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LE SOUCI DES AUTRES
Il est rapporté dans de nombreux ouvrages que le commentaire de Rachi, est bien plus que l’explication du sens simple du texte. Le Maitre de Troyes développe des concepts qui dépassent l’approche littérale des textes. Son commentaire sur le début de la Paracha Vayakel en est l’illustration.
Après avoir résidé 120 jours sur le mont Sinaï, Moise redescend vers le peuple avec les nouvelles Tables de la loi et l’ordre divin de construire le Michkane, le Sanctuaire du désert. Rachi reprend les mots du premier verset de la paracha et nous précise que Moché rassembla les Enfants d’Israël le lendemain de Yom Kipour. Outre une précision d’ordre chronologique, qu’est-ce que le commentateur vient nous enseigner ici ?
UN SANCTUAIRE DANS LE DESERT
Cette réunion des enfants d’Israël avait pour but de les informer que D.ieu voulait que soit édifié un Sanctuaire. Et effectivement le peuple tout entier, hommes et femmes, commença à apporter toutes sortes de dons. Or, par son commentaire, Rachi vient soulever un paradoxe : l’existence est parsemée de nombreux obstacles, empêchant l’unité des êtres humains. L’un d’entre eux, et non des moindres, est l’argent. En effet, la majorité des conflits, ont un rapport avec l’argent. Or que voit-on ici ? Moché fut capable de réunir ses frères dans une époque où l’argent prit une place déterminante dans leur vie puisqu’il leur demanda de donner des biens matériels afin d’édifier un Sanctuaire pour D.ieu ! Durant la journée de Yom Kippour elle-même, l’unité des êtres humains se construit sans difficulté. En effet, à l’occasion de ce jour de jeune solennel se révèle l’essence divine commune à chacun d’entre nous. L’unité qui règne alors ne laisse aucune place aux besoins matériels. Les hommes sont comme des anges, éloignés des soucis quotidiens et des futilités. De ce fait, naturellement, tout ce qui peut être source de conflits disparaît laissant la place à une chaleureuse proximité entre les hommes. Mais quand cette unité (malgré l’argent) se poursuit « le lendemain de Yom Kippour », c’est là un fait extraordinaire. Et c’est ce que vient souligner Rachi : Moché fut capable de créer l’unité entre ses contemporains le lendemain de Yom Kippour, c'est-à-dire durant un jour profane qui à priori n’était pas en mesure de favoriser l’unité.
RASSEMBLER Sur un autre registre, on retrouve cette idée avec les noms des parachiot. La place des versets l’un par rapport à l’autre n’est pas fortuit. Si deux versets se trouvent l’un à la suite de l’autre, on ne peut mettre cette proximité sur le compte du hasard. Il en est de même avec le noms de deux parachiot quand elles se suivent. Ainsi, si notre paracha est placée juste après celle de Ki Tissa, c’est l’indice pour nous que l’on peut en tirer un enseignement : Ki Tissa signifie « Quand tu élèveras » et Vayakel signifie « Il rassembla ». L’enseignement est fondamental. En effet, lorsque nous nous efforçons de gravir les échelons qui nous mènent vers le Bien et la spiritualité (« Quand tu élèveras »), nous nous éloignons parallèlement de toutes sortes de futilités et c’est pourquoi nous devenons alors être pleinement conscients des besoins des autres. Cet altruisme nous permet d’œuvrer pour le bien de la société et de ne pas nous isoler. S’élever véritablement (Ki tissa) implique un profond souci pour les autres : « il rassembla » (Vayakel).
RAV YAACOV SPITEZKI = 054 23 99 791
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