
Entre deux sessions plénières, plusieurs conférences sont proposées aux participants. L’une d’entre elle était très attendue. Animée par Daniel Shek, ancien ambassadeur israélien à Paris et en présence de grands rabbins britannique et italien ou encore du président du CRIF, elle avait pour titre : « L’avenir du Judaïsme en Europe ».
« Nous ne devons pas laisser le Judaïsme européen mourir, mais, encore plus important, l’Europe ne doit pas laisser le Judaïsme européen mourir », a lancé à la tribune le Grand Rabbin du Royaume Uni.
« La question de l’avenir du peuple juif en Europe est éternelle : pour moi ce n’est pas fini. Nous ne devons jamais arrêter le combat », a abondé dans le même sens le président du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France Richard Prasquier.
« La France est l’un des seuls pays au monde où le nombre de Juifs a augmenté depuis la fin de la Shoah », a-t-il fait remarquer. « Avant la guerre il y avait 9 millions de Juifs en Europe, aujourd’hui il n’y en n’a plus que 2 millions. L’arrivée des Juifs séfarades a sauvé la communauté juive de France ». Lire la suite
S’exprimant sur la politique nationale, il a déploré le fait que « Pascal Boniface a conseillé en 2002 au parti Socialiste de ne pas se soucier des Juifs parce qu’ils ne sont pas assez nombreux en France par rapport aux Musulmans ».
« Le gouvernement français est très engagé contre l’antisémitisme. Il y a de l’antisémitisme en France, mais il ne vient pas tellement de l’extrême droite. Il vient souvent de l’extrême gauche et des mouvements anti-israéliens », a-t-il souligné.
Il a terminé son propos en affirmant que « le lien entre les Juifs de France et Israël est extrêmement fort » et que les Juifs de France veulent changer l’image d’Israël.
« Il n’y a pas de fuite des Juifs d’Europe vers Israël », précise toutefois l’ambassadeur Shek. « De ce que j’ai vu en France, seuls les Juifs qui ont une identité juive extrêmement solide sont des candidats sérieux à l’immigration en Israël »
Anton Nossik, vice-PDG d’une grande entreprise russe, est le suivant à prendre la parole. Son propos est bien plus négatif : « la communauté juive russe va disparaitre avant que mes petits ne voient le jour », affirme-t-il dès le début.
« Lorsque les soviétiques étaient au pouvoir dans mon pays, il était impossible pour un Juif d’envisager de faire une grande carrière », se souvient-il ému.
« Si vous alliez à la synagogue, le KGB vous prenez en photo et l’envoyer à votre employeur, ou votre université. Vous étiez alors renvoyés sur le champ », raconte-t-il encore.
Alors qu’un micro est donné à ceux qui souhaitent poser une question aux conférenciers, une personne âgée se lève et prend la parole sans micro en parlant, aussi fort que possible, en hébreu pour s’alarmer du fait que, selon elle, les Israéliens oublient les Juifs qui vivent en diaspora. « Les médias ne se soucient pas assez des Juifs de diaspora », a-t-elle déploré la voix tremblante, visiblement émue. « Il faut continuer d’envoyer nos jeunes visiter les camps de concentration, mais nous devrions aussi les envoyer découvrir les communautés juives d’Europe et d’Amérique », a-t-elle ajouté sous les applaudissement de l’assemblée.
A la fin de la conférence, M. Richard Prasquier, président du CRIF, a accepté de répondre à quelques questions au micro de Guysen. Il a notamment reconnu que les communautés juives rencontraient parfois des difficultés pour survivre mais il a également estimé que ces problèmes étaient moindres en comparaison de d’autres pays. Selon lui, la solution passe par l’éducation juive.
S’exprimant enfin sur la politique française, M. Prasquier n’a pas souhaité faire de pronostique sur l’élection présidentielle à venir et a estimé que le Parti socialiste s’était honoré en excluant Pascal Boniface de ses rangs. Toutefois, il a déploré le fait que la jeune génération de gauche était plus éloignée d’Israël que dans le passé et qu’elle était, de fait, plus ouverte au discours de l’extrême gauche. Guysen
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