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Serge Benattar a"h, un visionnaire entièrement voué à la communauté et à Israel
Infos - France
Mercredi, 27 Juillet 2011 21:44




Serge Benattar est le fondateur et directeur de publication "Actualité Juive". Né en 1949 à Oran, en Algérie,  il arrive en France avec sa famille en 1962, au lendemain de la guerre d’Algérie. Après 3 années d’étude à l’ORT de Montreuil, il obtient un CAP de mécanicien tourneur. Pas très à l’aise dans sa nouvelle profession, il se reconvertit dans la prospection publicitaire, et vient à créer une petite publication communautaire, Aleph. Elle permet à son créateur d’apprendre le métier de la meilleur façon qui soit : sur le tas. 

En 1981 naît "Actualité Juive". Modeste publication de 8 pages A4, sur les premiers numéros, Serge Benattar travaille tout seul. De la publicité à la rédaction des articles en passant par la maquette et la distribution, il gère tout. Son épouse Lydia, échaudée par la faillite d’Aleph, ne veut pas entendre parler de cette nouvelle aventure professionnelle. Peu àpeu, elle se laisse convaincre et ensembleils élèvent leur « bébé » pour en faire l’incontournable média communautaire.

Aujourd’hui, le journal est diffusé dans toute la France et l’étranger « Actuj. », seul hebdomadaire communautaire, il est leader de la presse juive dans l’Hexagone. Quant à son fondateur, il s’est imposé, malgré ses débuts insolites, comme un véritable homme de presse et de lettres. Auteur d’un recueil de poèmes, éditorialiste, Serge Benattar a également signé plusieurs textes de chansons, notamment pour la star israélienne Shimi Tavori.

Serge Benattar était la discrétion et la pudeur par excellence. Preuve en est qu'au moment où nous écrivons ces lignes, il nous a été impossible de trouver une seule photo de lui sur le net. C'est une grande figure du judaïsme français qui nous quitte subitement ce mercredi 25 Tamouz 5771, en plein milieu des Trois Semaines. Il restera cependant toujours vivant dans nos coeurs, car son journal continuera à éclairer notre communauté jusqu'à la venue imminente du Machia'h qu'il sera certainement le premier à nous annoncer.


Ediotial parru dans Actualité juive mais qui reste toujours actuel.


Où êtes-vous ?


Où êtes-vous, jeunes arabes des banlieues, vous qui conspuez Israël à tout bout de champ avec une haine à faire frémir les plus extrémistes des antisémites. Vous la déclinez sur les murs de vos immeubles à tous les temps, vous la chantez dans vos « rap » sur tous les tons, et si fort, que vous n’entendez même plus les cris de vos frères que l’on égorge en Algérie.
Votre hostilité envers Israël vous rend si aveugles que vous n’arrivez même plus à lire dans les colonnes de vos journaux qu’en un week-end, soixante de vos frères algériens se sont fait assassiner par des Islamistes. Et qui sait si le cousin de votre père ou la nièce de votre mère ne comptent pas au nombre des victimes. Vous êtes si proches d’eux et vous les ignorez, préférant vous identifier à ces Palestiniens, le kéfieh sur la tête, la pierre à la main, auxquels aucun lien ne vous rattache, mais qui, eux, ont cette chance d’avoir comme ennemis des Israéliens, des Juifs en quelque sorte.

Où êtes-vous, je ne vous entends plus, est-il à ce point plus facile d’être hostile à Israël plutôt que de désavouer les Islamistes et le gouvernement algérien? Lorsque vous criez : « Halte à la barbarie », vous parlez de qui ?


Où êtes-vous maires de banlieues, responsables d’associations dites « humanitaires », de syndicats, de partis politiques, vous qui déversez votre animosité envers Israël tout au long de vos bulletins communaux, qui mettez tant de zèle à organiser des manifestations anti-israéliennes, des voyages de solidarité en « Palestine », vous qui appelez au boycott d’Israël. Vous criez à qui veut l’entendre, et ils sont nombreux, votre indignation face à ce peuple palestinien que l’on affame, que l’on prive soit disant des moyens de subsistance les plus élémentaires, vous exprimez votre colère au vu « de ces enfants que l’on laisse mourir faute de ne pas leur avoir prodigué les soins nécessaires ».

Où êtes-vous, je ne vous entends plus vous élever sur les détournements de fonds de l’Autorité palestinienne, vous étonner sur les millions de dollars qui dorment sur les comptes bancaires des Yasser Arafat, Mohammed Dahlan, Nabil Chaath, Djibil Radjoub, Faiçal El-Husseini, et consorts. Vous qui exigez tant d’Israël, votre imagination, votre courage, et votre objectivité font-ils à ce point défaut pour sommer les leaders palestiniens à « réinjecter » une partie de leurs trésors au profit de leur peuple affamé ? Lorsque vous criez : « Halte à la barbarie », vous parlez de qui ?

Où êtes-vous présidents et ministres français, où êtes-vous médias nationaux qui réclamez à corps et à cris des missions d’enquête sur le « massacre de Djénine », (52 morts palestiniens – 23 morts israéliens), vous qui fustigez avec véhémence les ripostes « disproportionnées » des Israéliens. Certains d’entre vous n’hésitent pas à accuser Israël de crimes contre l’humanité.

Où êtes-vous, je cherche vos critiques acerbes, vos protestations, vos indignations lorsqu’en un seul week-end 60 Algériens sont massacrés ? Est-ce votre réponse que j’entends en proclamant « l’année de l’Algérie » ? Et où est votre compassion lorsqu’en un seul attentat 25 personnes sont déchiquetées à Tel-Aviv, alors que vous vous indignez sur la mort d’un enfant tué sous les balles perdues d’un soldat de Tsahal ? Je ne comprends plus rien à votre terminologie.
« En Côte d’Ivoire, au cours d’un « accrochage » entre soldats français et rebelles ivoiriens, 5 soldats sont blessés et 30 rebelles sont… tués ». Un point, c’est tout, sans commentaire. À moins que ma mémoire me fasse défaut, jamais, depuis la deuxième Intifada, 30 Palestiniens ont trouvé la mort au cours d’un seul « accrochage ». Pour beaucoup moins, on hurlait déjà au massacre. Lorsque vous parlez de ripostes disproportionnées, vous parlez de qui ?

Où êtes-vous, vous qui ?… Mais je vous vois tous là, à cet office organisé en solidarité avec le rabbin Gabriel Farhi, suite à son agression. « Indignation », « acte odieux, de violence intolérable », « émotion », « comportement inacceptable », « condamnation », est-ce pour faire oublier les moments cruciaux où l’on vous cherchait et où l’on ne vous trouvait pas ?

Mais où étiez-vous à ces moments-là?


Serge Benattar

 
 
 

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