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Tétsavé présente une particularité que l’on ne trouve dans aucune autre paracha. Ce texte débute, très brièvement, par un thème qui ne présente aucun point commun avec le long chapitre qui le suit. La Tora nous rappelle la mitzva de l’allumage de la Ménora, le Candélabre du Temple, puis juste après elle va nous décrire minutieusement tout au long de 43 versets, les vêtements que les Cohanim portaient dans le Temple.
L’un des problèmes les plus délicats posés à la conscience humaine est la capacité à faire correspondre les idées aux actes. C’est, entre autre raison pour arriver à ce but que nous portons quotidiennement les Téphilines sur la tête et sur le bras. Nos idées doivent pénétrer nos actes, comme les lanières des Téphilines qui entourent la tête et descendent le long du corps. C’est en filigrane le thème sur lequel notre paracha nous invite à réfléchir. Mais revenons au texte qui introduit la sidra : « Et toi, tu ordonneras aux fils d’Israël qu’ils prennent vers toi, une huile pure d’olives concassées pour la Ménora afin de faire monter une lumière perpétuelle ». Lire la suite
UNE ETUDE QUI NOUS ECLAIRE
On sait que l’huile symbolise la sagesse de la Tora. C’est la raison pour laquelle, la lumière de la Ménora éclairait le Temple. La Tora nous décrit le peuple juif comme étant « un peuple de prêtres » qui a pour mission d’éclairer l’humanité. C’est-à-dire d’enseigner toutes les valeurs éthiques contenues dans la Bible. La lumière éclaire et permet aux êtres humains de trouver leur chemin. L’huile provient de l’olive qui, comme le rapporte le Talmud (Erouvine, 18b), est amère. De quelle amertume s’agit-il? Pour donner de l’huile il est nécessaire de concasser des olives. Ce processus nous renvoie à l’effort considérable que l’on doit fournir pour acquérir la Tora. Ce n’est pas une encyclopédie que l’on feuillette. Elle exige, de celui qui l’étudie, un investissement intellectuel et physique, un effort qui confine à l’amertume puisque l’on doit « casser » son moi (le concassage) afin que le Moi divin puisse nous imprégner pleinement. Nos Maîtres vont plus loin. L’effort qu’on exige de chacun n’est pas celui qui accompagne un travail quelconque. L’effort dans l’étude de la Tora est un but en soi alors que l’effort nécessaire pour un travail n’est qu’un moyen. Pour la tradition juive, le labeur dans l’étude est une valeur en soi. C’est lui qui donne pleinement son sens à la Tora. On peut alors mieux comprendre la structure du verset : « c’est l’huile pure d’olives concassées qui fera monter la lumière de la Ménora. »
IMITATIO DEI …RESSEMBLER A D.IEU
Il nous sera possible à présent de répondre à la question initiale. Quel est le rapport entre l’allumage de la Ménora et les vêtements des Cohanim ? La réponse nous est donnée par le Séfath Emeth le Rabbi Rabbi Yéhouda Leib de Gour (1847-1905). Comme nous l’expliquions plus haut, l’huile représente le raffinement de la connaissance par l’étude de la Tora alors que les vêtements symbolisent le corps. Les vêtements doivent être portés « pour la gloire et la beauté » lisons nous dans la Paracha. Si la Tora a lié ces deux sujets c’est pour nous dire que l’étude (la théorie) et le corps (la pratique) ne doivent pas être dissociés. Nos actes doivent être le prolongement naturel de notre attachement à la Tora et à toutes ses valeurs. Notre prochain doit pouvoir distinguer la luminosité de notre étude. Ce point est essentiel car il vient donner un éclairage nouveau à la mitzva que nous avons de ressembler (par nos actes) au Créateur. D.ieu est unité. Lui ressembler signifie, pour chacun d'entre nous, créer une unité intérieure par une adéquation entre nos idées et nos actes.
RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791
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