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Dans le Likoutey Si’hot (‘Hélek 7, page 327), le Rabbi de Loubavitch commente le premier verset de notre Paracha, dans lequel il est dit: ‘Dis aux Cohanim, les fils d’Aaron, et tu leur diras…’.
Apparemment il est dit deux fois la même chose dans ce verset: ‘Dis aux Cohanim’ et ‘tu leur diras’.
Les Sages expliquent que ‘Dis’ et ‘tu leur diras’ signifient que les grands doivent expliquer aux petits.
L’homme est appellé ‘Olam katan’: ‘petit monde’; de même que dans le monde tout entier il y a des petits et il y a des grands, de-même dans ‘le petit monde’ il y a le ‘grand’ qui est dans l’homme, et il y a le ‘petit’ qui est dans l’homme.
‘Le grand qui est dans l’homme’ n’est autre que sa ‘tête’, les forces de son intellect, sa sagesse, lesquelles représentent le plus haut niveau de l’homme.
‘Le petit qui est dans l’homme’ représente les autres membres du corps. Ce sont les actes qu’il accomplit, qui correspondent à un niveau inférieur à la tête.
Aussi, le principe selon lequel ‘le grand doit prévenir le petit’, s’applique à l’homme lui-même, c’est-à-dire que la tête doit contrôler et guider nos actions.
C”est à celà que s’applique l’enseignement d’après lequel ‘grande est l’étude qui mène à l’action’. L’objectif de l’étude de la Torah est qu’elle doit provoquer que l’élève l’enseigne à son tour. Pour que la Torah soit preserve, et maintenue vivante la Parole divine.
Une étude qui n’agit pas en ce sens n’a pas de réelle valeur. L’étude véritable est celle qui amène à l’action concrète.
Il est intéressant de remarquer que la première lettre du mot hébreu: ‘Emor’ est un ‘Aleph’.
La première lettre de chaque mot de la Torah a une importance particulière. En effet, la première place qu’elle occupe dans le mot indique qu’elle influence la signification profonde du mot lui-même.
Celà s’accorde ici avec cet enseignement du Rabbi selon lequel ‘la tête doit contrôler et guider nos actions’.
De fait, ‘la tête’, la première lettre du mot ‘Emor’, la lettre ‘Aleph’, première de l’alphabet hébraïque, ‘contrôle et guide touts les membres du corps’, c’est à dire les autres lettres de ce mot (la lettre ‘Mem’ et la lettre ‘Rech’).
א
La première lettre du mot ‘Emor’, la lettre Aleph désigne l’Essence divine, ‘Aloupho chel Olam’. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le mot ‘Ano’hi’ (‘Je suis l’Eternel Ton D.ieu…’), qui est le premier mot des Dix Commandements que l’Eternel prononca le jour du don de la Torah, commence par cette lettre.
Cette lettre exprime donc bien le fait que ‘la tête doit contrôler et guider nos actions’, du fait que notre mission dans ce monde est de faire du monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu, pour Son Essence.
La venue du Machia’h dépend en effet de notre travail, et la Hassidout enseigne que nous y parvenons en révélant l’essence de notre âme, ‘la tête’ de l’âme, afin que celle-ci illumine nos pensées nos paroles et nos actes, lesquels peuvent être comparés ‘aux autres membres du corps’.
מ
La lettre ‘Mem’, seconde lettre du mot ‘Emor’, qui a pour valeur numérique 40, fait allusion aux quarante jours et aux quarante nuit durant lesquels l’Eternel enseigna la Torah à Moché sur le Mont Sinaï.
La place du ‘Aleph’ (l’Essence divine) juste devant la lettre Mem (l’étude de la Torah) est une allusion au fait que ‘l’Essence divine, l’essence de l’âme d’un juif et l’essence de la Torah ne font qu’Un’.
De même que ‘la tête contrôle et guide nos actions’, l’Essence divine, ‘la tête’, est unie avec notre Torah et avec notre âme.
