Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Houkat, le Rabbi explique la signification profonde du 10 Tamouz 5751, qui tombait cette année-là le jour de Chabbat.
Les jours de la semaine correspondent au cycle du soleil, et les jours du mois correspondent au cycle de la lune. Aussi, le chiffre 10 (le dixième jour du mois de Tamouz), et le chiffre 7 (le septième jour de la semaine) ont tous les deux une signification particulière.
Il existe une différence entre le compte des jours de la semaine, et celui des jours du mois. Le compte des jours de la semaine, qui correspondent au cycle du soleil, ne dépend pas de l’acte de l’homme, car il a été fixé par D.ieu durant les six jours de la Création.
A l’opposé, les jours du mois, qui correspondent au cycle de la lune, sont fixés par l’homme lui-même (par le Beït-din qui fixe la date de Roch-Hodech et des fêtes juives).
Le Rabbi nous enseigne que les jours de la semaine symbolisent la Création du monde par le Saint béni soit-Il, et que les jours du mois symbolisent la nouveauté que l’homme apporte dans la Création. Le mot ‘hodech qui signifie ‘mois’ est apparenté au mot ‘hidouch qui signifie ‘nouveauté’.
En d’autres termes, le chiffre sept représente les 7 attributs divins, par lesquels le monde fut créé, et le chiffre dix représente la nouveauté que l’homme apporte dans le monde, par le fait qu’il y attire la Sagesse divine qui est au-delà du monde et de la Création: les trois attributs divins de Hokhmah, de Binah, et de Daat.
La date du 10 Tamouz 5751 unit le chiffre 7 (Chabbat) au chiffre 10 (le dixième jour du mois), et exprime donc le dévoilement divin, qui est au-delà de ce monde, dans ce monde.
L’union de ces deux chiffres s’exprime également dans la Mitsvah de la vache rouse que nous lisons dans la Paracha de cette semaine: ‘Zot ‘Houkat ha Torah’.
En effet, bien qu’il ne s’agisse que d’une seule Mitsvah, cette Mitsvah inclut en elle-même les deux attitudes qu’un juif doit adopter dans son service divin, ainsi qu’il est écrit (Houkat, 19, 17): ‘On brûlera la vache’ (ratso)…‘et mettra par-dessus de l’eau de source dans un récipient (chov)’.
D’un côté, un juif doit désirer ‘sortir de ce monde’ (ratso) afin de s’unir au Saint béni soit-Il, et d’un autre côté, il doit servir D.ieu précisément dans ce monde (chov).
C’est exactement la différence qui existe entre le niveau du chiffre 7, et celui du chiffre 10.
L’attitude qui consiste à sortir des limites de ce monde, est liée au chiffre 10, du fait qu’il correspond au dévoilement divin qui est au-delà du monde, et l’attitude qui consiste à servir D.ieu dans ce monde est liée au chiffre 7, car ce chiffre représente la perfection du monde créé par D.ieu.
Dans son discours hassidique intitulé: “Nikdachti’ (Likoutey Torah, Emor), L’Admour Hazaken donne l’exemple d’une couronne faîte d’or et de pierres précieuses pour expliquer la valeur de l’étude de la Torah et des Mitsvoth.
Les Mitsvoth sont comme des pierres précieuses. Lorsqu’un juif fait un objet de Mitsvah à partir d’un simple objet profane (par exemple, un morceau de parchemin dont il en fait une Mézouzah), c’est comme faire à partir d’un cailloux une pierre précieuse. Un simple objet dénué de divin est devenu par l’action d’un Juif, le réceptacle de la Volonté supérieure de D.ieu (Ratson ha Elion).
Plus encore, grâce à l’étude la Torah nous apprenons de quelle manière accomplir une Mitsvah. Ainsi, c’est donc par l’étude de la Torah que nous pouvons assembler les pierres précieuses avec notre or, pour en faire une couronne.
Enfin, la prière d’un juif, est le commencement de notre service divin. Par elle, nous couronnons notre Père, notre Roi. Elle est la Volonté de toutes nos volontés, et réprésente notre désir le plus profond, la venue de notre Juste Machia’h.
Le nom de notre Paracha, ‘Houkat’, signifie ‘décret’, et il désigne la Mitsvah de la vache rouse, dont la signification demeure jusqu’à présent secrete, au-delà du monde.
Notre Paracha exprime donc le fait que les commandements de D.ieu doivent être accomplis, d’abord et avant tout, parceque c’est la Volonté du Roi des rois, et cela même si nous n’en comprenons pas le sens.
En nous ordonnant cette Mitsvah, l’Eternel nous a donné l’occasion de Le servir au-delà de notre intellect, et c’est précisément ainsi que nous parviendrons à Le servir véritablement.
Les enseignements de la ‘Hassidout en général, et ceux du Rabbi en particulier, nous permettent aussi d’exprimer notre plus totale soumission, en dévoilant la force de l’essence de notre âme (symbolisée par le chiffre 10 car elle se situe bien au-delà de ce monde, et ne s’habille pas dans le corps), dans les forces révélées de notre âme (symbolisées par le chiffre 7, car elles s’habillent dans le corps).
A l’évidence notre service divin basé sur le don de nous-même suscite le désir de D.ieu de faire briller dans ce monde la lumière et l’éclat infinie de Sa Couronne, avec la venue de notre Juste Machia’h, et la construction du troisième Temple, trés bientôt et de nos jours.
Rav Yaakov Abergel
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