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CONSTRUIRE
Pour les Maîtres du Zohar, le Michkane, le petit sanctuaire du désert, n’est pas uniquement le lieu ou se manifeste de la Présence divine. Il est aussi, le reflet de la perfection que l’homme doit atteindre. En effet, le texte de la paracha nous dit : « Ils me feront un Sanctuaire et Je (D.ieu) résiderai parmi EUX ». Le verset aurait dû finir par les mots « dans LUI (le Sanctuaire) ? La réponse confirme bien qu’il existe aussi un Sanctuaire intérieur que nous devons construire chaque jour.
Cet édifice était composé de divers éléments. La Thora nous décrit en premier lieu, le Arone, l’Arche sainte à l’intérieur de laquelle était déposée la Tora. Le second élément est le Choul’hane, la Table des pains sur laquelle on plaçait chaque chabbat douze pains qui étaient consommés par les cohanim le chabbat suivant. Vient ensuite, la description de la Ménora, le Candélabre , dont la lumière brillait chaque nuit. Un peu plus loin dans la paracha, se trouve la description de l’Autel des sacrifices. Cette description renvoie elle aussi à une construction intérieure. PROFONDEUR Deux détails relatifs méritent toute notre attention. Le premier d’entre eux est le fait que le rouleau de la Thora n’était pas posé à découvert mais qu’il était caché à l’intérieur de l’Arche. Effectivement, chacun d’entre nous doit être pleinement conscient qu’il possède au plus profond de lui-même un trésor infini : la sagesse divine. Ce potentiel spirituel et intellectuel n’est pas une donnée immédiate de sa conscience. Il ne peut être révélé au grand jour que par un effort constant dans l’étude de la Tora et un comportement basé sur toutes les valeurs éthiques véhiculées par le Judaïsme. Ce potentiel spirituel est infini. Et pourtant, il nous semble parfois qu’un individu est totalement dépourvu de cette dimension spirituelle. On doit se rappeler que la Tora était cachée dans l’Arche. C’est là, le premier message que nous livre la parachat Terouma quant à la construction de notre identité juive.
SE DEPASSER
On peut aller beaucoup plus loin dans notre réflexion. L’Arche était entreposée dans le Kodech Hakodachim. C’est-à-dire dans le lieu le plus saint du Sanctuaire. A son propos, le Talmud nous fournit une précision étonnante qui bouleverse la logique la plus rigoureuse : l’Arche occupait ce lieu sans qu’elle ne prenne de place! Le Kodech Hakodachim mesurait dans sa largeur 10 coudées (environ 5 mètres). L’Arche mesurait 2 coudées et demie c'est-à-dire environ 1 mètre 25. Logiquement nous aurions dû trouver de chaque côté de l’Arche un espace de 1 mètre 85. En fait, quand on mesurait, on trouvait 2 mètre 50, comme si l’arche n’existait pas! Cette constatation nous enseigne un point essentiel dans notre perception de la Tora. Son étude est, certes, déterminante pour comprendre la sagesse de D.ieu. Mais nous devons constamment dépasser cette perception purement intellectuelle et bien garder présent à l’esprit l’idée que la Tora est au-dessus des contingences de notre monde. C’est un des enseignements que nous pouvons retenir du fait que l’Arche était à la fois dans les limites du monde tout en le dépassant. Cette prise de conscience de la nature infinie de la Tora nous donne la force de nous rapprocher chaque jour un peu plus de notre Créateur.
Dès lors, on peut comprendre pourquoi la Tora évoque l’Arche sainte avant la Table des pains. La Table des pains symbolise le monde matériel puisque les douze pains qui s’y trouvaient étaient consommés par les Cohanim. On peut voir ce monde comme un piège et comme un obstacle à l’épanouissement de notre spiritualité. Cette vision des choses n’est pas celle du Judaïsme. La Tora a bien pris soin de placer l’Arche sainte avant la Table. L’enseignement est le suivant : c’est la Tora et elle seule, qui nous donne les moyens de nous positionner dans l’univers. Notre mission est de faire de ce monde un lieu où tous les êtres humains peuvent vivre harmonieusement dans une société qui prône la justice et la charité.
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