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Jeudi, 07 Avril 2011 08:19 |

"C'était en Kislev 1957, huit ans s'étaient écoulés depuis que Rabbi Yossef Its'hak Schneersohn, le précédent Rabbi de Loubavitch, avait fondé Kfar Chabad, un village arabe abandonné, transformé en un bastion du mouvement Loubavitch. Mais il y avait un problème. Très peu d'appartements étaient disponibles. De plus en plus de Hassidim refoulés et désespérés, écrivirent au Rabbi actuel.
Le Rabbi, depuis 1955 entretenait une correspondance avec M. Zalman Shazar (plus tard Président d'Israël) sur la nécessité de construire un nouveau quartier à Kfar Habad, et sur les moyens d'obtenir des budgets pour son financement. Le Rabbi avait également lancé un appel aux hommes d'affaires Habad en Erets Israël, exigeant une action.
Le 3 décembre 1957, le Rabbi écrivit à Zalman Shazar la lettre suivante: "Je suis très optimiste quant à ce que je vous ai écrit dans ma lettre précédente vous demandant de participer au Farbrenguen de Youd Teth Kislev à Kfar Chabad, jour de la libération de l'Admour Hazaken. C'est un moment propice pour prendre de bonnes décisions au sujet du nouveau quartier de Kfar Habad. Grande est la force d'un farbrenguen Hassidique qui permet d'abattre les murs et d'éliminer les obstacles."
En d'autres termes, le Rabbi a demandé à Zalman Shazar d'annoncer officiellement la construction d'un nouveau quartier à Kfar Habad, en fixant la date au 19 Kislev 5718, 12 décembre 1957, soit neuf jours plus tard. Shazar suivit les ordres du Rabbi et lors du grand Farbrenguen du 19 Kislev à Kfar Habad, il annonça la construction d'un nouveau quartier à Kfar Habad. Dans sa lettre suivante, le Rabbi le remercia chaleureusement. Le nouveau quartier était devenu un fait. La seule question qui demeurait : d'où viendrait l'argent?
Personne ne savait ce qui allait avoir lieu quelques heures plus tard lors du Farbrenguen du Rabbi à Crown Heights. Une histoire incroyable qui allait commencer lors de ce Farbrenguen, se poursuivre en Belgique, et se conclure quelques mois plus tard en Erets Israël. Lire la suite
Lors d'une audience privée qui eut lieu quelques jours avant le Farbrenguen, Reb Pinye Altheus fut interrogé par le Rabbi sur l'état du financement de la construction du nouveau quartier de Kfar Habad. Reb Pinye répondit tristement que la situation était grave et que les gens riches n'étaient pas aussi généreux que prévu.
Le Farbrenguen de Youd Teth Kislev eut lieu dans une grande salle sur Eastern Parkway à l'angle de Nostrand. A la fin du troisième exposé, le Rabbi souligna l'importance de la conclusion de l'étude quotidienne du Tanya et le thème de «nouveaux cieux et terre nouvelle." Le Rabbi décrivit l'intermédiaire entre le monde physique et sa contrepartie spirituelle, et leur but ultime. L'intermédiaire, Erets Israël, et le but ultime, le jour où "je vais enlever l'esprit d'impureté de la terre», quand la terre physique sera complètement purifiée.
Le Rabbi commença la Si'ha suivante avec une question: "Pourquoi le monde matériel sera nécessaire à l'avenir, alors que tout sera complètement raffiné?" La réponse: "C'est à travers le monde matériel qu'une demeure pour D.ieu peut être réalisée. Cela est lié avec la tsedaka pour Erets Israël, dont les qualités spéciales ont été décrites par l'Alter Rebbe, auteur du Tanya". Le Rabbi conclut en développant deux sujets sur ce Youd Teth Kislev, un en rapport avec "le ciel et la terre spirituelle", et un en rapport avec "le ciel et la terre physique". Le premier était basé sur un manuscit d'un discours 'hassidique de l'Admour Hazaken qui n'avait jamais été imprimé et qui était en cours de publication. La seconde: "Si l'on a rempli la demande que j'ai faite pour la Terre Sainte, dont ce jour marque le début de la construction (au moins l'annonce verbale qui mènera à l'action) d'un nouveau quartier à Kfar Chabad, qui a été fondée par le Rabbi, mon beau-père, successeur de l'Alter Rebbe".
