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« Tu as vu les policiers, là-haut ? » Au-dessus de la scène de concert, des stands d’associations et des jeux pour enfants, deux policiers postés sur un toit surveillent la fête de la communauté juive qui se tenait ce dimanche après-midi dans le parc de la Brèche à Créteil. « C’est triste de savoir que l’on est obligé de compter sur les forces de l’ordre pour organiser une telle manifestation, soupire Frédéric, un Parisien venu avec sa mère.
Mais ça nous rassure par rapport à ce qui s’est passé. »
Quatre mois après la prise d’otages dans un magasin casher de la porte de Vincennes qui a coûté la vie à quatre hommes, autour de 7 000 juifs sont venus célébrer Lag Baomer, une fête en hommage au sage Rabbi Chimon. Soit près du double que les années passées selon le responsable de la communauté Albert Elharrar qui voulait « donner un caractère d’espoir à cette fête ».
Devant l’entrée du parc, c’est d’abord une enfilade de camions de CRS qui accueille les visiteurs, plan Vigipirate oblige. « C’est exceptionnel, il n’y en avait pas autant les autres années », commente une vieille dame. Sur un petit siège, elle profite de la fraîcheur de l’ombre face à la scène. « Je viens tous les ans, c’est notre fête, on se retrouve, on profite. »
« On ne va pas s’empêcher de vivre », assure Frédéric, même si, à ses côtés, sa mère vincennoise peine toujours à repasser devant l’Hyper Cacher où s’est produite la prise d’otages. Non loin, Sabrina promène sa poussette sur l’herbe, l’air tranquille. C’est sa première venue à Créteil « pour que mes enfants s’amusent ». « C’est une fête importante, où l’on se réunit dans la joie », explique la mère de famille de Montrouge (Hauts-de-Seine). « Je ne pouvais que venir à ce rassemblement où l’espoir renaît. C’est un moment optimiste après une période plus sombre », commente Joël Mergui, président du consistoire. Et de constater qu’il y a « particulièrement du monde, comme s’il y avait eu besoin de se retrouver après le choc de janvier ».
Cette Cristolienne n’a, elle, pas vu toutes ses connaissances : « Des gens sont sur le départ pour Israël, suppose-t-elle. Nous-mêmes, on y réfléchit. Ce n’est pas lié à la France, c’est un pays très tolérant. Mais on se sent déstabilisés. »
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