Aussi, lorsque nous révélons en nous-même la force de l’essence de notre âme, nous parvenons au niveau de Moché, lequel étudia pendant quarante jours et quarante nuit avec l’Eternel. Nous parvenons ainsi au niveau où ‘la nuit brille comme le jour’. La Torah fait alors Un avec nous-même, qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit, que nous soyons dans une situation obscure, ou que nous soyons dans une situation lumineuse.
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Ls sages ont expliqué au sujet de la lettre ‘Rech’, qu’elle ressemble à la lettre ‘Daleth’. La seule chose qui les différencie est un ‘Youde’. En effet, si l’on ajoute à la lettre ‘Rech’ un petit ‘Youde’ dans son coin arrondi supérieur droit, le ‘Rech’ devient un ‘Daleth’.
Le ‘Youd’ qui est la plus petite lettre de l’alphabet, représente l’humilité, il exprime la soumission, et c’est précisément cette qualité qui est absente dans la lettre ‘Rech’.
C’est pourquoi le ‘Rech’ est la premiere des lettres du mot ’Racha’ (Méchant). Car le Méchant ne se soumet pas à la Volonté du Saint béni soit-Il.
Aussi, les Sages expliquent, que le ’Rech’, qui est aussi la première lettre du mot ‘Roch’: la tête, est une allusion à la ‘tête des klipoth’, c’est à dire ‘la tête des forces du mal’, qui n’est autre que la Séfira de Malkhout (le souffle divin qui crée et maintient en vie toute la Création), lorsque celle-ci est dans un état d’exil.
Mais, selon le principe que chaque chose qui descend très bas (les Klipoth) peut être élevée à un niveau supérieur, la lettre ‘Rech’, première lettre du mot ‘Roch’, fait aussi allusion à la tête, la couronne qui surplomble l’enchaînement des monde: la Séfira de Kéter.
Il est dit que ‘le commencement est ancré dans la fin’ et le commencement du mot ‘Emor, le ‘Aleph’, lorsqu’il illumine la lettre ‘Rech’ (la fin du mot), l’élève au niveau supérieur de Kéter.
Cela s’exprime avec d’autant plus de force, pendant cette période. Nous lisons, en effet, ce Chabbat la Paracha Emor, et à la sortie du Chabbat commence à briller le trente-troisième jour de l’Omer, qui est celui de la lumière de Rabbi Chimon Bar Yo’haï.
De fait, notre attachement au Maître de l’enseignement de la partie profonde de la Torah s’exprime pendant la période du compte de l’Omer, et plus particulièrement en ce jour.
C’est aussi, l’attachement d’un ‘Hassid au Rabbi.
La lettre ‘Aleph’ qui désigne l’Essence divine est aussi une allusion au Rabbi, lequel représente le niveau de ‘Yéchouroun’, l’essence de l’âme d’Israël.
La lettre ‘Mem’, deux fois présente dans le prénom du Rabbi: Ména’hem-Mendel (et deux fois à la première place de chacun des noms) n’est pas sans évoquer les quarante jours et les quarante nuits durant lesquels Moché étudia la Torah avec l’Eternel (allusion aussi à la partie révélée et à la partie profonde de la Torah).
Enfin, la lettre Rech évoque ‘la tête’, ‘Roch béneï Israël’, ‘la tête des enfants d’Israël…La couronne qui surplomble, qui contrôle et guide les actions’ de tous les membres du corps que constitue l’Assemblée de Yéchouroun.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprendrons que notre attachement au Rabbi (Aleph) et à son enseignement (Mem) permettent de transformer notre nature (Rech).
C’est à celà que s’accorde l’enseignement des Sages selon lequel, en prolongeant la lettre ‘Rech’ (le ‘Rech’ du mot ‘Racha’), celui-ci devient la lettre Kaf, laquelle est la première lettre du mot ‘Kéter’: ‘Couronne’.
Rav Yaakov Abergel
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