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Cours du Rav Yossef David Cohen résumé par Méir Amzelek
« Moshé emmena sa femme et ses enfants et les fit chevaucher l’âne… ». [Chapitre4 verset 20]
A propos de cet âne Rachi rapporte le midrache qui dit que cet âne est celui qu’avait sellé Abraham lors du voyage pour la ligature d’Itsh’ak. C’est aussi l’âne sur lequel apparaîtra Mach’iah. Comme il est dit : « Un humble monté sur un âne », [Zékharia 9.9].
On peut s’interroger sur la motivation de Rachi, qui a pour vocation d’expliquer le sens littéral, pour commenter ce verset qui ne présente à priori aucune difficulté. Rachi ne vient finalement que pour souligner le caractère merveilleux de cet âne qui est trans-générationnel !
Pour comprendre ses raisons il faut se souvenir de la conversation de 7 jours entre D et Moshé après la révélation du buisson ardent. En effet Moshé ne se sentait pas suffisamment méritant pour être le rédempteur. D’une part il estimait que ce rôle revenait de plein droit à Aaron son frère, et ceci souligne s’il en était besoin son humilité, et d’autre part, toujours pour aboutir à ses fins et échapper à la mission que D voulait lui confier, il argumentait en demandant à D d’envoyer directement le Machia’h , autant passer directement au personnage final! La réponse que lui fit D est qu’Abraham s’était empressé de seller cet âne alors que ce n’était que le rôle des serviteurs, et de surcroît pour emmener son fils au bûcher ! Autrement dit D cherche à lui dire: « …c’est sûr que ton argument vaut en ce qui concerne Aaron, mais n’est t’il pas totalement déconstruit par le fait qu’Abraham n’a pas hésité une seconde à chevaucher cet âne pour aller « sacrifier » son fils ? ». C’est d’ailleurs le même langage que tient D à Moshé dans la paracha de Vaéra en soulignant qu’il est bien malheureux que les Avot ne soient plus présents, eux qui avaient une implication et une obéissance aveugle !
Enfin concernant son second mode de défense, D veut lui montrer qu’il n’y pas dichotomie entre son rôle maintenant et celui de Machia’h plus tard. C’est une seule et même histoire qui prend racine ici et se termine avec Machia’h, c’est la même délivrance.
Cependant il y des différences majeures entre ces 3 moments :
- Abraham ne se sert de l’âne que pour transporter le couteau et le bois. Ceci s’explique par le fait qu’on se trouve avant le don de la Torah et qu’il faut une préparation pour que la fusion entre le matériel (symbolisé par l’âne) et le spirituel puisse advenir au Sinaï. Il faut harnacher, violenter le matériel ;
- Moshé y fait monter sa femme et ses enfants. Mais il n’harnache pas l’âne comme Abraham, car on se trouve maintenant plus prés de Matan Torah, il n’y a plus nécessité de briser le monde matériel il est déjà plus raffiné. La puissance spirituelle de Moshé est suffisante pour dompter l’âne ;
- Machia’h, enfin, le chevauche personnellement. En effet on se trouve à l’inverse du temps d’Abraham c’est la matière elle même qui permet le dévoilement du Divin ;
Dans chacune de nos vies nous passons alternativement par ces 3 stades D’abord briser la matière, ensuite se servir de la matière comme mode de préparation à notre service de D justifiant que nous sommes capable maintenant de dompter l’âme animale, et enfin la dernière étape où la matière n’est plus un obstacle à dépasser mais un moyen de dévoilement.
Au sens collectif c’est l’époque que nous vivons, préalable très court avant la venue effective de Machia’h, et pendant laquelle D nous donne les forces de vivre notre avoda en douceur en nous servant de ce monde pour Le dévoiler effectivement …
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