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Dans la Paracha Terouma, il est question du Michkan (le temple portatif) et de tous ses ustensiles. C’est dans cette Paracha que l’Eternel déclare aux enfants d’Israël: “Faîtes Moi un sanctuaire et je résiderais parmi vous”.
Les Maitres de la Hassidout insistent sur le fait qu’il est écrit “parmi vous” et que celà signifie que le Sanctuaire n’est autre que nous-même.
C’est-à-dire que nous devons faire de la partie de notre âme qui s’habille dans notre corps (les niveaux de ‘Naran’, Néfech: la vitalité du corps, Roua’h: les sentiments, Néchamah: l’intellect), un réceptacle capable de recevoir et de s’unir à la lumière de l’essence de notre âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine et ne s’habille pas dans le corps (‘Haya et Yé’hida).
Cet enseignement du verset “Faîtes Moi un sanctuaire et je résiderais parmi vous” s’accorde tout particulièrement avec un autre enseignement du Zohar, que l’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya, sur un autre verset de la Paracha Terouma: “Et qu’ils prennent pour Moi une offrande” (“Vé ik’hou Li Terouma”).
En hébreu le mot Terouma a les mêmes lettres que le mot Torah, avec un Mèm supplémentaire, תרומה: תורה מ
Le Zohar décompose ainsi le mot Terouma en expliquant que la lettre Mèm, qui a pour valeur numérique 40 fait allusion aux 40 jours pendant lesquels Moché reçut la Torah.
Terouma évoque donc la Torah qui a été donnée à Moché au Mont Sinaï.
Par ailleurs le Zohar explique que le mot ‘Li’ (‘pour Moi’) a la même signification que ‘Oti’: ‘Moi’.
Dans ce cas l’expression du verset: “Et qu’ils prennent pour Moi” signifie aussi: “Qu’ils Me prennent”.
De fait, l’Eternel a véritablement donné une partie de Lui-même dans la Torah, ainsi qu’Il le déclare Lui-même: “J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée”, et au Zohar d’expliquer que ce verset “Et qu’ils prennent, pour Moi, une offrande” (“Vé ik’hou Li Terouma”) signifie aussi, qu’au moyen de la Torah nous parvenons à ‘saisir D.ieu Lui-même’, Son Essence (“qu’ils Me prennent”). A l’évidence l’Eternel par le don de la Torah, fit don de Lui-même, et donna aux enfants d’Israël la possibilité de s’attacher à Lui de manière profonde.
Dans le livre du Tanya, dans lequel est rapporté cet enseignement de Rabbi Chimon Bar Yo’haï (chapitre 47), l’Admour Hazaken souligne le fait que rien ne sépare le mot ‘Li’, ‘Moi’, du mot ‘Terouma’, ‘la Torah’, pour la simple et bonne raison que ‘le Saint béni soit-Il et la Torah ne font qu’Un’.
Cet enseignement est souvent exprimé dans la partie profonde de la Torah, le Zohar déclare en effet que “le Saint béni soit-Il, Israël et la Torah ne font qu’Un”.
De fait, “l’âme divine d’un juif est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut”, et la délaration de l’Eternel selon laquelle: “J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée”, s’applique tout aussi bien à l’âme juive, laquelle peut être comparée à ‘l’offrande’ (‘Terouma’, l’âme juive) que l’Eternel a donnée à chaque juif, et qui n’est autre qu’une partie de Lui-même.
Dès-lors, le lien entre le verset: “Faîtes Moi un sanctuaire et je résiderais parmi vous”, et le verset: “Et qu’ils prennent pour Moi une offrande”, apparaît avec clarté. ‘Faire un sanctuaire pour D.ieu’, comme il a été expliqué, signifie révéler la force de la partie la plus profonde de notre âme, l’essence de notre âme, dans les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps, c’est à dire notre intellect et nos sentiments.
Le Rabbi, dans son discours ‘hassidique intitulé “Et tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent pour toi de l’huile pure d’olives concassées pour allumer le luminaire”, explique longuement que l’essence de l’âme (‘le luminaire’) a le pouvoir de s’unir aux forces de l’âme.
Ainsi quand l’essence de l’âme s’unit avec le coeur d’un enfant d’Israël, celui-ci ressent un amour pour D.ieu au-delà de toutes limites.
Il est important de remarquer que la Torah emploie dans le verset: “Et tu ordonneras aux enfants d’Israël” le terme: “qu’ils prennent pour toi”, et qu’elle emploie ce même terme dans le verset: “Et qu’ils prennent pour Moi une offrande”. Ces deux versets sont en fait intimement liés. Un juif détient la possibilité de révéler l’essence de son âme afin que celle-ci illumine et s’unisse à son cerveau et à son coeur, et il y parvient quand il s’attache de manière profonde à la Torah de D.ieu, laquelle n’est autre qu’une ‘partie de Lui-même’.
En donnant la Terouma, les enfants d’Israël construisent le Michkan (le Temple portatif), et permettent ainsi à l’Eternel d’y résider.
Comme il a été dit précédemment, le livre du Zohar décompose le mot ‘Terouma’: Torah-Mèm, et explique que la lettre Mèm évoque les 40 jours Durant lesquels D.ieu donna la Torah à Moché.
Il est aussi possible de dire que cette lettre Mèm, est la première lettre du nom ‘Machia’h’, et donc le mot ‘Terouma’ évoque la Torah du Machia’h.
Nous comprenons dans ce cas que ‘faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre juste Machia’h’ exige de notre part de faire véritablement don de nous-même, de faire don de ‘l’offrande’ la plus précieuse de nous-même. C’est à dire que nous devons révéler le lien le plus profond et le plus véritable de notre âme avec D.ieu, dans nos pensées nos paroles et nos actes.
Dans ce cas, nous parvenons à faire de nous-même un sanctuaire dans lequel l’Eternel fera, à Son tour, ‘l’Offrande de Lui-même” en révélant Son Essence bénie.
Nul n’est besoin d’ajouter, que notre attachement au Moché de notre génération, au ‘berger fidèle’, le Rabbi de Loubavitch, est essentiel et indispensable, pour parvenir à cette mission, ‘de faire de ce monde matériel une Demeure spirituelle pour D.ieu’, dans laquelle nous verrons, très bientôt et de nos jours, le Troisième Temple, avec nos yeux de chair, et avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel.
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