Le Rabbi annonça que, "les appels n'ont généralement pas été faits pour la construction d'un nouveau quartier qui représente une situation unique. Tout le monde est invité à donner amplement, et dans les deux prochains jours". Puis à la surprise générale, le Rabbi dit: "En général, je n'exprime pas mon opinion en ce qui concerne le montant que chaque personne donne pour les institutions Loubavitch. Je prends ce qui est donné et de deux choses l'une: soit je suis satisfait, soit je ne suis pas satisfait et je garde mon mécontentement pour moi. Mais puisque c'est tout à fait une exception, je vais agir différemment. S'il me semble que quelqu'un donne trop peu, je demanderais d'augmenter le montant. Si je fais cette demande en dehors d'un farbrenguen, je ne sais pas si elle sera observée, mais comme tout le monde est réuni, sans doute vous serez embarrassés de dire le contraire. En fait, le Rabbi avait décidé combien chaque personne devait donner. Le Rabbi avait assuré que celui qui donnerait, recevrait les bénédictions de Hachem. Le Rabbi conclut en ces termes: "S'il semble à quelqu'un qu'on lui demande de donner un montant qu'il est incapable de donner, il doit savoir que Hachem lui donnera au moins quatre fois ce montant et, par conséquent, lorsqu'il ajoutera une autre somme de 1000 $, Hashem lui donnera 4000 $!
Parmi les gens assis dans la foule se trouvait R 'Naftali Dulitzky, un' Hassid et diamantaire de Tel Aviv. Son voyage chez le Rabbi était également l'occasion pour lui, d'acheter des diamants à des prix inférieurs à la Bourse de New York afin de les vendre et d'en tirer un bon profit en Erets Israël et en Europe.
Comme tout le monde là-bas, Reb Dulitzky remit un bout de papier au Rabbi avec son nom et le montant de la somme qu'il donnerait. Inspiré par le Farbrenguen, Dulitzky avait inscrit une grande somme, vingt pour cent de l'argent qu'il avait apporté avec lui à New York pour faire des affaires.
Pendant les niggunim "Le Beinoni», le Rabbi fit l'éloge du nouveau quartier de Kfar Chabad, un outil de propagation des sources. Après le niggun "Le'hat'hila Aribber, le Rabbi commença à lire les papiers avec les sommes offertes et le Rabbi demanda à chaque personne combien il devait ajouter, du double à deux cents fois le montant initialement annoncé.
Le Rabbi répéta la Bra'ha [bénédiction] dite plus tôt: "Il y a des gens qui ont peur de donner leur don maintenant car je vais annoncer publiquement à quel point ils ont besoin d'ajouter, et ils préfèrent donner leur don à un autre moment plus tranquille. Mais le moment propice est immédiat, le Yom Tov de l'Alter Rabbi ainsi que la joie de l'Alter Rabbi, donc, si vous donnez votre don dès maintenant, en plus de vous rembourser, Hashem vous donnera quatre fois ou dix fois plus, vous pouvez accomplir des choses matérielles et spirituelles selon ce que l'Alter Rabbi est capable d'accomplir.
Par conséquent, il vaut mieux se mettre en «danger» pour moi et vous dire d'augmenter le montant de votre don afin de mériter la bénédiction de l'Alter Rabbi dans tous vos besoins. Reb Dulitzky s'était rendu compte que le Rabbi lui demanderait de donner le double du montant qu'il avait écrit, mais n'avait pas imaginé combien plus il lui serait demandé. Lorsque sa note a été lue par le Rabbi, le Rabbi annonça: "Tula Dulitzky : cinq fois plus!" Dulitzky était stupéfait. Le Rabbi le laissait sans un sou pour ses transactions commerciales. Toutefois, comme un 'Hassid loyal, il ne posa pas de questions, et dès que le farbrenguen fut achevé, il donna la totalité du montant. Bien qu'il ne savait pas ce qu'il ferait le lendemain.
