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COMPTER VERS L’INFINI... L’un des commandements mentionné dans notre paracha est celui qui consiste à compter les jours qui séparent la fête de Pessa’h de celle de Chavouoth. A ce propos de ce compte, nos Maîtres remarquent deux anomalies qui remettent en cause la nature même de ce décompte. Pour y voir plus clair, il faudra, au préalable, expliquer la spécificité de la fête de Chavouot.
De toutes les fêtes juives, Chavouot est la seule qui ne se distingue par aucune mitsva. Toutes les fêtes juives sont marquées par la pratique de mitsvot spécifiques. Ce n’est pas le cas pour Chavouot. En effet, rien ne peut symboliser la fête du Don la Tora. Même pas les mitsvot qui sont pourtant la base de la Tora. Rien ne « limite » la Tora car elle est infinie. Elle dépasse l’espace et le temps. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a été donnée dans un désert sans frontière.
Mais il faut remarquer que ce Don ne fut pas gratuit. Et bien qu’en ce jour, nous ne pratiquions aucune mitsva spécifique la Révélation du Sinaï fut tout de même la conséquence d’une démarche particulière. Pour mériter la Tora, les Enfants d’Israël se préparèrent spirituellement durant quarante-neuf jours.
Recevoir la Tora signifie, en premier lieu, faire le « vide » en soi pour être pleinement disponible. C’est pourquoi, un intervalle de quarante-neuf jours était nécessaire entre Pessa’h et Chavouoth. Il est intéressant de noter que le mot hébreu חולה (’holé) qui signifie « malade » a pour valeur numérique 49. Après la sortie d’Egypte nous étions pour ainsi dire « malade et contaminé » par toutes les formes d’idolâtrie qui étaient en vigueur dans l’Egypte d’antan. Il était donc nécessaire d’effectuer un travail sur nous-même pour « guérir spirituellement » et franchir les quarante-neuf degrés qui séparent l’impureté de la pureté.
50 ou 49 ?
En tenant compte de ces précisions, il nous sera possible de comprendre les deux anomalies évoquées plus haut. Quand la paracha mentionne la mitsva de compter les jours entre Pessa’h et Chavouoth, elle dit « …vous compterez cinquante jours… » (Lévitique 23,16)
Or, concrètement, nous ne comptons que quarante-neuf jours ! La seconde anomalie concerne ce décompte lui-même . Les commentateurs expliquent qu’après la sortie d’Egypte, les Enfants d’Israël comptèrent les jours pour exprimer leur impatience à recevoir la Tora. Pourtant, à voir de plus près le texte récité chaque, on constate le contraire. En effet, chaque soir, on compte en mentionnant les jours passés : « aujourd’hui, troisième jour du Omer, aujourd’hui, quatrième jour du Omer,etc ». Il aurait fallu plutôt dire « Plus que trente jours, plus que vingt-neuf jours etc… », c’est-à-dire une formulation qui exprime plus l’impatience !
LE TRAVAIL ACCOMPLI
La réponse à ces deux anomalies tient en un seul mot : l’effort. L’effort qui conduit l’être humain à se dépasser pour améliorer son comportement et tendre vers le Bien. Durant quarante-neuf jours, nous comptons le Omer pour atteindre une plénitude intérieure qui aboutira au cinquantième jour : l’anniversaire du Don de la Tora.
Intrinsèquement, la Tora est inaccessible puisqu’elle prend sa source dans l’Infini. Compter un cinquantième jour est donc impossible. Mais D.ieu a révélé la Tora et la mise à notre portée comme si nous avions compté le cinquantième jour.
Dans cette perspective, on comprend pourquoi on ne compte que les jours passés : les résultats de nos actions dépendent essentiellement de tout ce que nous avons accomplit auparavant. Sof Maasei bema'chva Te'hila.
RAV YAACOV SPITEZKI IL 054 23 99 791 = FR 0177476188
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