dans un bataillon de volontaires pro-ukrainiens affrontant les rebelles pro-russes. Avec sa longue barbe et ses lunettes, il est rapidement devenu un des visages du conflit, ce qui lui a permis de gagner en popularité et d’entrer en politique.
« Tcherkasski est l’un des symboles de la nouvelle Ukraine, il est un lien entre les nations qui considèrent l’Ukraine comme leur mère patrie », estime un journaliste local, Dmytro Rozmeritsa, auprès de l’AFP. Aujourd’hui, Acher Tcherkasski a abandonné les combats. Son engagement et la renommée acquise lui ont permis de remporter un siège d’élu au conseil municipal de Dnipropetrovsk, battant lors des élections de puissants hommes d’affaires et politiques locaux .« Si je sens que le service militaire m’empêche d’être un conseiller municipal efficace, je préfèrerais rester élu car je pense que je peux faire plus dans ce travail », conclut-il.
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