La suite de l'histoire fut racontée par Rav Chatzkel Besser, de Agudath Israël, qui connaissait depuis des années Reb Naftali et lui avait donné rendez-vous au Farbrenguen de Youd Teth Kislev. "Je devais aller à ce Farbrenguen avec Reb Dulitzky, mais la neige et le froid cette nuit-là ont gelé le moteur de la voiture que je devais conduire et je ne pu me rendre au Farbrenguen. Le lendemain, quand j'ai rencontré Dulitzky, je me suis excusé et lui ai demandé comment s'était passé le farbrenguen. Il me dit, en plaisantant, qu'il était heureux que je n'avais pas pu y participer, parce qu'il leur avait été demandé de donner des sommes énormes pour le Rabbi. Il confia qu'il avait été chargé de donner tout son argent pour le nouveau quartier de Kfar Habad.
J'ai été un peu surpris. Je savais que c'était un 'Hassid qui donnerait tout pour le Rabbi, mais je ne comprenais pas pourquoi le Rabbi avait trouvé nécessaire de tout lui prendre. Nous avons parlé pendant quelques minutes puis nous nous sommes séparés. En ce qui me concerne, l'histoire était terminée.
Un peu plus d'un an plus tard, j'étais en Erets Israël pour un voyage communautaire. À cette époque, le premier vol à main armée en Israël a eu lieu, et un marchand de diamants, Zerach Pollack fut assassiné. Tout le monde fut secoué, en particulier les commerçants en diamants. Tous les commerçants en diamants assistèrent aux funérailles, des meilleurs amis de Zerach Pollack jusqu'à ses pires concurrents. J'assitai également à l'enterrement et je rencontrai Reb Dulitzky. Nous nous saluâmes chaleureusement, et pendant notre conversation Dulitzky me dit: «Vous n'allez pas le croire. Je vais vous dire ce qui s'est passé après le fameux farbrenguen de Youd Teth Kislev : Quelques jours après le farbrenguen, je pris un bateau pour retourner en Erets Israël. Mon plan original était de m'arrêter pour quelques jours en Europe pour vendre les diamants achetés aux États-Unis. Je n'avais à présent plus de raison de perdre du temps là-bas, mais mon billet avait déja été acheté.
Le vendredi, le navire mit l'ancre dans un port anglais. Comme je n'avais pas envie de passer Chabbat dans un endroit où je ne connaissais personne, je décidai de voyager à Anvers, où j'avais beaucoup d'amis diamantaires. J'arrivai le matin et me rendis à la Bourse des diamants, où je fus immédiatement salué par une connaissance. "Dulitzky, vous ne savez pas combien je suis heureux de vous voir!"
Il m'expliqua qu'il voulait faire un achat sur de gros diamants, et il connaissait mon expérience dans le domaine. Je lui expliquai que je n'avais pas d'argent ni de diamants à vendre, mais il insista pour que je l'accompagne. "Au moins, viens avec moi pour voir les diamants", me demanda-t-il. J'essayai de m'esquiver, mais il était tout à fait déterminé. Je cédai finalement à sa demande, à la condition, que je ne serais là que pour le conseiller.
Je regardai les diamants qu'on lui proposait et lui recommandai lesquels acheter. Le prix, par rapport à la qualité était tout à fait raisonnable. Je pensais que mon travail était accompli, mais il en pensait tout autrement. Il voulait faire un partenariat avec moi. J'essayais de lui expliquer que je n'avais pas d'argent à investir, il refusait obstinément de l'entendre. Il voulait un partenariat, et honnêtement, je ne sais pas pourquoi j'acceptai.
Je lui signais un contrat et lui promis de lui envoyer ma part quand je serais retourné en Israël. A mon arrivée en Israël, je lui envoyai une lettre demandant les détails concernant le paiement que je lui devais. Il me retourna un télégramme disant que je ne lui devais rien. Quelques jours plus tard, je reçus une lettre dans laquelle il m'expliquait qu'il avait été en mesure de vendre tous les diamants rapidement et qu'il avait fait un très bon bénéfice. Il promit de m'envoyer ma part. Quand je lus la ligne suivante, je fus sidéré : la somme correspondait exactement à quatre fois le montant de la somme que j'avais donnée au Rabbi le jour de Youd Teth Kislev! .... .
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חסידות.אורג
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