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Il est aussi un autre problème, immédiat et essentiel, bien plus qui, de temps à autre, devient de plus en plus critique, celui de l’adoption des enfants. Le nombre de ceux qui souhaitent adopter un enfant va croissant et j’ai observé plusieurs situations en lesquelles des couples respectant scrupuleusement la moindre disposition de nos Sages ne tiennent aucun compte(1) de l’interdiction qui est faite de s’isoler avec ces enfants, de les étreindre et de les embrasser, laquelle s’applique, dans toute sa rigueur, à ceux qui sont adoptés. J’ai vu différents livres et brochures traitant des précautions nécessaires, en pareil cas, pour qu’un frère n’épouse pas sa sœur. D’autres s’interrogent sur l’héritage. Or, toutes ces questions se posent uniquement après quelques années d’adoption, elles ne sont qu’un risque et, bien souvent, n’ont qu’une incidence financière, ce qui n’est pas le cas des interdictions visées ci-dessus, par exemple celle de s’isoler, qui sont des certitudes et se posent de nombreuses années avant que les enfants soient en âge de se marier.
Il est bien clair que ceci doit être distingué du fait d’éduquer chez soi un orphelin ou une orpheline, pratique qui était auparavant courante chez les enfants d’Israël. A l’époque actuelle, en effet, les parents adoptifs veulent cacher à l’enfant qu’ils ne sont pas ses vrais parents. Ils s’efforcent donc, avec le plus grand scrupule, de ne pas faire le moindre geste, de ne prendre aucune initiative qui pourraient susciter le moindre doute dans le cœur de l’enfant adopté. Les parents doivent donc le traiter d’une manière identique aux autres. Bien plus, différentes institutions chargées du placement de ces enfants adoptifs reçoivent d’emblée l’assurance, ou même l’exigent, que l’enfant sera éduqué sans être importuné ou dérangé, ce qui veut dire qu’on le considèrera, jusque dans le moindre détail, comme un véritable fils ou une véritable fille. Puis, les médecins et les psychologues ajoutent qu’une telle relation est indispensable pour que son éducation ne soit pas remise en cause. A des personnes comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus. J’ajoute uniquement que le nombre d’enfants adoptés est beaucoup(1) plus important que ce que l’on imagine ou ce que disent les statisticiens. En effet, une large part des parents adoptifs et, plus encore, des institutions chargés des adoptions, ne veulent aucune publicité, pour différentes raisons(2).
LETTRE N° 8924
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(1) Le Rabbi soulignent les mots : “ ne tiennent aucun compte ” et “ beaucoup ”.
(2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tout cela s’applique-t-il également à un homme épousant une femme qui a des filles d’un précédent mari ou bien à une femme épousant un homme qui a des fils d’une précédente épouse ? Il est vrai qu’une telle situation est comparable. Toutefois, comme on l’a dit à propos de l’éducation d’un orphelin, dont nos Sages ont fait l’éloge, on ne cachera pas à l’enfant, dans ce cas, qu’il n’est pas la fille de cet homme ou le fils de cette femme. L’un et l’autre garderont donc leurs distances, car on ne parle pas ici de personnes impies. Il n’en est pas de même, en revanche, pour ce qui fait l’objet de notre propos, puisque l’on s’efforce de le cacher à l’enfant et l’habitude devient une seconde nature ”. Le Rabbi souligne ici les mots : “ on ne cachera pas ” et “ l’on s’efforce ”.
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