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La Paracha de cette semaine n’est pas sans nous inspirer la redoutable force du discours ‘hassidique du Rabbi de Loubavitch intitulé ‘Véata Tetsavé’.
Le Rabbi dans ce discours évoque l’action de Mordé’haï Ha Yéhoudi, lequel est défini comme ‘l’équivalent de Moché dans sa génération’ (Midrache), ‘le berger fidèle’ qui dévoila la capacité des enfants d’Israël à faire don d’eux-même (Messirout néfech), et ce malgré tous les dangers, comme ce fut le cas au moment de Pourim.
Pourim succède au Chabbat pendant lequel nous lisons la Paracha ‘Véata Tetsavé’.
De fait, l’enseignement et le contenu profond du discours du Rabbi (‘Véata Tetsavé’) a pour but d’attirer en nous-même, et de manière profonde, la force inouïe qui découle de l’essence de notre âme.
La force de Méssirout néfech découle de l’essence de l’âme comme une source découle de l’endroit où elle naît.
Dans le Likoutey Torah (‘Explications de Souccoth’) l’Admour Hazaken nous enseigne la signification profonde du fait que le jour de Chémini atséret nous devions asperger l’Autel du Temple, et il nous explique de quelle manière un juif parvient à un état de totale soumission vis à vis de l’Eternel.
Parvenir à cet état de soumission implique de notre part de prier avec toutes les forces de notre âme, jusqu’à révéler dans le coeur un amour ardent pour D.ieu, au moment du Chéma Israël.
Le moment de la prière de la Amidah qui succède à la prière du Chéma, est comparable au moment où un enfant retrouve, après l’avoir tant désiré, les bras de son père.
Ce précieux moment est donc aussi celui d’un juif, qui après s’être élevé sur l’échelle de la prière, finit par pénétrer dans le palais du Roi des Rois, le Saint béni soit-Il, et peut enfin ressentir Sa présence.
L’image de l’étreinte d’un enfant avec son père, d’un juif avec son Père qui est dans le ciel, est aussi celle de l’âme qui rejoint sa source, laquelle n’est autre que l’essence de l’âme qui elle-même découle de l’essence divine, ‘la Source de toutes les sources’.
A l’endroit où naît une source, l’eau ne fait aucun bruit. L’on n’y peut percevoir que le silence divin. L’Admour Hazaken la nomme et la décrit comme comme ‘la Source d’eau-vive’ qui se trouve sous la terre.
Cette source d’eau-vive est la Source de la source qui apparaît à nos yeux sur la terre. La Source d’eau-vive est cachée dous la terre, comme le trésor d’un roi caché dans les fins-fonds de son palais, comme l’essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine.
De même que l’eau-vive est la plus belle des eaux, la plus pure et la plus limpide, l’essence de notre âme est la partie la plus belle, la plus pure et la plus limpide de notre âme et c’est à son sujet que l’Admour Hazaken rapporte le verset: “Vous puiserez dans la joie les sources de la délivrance”.
Il est possible d’établir ici un lien avec la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov: “Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur”, car l’Admour Hazaken explique que notre mission consiste à attirer l’eau de cette Source d’eau-vive afin qu’elle imprègne la terre de ce monde.
Qu’il s’agisse de la terre de ce monde physique, que nous avons pour mission de sanctifier, comme par exemple en réservant une partie de notre champ pour les pauvres (la Péa), ou qu’il s’agisse de la terre spirituelle, comme la grossièreté de notre âme animale, que nous avons pour mission de raffiner.
Aussi le Rabbi nous incite à creuser, à briser la terre, et à creuser encore jusqu’à découvrir la Source d’eau-vive.
Creuser pour découvrir la partie la plus profonde de nous-même, notre soumission à l’Eternel, laquelle s’exprime par la fusion de l’essence de notre âme avec D.ieu.
L’Admour Hazaken et le Rabbi se rejoignent ici, comme cet enfant qui retrouve son père, comme ce juif qui pénètre dans le Palais du Roi des rois.
L’Alter Rebbe nous enseigne en effet que pour parvenir à cette source, nous devons “creuser sous la terre”, et celà s’accorde parfaitement avec le contenu profond du discours du Rabbi ‘Véata Tetsavé’.
Dans ce discours le Rabbi enseigne qu’un juif peut atteindre le plus haut niveau de lui-même quand il est brisé (katit) de l’absence du Machia’h. Et celà, même s’il connait dans sa vie l’abondance.
Que ce soit l’abondance dans sa vie spirituelle, ou qu’il s’agisse de l’abondance dans sa vie matérielle, ou que ce soit les deux à la fois. Le fait de souffrir dans son coeur, et dans son âme, de l’exil de la présence divine, le fait de ne plus supporter de s’abandonner à des plaisirs grossiers qui émanent de la soif du mauvais penchant et de l’âme animale, a pour effet d’attirer le regard et la miséricorde du Saint béni soit-Il sur nous-même.
C’est ce message qu’expriment l’Admour Hazaken, dans le Likoutey Torah, et le Rabbi dans son discours, ‘Véata Tetsavé’.
Les deux Maîtres s’accordent sur le fait que ‘briser la terre’, l’écorce qui nous sépare de la Sources d’eau-vive, et de l’huile la plus pure, nous permet de dévoiler notre lien le plus vrai et le plus profond avec D.ieu.
Chacun des deux Maîtres peint l’image d’Israël. Qu’Israël asperge l’Autel du Temple, ‘le coeur du Temple’, ‘le coeur de l’homme’ (le Mizbéa’h), ou bien qu’Israël brise l’olive, ‘le coeur de son âme’, pour allumer la Ménorah, dans ces deux cas il s’agit de découvrir le Divin qui se cache en lui-même, le Divin imagé par l’eau qui se trouve dans les profondeurs de la terre, et par la lumière qui se cache dans les profondeurs du ciel.
Tout est là. Le secret de tous les secrets. Toute la Hassidout. Tout son contenu. Toute sa profondeur.
Un juif cache en lui l’eau la plus claire, l’huile la plus pure, et la mission du Rabbi est de nous enseigner à creuser, à briser tout ce qui nous en sépare.
Lorsque nous y parvenons, lorsque nous atteignons la Source de toutes les sources, c’est à dire l’endroit premier de notre âme, nous dévoilons la Volonté la plus profonde de l’Eternel, qui est que que nous parvenions à dévoiler notre volonté la plus profonde, la Volonté de toutes nos volontés, la Source de toutes les sources, qui n’est autre que le dévoilement de D.ieu.
Plus encore, que nous dévoilions notre lien avec Lui. Notre Père, Notre Roi.
Rav Yaakov Abergel
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