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Par Gérard Touaty
Ce mardi (vav Tichri) sera conclue l’étude annuelle du Michné Thora, l’œuvre encyclopédique du Rambam, tel que le Rabbi l’a instituée, c'est-à-dire en étudiant chaque jour trois chapitres de cet ouvrage. On connait la précision avec laquelle le Rambam a rédigé cette approche monumentale de la Loi juive, ne laissant de côté aucun détail, dans le fond comme dans la forme. En tenant compte de cette rigueur dans l’écriture, il nous sera possible de comprendre le lien étroit entre le début du Michné Thora et sa fin.
Il existe un principe de l’exégèse des grands textes de notre Tradition selon lequel, on peut lier le début et la fin d’un ouvrage fondamental. Comme le poème Lé’ha Dodi, le rapporte, « la fin d’une action se retrouve dans la pensée première qui entraîne cette action ». Le Michné Thora débute par la mitzva de connaître D.ieu et s’achève sur la description du monde lors de l’ère messianique : « A cette époque, il n’y aura plus, ni famine, ni guerre, ni jalousie, ni rivalité, car les bienfaits seront distribués en abondance, et les délices seront répandus comme la poussière. Le monde entier ne s'occupera que de la seule connaissance de D.ieu. C'est pourquoi les Juifs seront tous de grands Sages, connaissant les choses cachées, comprenant la sagesse de leur Créateur comme ce que l'homme peut en saisir, ainsi qu'il est dit « …car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme l'eau recouvre les océans ». Le rapport entre la connaissance de D.ieu et l’ère messianique peut se comprendre simplement : en temps d’exil, après la perte des deux Temples, la perception de D.ieu et la connaissance de Son identité exigent de l’homme un effort intellectuel intense, tant l’obscurité spirituelle est forte.
De nos jours, seule la foi nous permet un lien avec le Créateur. Quand la connaissance de D.ieu s’exprimera t-elle dans sa plénitude ? Lors de l’époque messianique. Par sa grande sagesse, le Machia’h sera capable de nous élever jusqu’au Créateur et là, selon les mots du prophète Isaïe, « la gloire de D.ieu se révèlera et toute chair verra ensemble que la bouche de D.ieu parle ». Mais ce lien entre ces deux idées va bien plus loin qu’un simple constat. Il signifie, entre autres, que la mitzva de la foi dépend du Machia’h ! Et mieux encore. Si un homme ne consacre pas ses forces à précipiter la délivrance, il démontre que la faiblesse de sa foi en D.ieu ne le préoccupe pas outre mesure. Ajoutons ce dernier point : les deux derniers chapitres du Michné Thora ne sont pas seulement consacrés à l’ère messianique mais aussi à la personne même du Machia’h, décrit comme un Roi. Ce qui suppose que le retour (authentique) de la foi en D.ieu ne dépend pas seulement de l’avènement de l’époque messianique mais aussi de la recherche de l’identité du Machia’h, de la compréhension de son action et de sa grandeur spirituelle qui le placera au dessus du genre humain. Et c’est ce que le Midrash confirme lorsqu’il affirme que les Tsaddikim ressemblent à leur Créateur. En connaissant le roi, on connaîtra la grandeur du Roi des rois. Gérard Touaty
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