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(l’enseignement du Rabbi qui est exposé ici sera développé avec l’aide de D.ieu dans le cours vidéo numéro 16 du discours ‘Véata Tetsavé’)
Il est écrit dans la Paracha Kedochim (19, 17,18) que nous lirons ce Chabbat: ‘Tu ne haïras pas ton frère dans ton coeur…’, et ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même…’.
Hillel l’Ancien disait à propos de l’accomplissement de ce commandement divin: ‘Là est toute la Torah, le reste n’est que commentaire…’(Chabbat, 31a).
Tous les Maîtres de la Hassidout, depuis le Baal Chem Tov, ‘ont donné jusqu’à leur dernière goutte de sang’ (d’après l’expression du Rabbi Rayats) pour enseigner l’importance de ce Commandement.
L’enseignement du Rabbi au sujet de ce Commandement s’inscrit dans cette lignée sacrée, mais il a ceci de particulier, que le Rabbi nous donne le moyen d’atteindre le plus haut niveau de cette Mitsvah.
Dans le chapitre 32 du livre du Tanya (‘32’ comme la valeur numérique du mot hébreu lev: le coeur), l’Admour Hazaken nous enseigne que le moyen d’accomplir la Mitsvah d’aimer son prochain, consiste à ‘forcer’ le regard que l’on porte sur lui, de manière à faire abstraction du mal qui est en lui, et de ne considérer que le bien de son âme divine.
Aussi, l’Admour Hazaken écrit dans ce chapitre que ‘l’on doit éveiller de la compassion pour l’âme divine, car elle est captive du mal…’ et ‘la compassion détruit la haine et suscite l’amour..’.
L’âme animale (le corps), nous pousse sans cesse à assouvir des désirs grossiers et dénués de divin. Aussi l’Admour Hazaken enseigne que nous devons ‘regarder notre propre corps avec dédain et mépris, et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’.
‘Regarder notre propre corps avec dédain et mépris’ signifie que nous réalisons la bassesse de nos pensées de nos paroles et de nos actes, quand ceux-ci ne sont pas soumis à la volonté du Saint béni soit-Il, et ne sont que la proie des forces du mal, et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’, signifie qu’un juif ne connaît la joie véritable que lorsqu’il parvient à libérer son âme divine, laquelle désire D.ieu, de l’obscurité du corps, et de l’âme animale.
L’Admour Hazaken enseigne alors que ‘regarder son corps avec mépris et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’, est ‘un moyen direct et facile d’atteindre l’accomplissement du Commandement : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.
‘Mépriser le corps’ d’un autre juif, signifie que l’on méprise le mauvais penchant de l’autre, c'est-à-dire que l’on ne porte pas attention à son mauvais penchant, mais que l’on porte tout notre regard sur le fait que ce juif possède une âme divine.
C’est ce regard qui va éveiller notre amour pour ce juif. C’est grâce à ce regard que l’on va ‘trouver de la satisfaction (de l’amour) dans la joie de l’âme’.
Cet enseignement de l’Admour Hazaken est essentiel pour notre service divin. Il nous fait réaliser que les juifs ont un même Père, et c’est pourquoi ‘ils sont appelés de vrais frères en vertu du fait que leurs âmes ont la même source, en un D.ieu unique’.
Cependant, dans ce cas, même si les juifs sont unis par leurs âmes, ils n’en demeure pas moins qu’ils sont ‘séparés par leur corps’.
En effet, l’amour du prochain tel qu’il est défini ici dans le Tanya, n’engage pas le corps.
Nous n’aimons pas le corps de l’autre, c’est à dire que nous ne pouvons pas supporter son âme animale et son mauvais penchant.
Nous ne sommes donc appelés frères que de par notre âme, mais non pas, de par notre corps, ainsi qu’il est écrit: ‘séparés par leur corps’.
Cependant le Rabbi décrit un niveau encore plus élevé que celui qui est exposé dans le Tanya. En effet, selon l’enseignement du Rabbi, il est également possible d’aimer le corps de l’autre, c’est à dire d’aimer ce qui nous sépare de lui: l’âme animale et le mauvais penchant.
Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tetsavé’, le Rabbi explique que le niveau de Yé’hida désigne l’âme telle que celle-ci est dans le ‘cerveau’ de son Père. Yé’hida est l’essence de l’àme et elle fait Un avec l’Essence divine.
Lorsque la lumière divine de l’essence de l’àme se révèle dans le corps, elle s’unit avec toutes les forces de l’àme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments) et celà a pour effet de changer la nature de ces forces, de transformer l’obscurité du corps et de l’âme animale.
Dans ce cas, il devient possible d’aimer un juif sans que le corps nous sépare, car lorsque Yé’hida se révèle, la racine de toutes les choses de ce monde nous apparaît.
Nous ne voyons alors, plus seulement le mauvais penchant comme l’instrument du mal, mais nous le voyons tel qu’il est à sa racine, c’est à dire un serviteur du Saint béni soit-il, capable aussi d’accomplir sa Volonté bénie. Aussi nous regardons alors l’âme animale d’un oeil nouveau.
Cet ‘oeil nouveau’, c’est le regard du Juste. C’est le regard du Rabbi face à toutes les âmes d’Israël. Le Rabbi n’aime pas un juif seulement pour son âme divine, mais il l’aime aussi pour ‘son corps’, c’est à dire qu’il peut voir le divin qui se cache en lui.
Tout ce qui nous sépare, le corps en l’occurence, est divin à sa racine. La force du Rabbi est de voir le corps de l’autre, non plus ‘avec dédain et mépris’, mais de le voir et de le considérer tel qu’il est à sa racine dans la pensée de D.ieu: un écrin, un réceptacle qui contient une perle: l’âme.
Ce niveau de l’amour du prochain peut être atteint par chaque juif, quand il parvient à révéler la lumière de l’essence de son âme (et le Rabbi nous enseigne les moyens d’y parvenir), et que celle-ci s’unisse à son regard et à sa perception.
Ce juif parvient alors à l’Essence des choses, il ne voit plus de différences entre le corps et l’àme, car ceux-ci sont égaux dans ‘le cerveau du Père’.
Ainsi, l’amour du prochain tel qu’il est défini par le Rabbi a ceci d’exeptionnel, que nous pouvons parvenir à être encore plus que des frères.
En effet, ‘frères’ désigne les âmes qui ont déjà été créées (‘la goutte qui provient du cerveau du Père”), mais quand ces âmes sont encore dans le cerveau du Père (d’apres l’expression du Rabbi: ‘l’essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’), il s’agit du niveau de l’Essence laquelle est indivisible, et dans ce cas, nous comprendrons qu’il devient possible que nous ne soyons plus divisés les uns les autres, par le corps.
Rav Yaakov Abergel
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