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Le Rabbi unit les enfants d’Israël avec l’Essence divine, et l’enseignement qu’il délivre dans le Dvar Malkhout, au sujet de la Paracha Behar-Be’houkotaï, en est l’expression véritable.
Le contenu profond de la Paracha Behar évoque la réalité de ce monde matériel, alors que celui de la Paracha Be’houkotaï fait allusion à l’Essence divine.
Aussi, l’union de ces deux Parachiot n’est pas sans exprimer la révélation de l’Essence divine jusque dans les niveaux les plus bas de la Création.
Dans le début du cinquième chapitre des Pirkeï Avot les Sages posent la question suivante: ‘Le monde a été créé par dix paroles. Et pourquoi dix paroles? une seule n’aurait-elle pas suffi?
Au sujet de cette question, le Rabbi rapporte l’enseignement du Ramban selon lequel la matière première du monde, et pas plus, a été créée en une ‘seule parole’, alors que toutes les formes des êtres avec tous leurs détails ont été créés au moyen de ‘dix paroles’.
De fait, le Rabbi nous enseigne qu’une seule parole’ désigne la force, qui n’appartient qu’à D.ieu, de créer l’existence à partir du néant (‘Yèch mi Aïn’), et que les ’dix paroles’ désignent la pluralité qui caractérise le monde.
‘Une seule parole’ met donc l’accent sur le fait que tout provient de D.ieu, et que tout Lui est parfaitement soumis, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi associe cette ‘seule parole’ à la partie de la Torah qui est au-delà de ce monde car elle fait ‘Un’ avec le Créateur.
A l’opposé, les ‘dix paroles’ représentent la Torah telle qu’elle descend dans le monde et s’habille à l’intérieur de celui-ci, dans les 613 Mitsvoth (et cela s’accorde avec le fait que les 613 Mitsvoth correspondent aux 613 membres du corps).
Le Rabbi approfondit le sens d’une ‘seule parole’ et celui de ’dix paroles’.
La Paracha Behar évoque le Mont-Sinaï, et correspond aux ‘dix paroles’. En effet, la montagne exprime l’élévation d’un niveau vers un niveau supérieur, et de ce fait elle n’est pas sans évoquer la pluralité et les différences qui existent dans le monde (ainsi qu’il a été dit au sujet de la partie de la Torah qui s’habille dans le monde matériel).
La Paracha Be’houkotai évoque la ‘seule parole’. Le nom hébreu ’Hakika qui est apparenté au nom Bé’houkotaï, signifie Gravure, comme les lettres que D.ieu grava de ‘Son doigt’ sur les Tables de l’Alliance.
Les lettres de D.ieu sont unies à la matière du lien le plus profond. Une lettre que l’on grave dans la pierre ne fait plus qu’un avec elle. La pierre se fond dans la lettre, et la lettre se fond dans la pierre.
Aussi, les lettres divines gravées dans les tables désignent la partie de la Torah qui est au-delà du monde, et ne fait qu’Un avec le Saint béni soit-Il. C’est pourquoi la Paracha Be’houkotaï fait allusion à l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, et correspond à la ‘seule parole’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que l’union des Parachiot Behar et Be’houkotai exprime l’idée que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler dans ce monde, et en nous-même, (‘les dix paroles’), l’Essence divine (‘une seule parole’), en d’autres termes, faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Révéler la force de l’Essence divine de manière à ce que celle-ci pénètre et ne fasse plus qu’un avec le corps du monde physique et celui de l’homme.
Le Rabbi souligne que la Fête de Pessa’h évoque ‘une seule parole’, car elle célèbre la révélation du Saint béni soit-Il Lui-même au sein du peuple juif, et le compte du Omer qui commence au lendemain de Pessa’h représente ‘les dix paroles’, car il consiste à réparer, à illuminer, et à transformer tous les aspects de l’âme animale. Transformer l’obscurité de ce monde avec tous les détails qui le composent.
Dans cet ordre d’idée, le Rabbi nous explique que la Paracha Bamidbar, laquelle succède aux Parachiot Behar-Be’houkotai et précède le jour de Chavouot, n’est pas sans évoquer les moyens nécessaires pour parvenir à faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine.
‘Bamidbar’ signifie ‘Désert’. Du fait qu’il est inhabitable, le désert représente un endroit qui n’a rien à voir avec l’homme. C’est pourquoi le Rabbi le compare à la partie de la Torah ‘qui n’a rien à voir avec l’homme’, c’est-à-dire la partie de la Torah qui fait “Un’ avec D.ieu, et qui de ce fait est au-delà du monde.
L’enseignement du Rabbi est précieux. C’est par notre soumission la plus totale, symbolisée par ‘le désert que l’on piétine’, que nous aurons le mérite de recevoir la partie de la Torah ‘qui fait Un avec D.ieu’, au point que celle-ci fasse ‘Un’ avec nous-même.
Cette partie de la Torah sera enseignée par le Machia’h, et c’est à son sujet que l’Eternel déclare: ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
Rav Yaakov Abergel
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