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Vidéo -
Rav Yossef David Cohen
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Lundi, 24 Juin 2013 11:44 |
Par Laurent Amzalek
Pinh’as ben Eleazar ben Aharone Hacohen a pour grand-père maternel Yitro. Il transperce de sa lance, pendant leur accouplement, au vu et au su de tous, le chef de la tribu de Chimeone « Zimri » avec « Kozbi » princesse midianite. Cet acte, Zimri le réalise pour tenter de justifier la non interdiction qu’il y aurait d’aller avec une non juive. Rachi explique que c’est par le constat de sa généalogie maternelle que le peuple a dénigré l’acte meurtrier de Pinh’as : «…. Il est le fils de ce « Pouti » fille de Yitro, qui engraissait les veaux destinés à être abattus pour les idoles…». Lire la suite
1- Pourquoi, dans cette critique de Pinh’as réduire Ytro au fait qu’il engraisse les veaux pour le culte idolâtre ? Autant préciser plutôt qu’il est un prêtre idolâtre, la tare héréditaire serait bien plus grave ! Après tout engraisser les veaux n’est qu’une tâche secondaire.
2- Pourquoi préciser que cette hérédité malsaine lui vient du côté maternel ? Quel apport dans l’argumentation ?
3- Il est précisé que toutes les tribus ont méprisé Pinh’as pour cet acte, pourquoi ? Après tout la seule tribu concernée est celle de Chimeone, c’est tout…
4- Enfin, pourquoi l’attaque contre Pinh’as n’est pas faite en règle, sur le fond ? Il aurait été plus juste de remettre en question son droit à accomplir cet acte ! Curieusement, c’est seulement sa personnalité qui est remise en question, en invoquant son hérédité.
En fait ce qui dérangeait toutes les tribus ce n’est pas l’aspect légal de l’acte, Moché n’ayant pas soulevé d’objection, ni les juges d’ailleurs, mais c’est plutôt le fait que Pin’has ait pris une telle initiative en présence de Moché ! Cette situation a amené le peuple a penser que c’était la mauvaise nature de Pinh’as, nature violente, qui le dirigeait , et non la volonté de sanctifier le nom de D.ieu. Les tribus ne savaient pas que la non intervention de Moché ou d’Aaron était voulue d’en haut, de sorte que Pinh’as puisse acquérir la Prêtrise, le Kehounah ! Quant à l’origine de cette meurtrière tendance héréditaire, elle ne pouvait pas provenir du fait que son grand-père Yitro était idolâtre, l’idolâtrie n’étant pas par principe l’expression d’une cruauté mais celle d’un fourvoiement intellectuel. C’est bien le fait que celui-ci engraissait les veaux pour la « Avodah Zarah » , pour ensuite les abattre, c’est ce dernier aspect qui est la marque d’une nature cruelle.
Reste à élucider la transmission maternelle, et non paternelle, la réponse à cette interrogation Rachi l’a déjà donnée dans le 1er Houmach, Berechit, à propos de Dina la fille de Yaacov. Là bas il nous précise que les traits de caractère d’un garçon proviennent plus du côté de la mère et inversement en ce qui concerne une fille. Cette constatation amène à renforcer l’explication, en redoublant la traçabilité de la mauvaise nature de Pinh’as à leurs yeux : Yitro a transmis ses gènes à sa fille, puis celle-ci à son fils ! C’est la raison pour laquelle le verset précise Pinh’as ben Eleazar ben Aharone Hacohen, soulignant par là sa noble ascendance paternelle.
De tout cela un enseignement magistral peut être dégagé qui se répartit en 4 points :
1- Il arrive parfois que l’on soit le spectateur d’un acte positif, on s’empresse alors souvent , nonobstant le fait d’apprécier la positivité de l’acte, de souligner les côtés négatifs de la personne qui l’accomplit.
2- Une mise en garde encore plus sévère nous est donnée dans Pessah’im page 50 : « … un acte positif qui n’est pas vraiment Lichmah ( pour le ciel) , finira par aboutir à un acte Lichmah…( pour le ciel), il faut donc, de surcroît éviter de porter jugement !
3- La critique elle même dédouane de la passivité que nous avons au vu de l’action positive de l’autre, alors même que cela devrait nous interpeller.
4- Enfin en critiquant l’autre ainsi, c’est faire preuve de beaucoup d’orgueil, plus en tout cas que celui qui agit. En effet celui qui accomplit l’acte ( comme Pin’has ) n’a pas honte au moins de montrer quelle est sa pensée au risque de paraitre orgueilleux, alors que celui qui le juge n’a pas le courage de son orgueil , puisqu’il le dissimule ! C’est pourquoi la Haftarah de la semaine passée, de Balak, s’achève sur la mise en valeur de l’humilité, oui, mais la vraie.
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