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Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Kora’h, Le Rabbi explique que la grandeur d’un miracle consiste dans le fait qu’une action qui dépasse totalement les voies de la nature puisse s’unir et pénétrer dans la nature.
Par exemple, pour faire cesser les plaintes des enfants d’Israël contre Moché et Aaron, l’Eternel ordonna à Moché de prendre ‘un bâton par maison paternelle’, des princes de chaque tribu d’Israël, et de les déposer devant l’Eternel, dans la tente du témoignage. L’homme choisi par D.ieu serait celui dont le bâton fleurirait.
Le lendemain Moché vint dans la tente du Témoignage et vit que ce fut le bâton d’Aaron qui avait fleuri (Kora’h, 17, 23): “il avait fait sortir une fleur, germer un bourgeon et se développer des amandes.’
Par ce miracle, le choix de l’Eternel apparut aux yeux de toute l’Assemblée d’Israël. L’Eternel choisit Aaron le Cohen et mit fin aux plaintes et aux rébellions.
D’un côté, le bâton d’Aaron fleurit miraculeusement, car ce n’est pas dans la nature des choses qu’un bâton de bois puisse donner naissance à un fruit. D’un autre côté la floraison de l’amande se produisit de manière naturelle (mais en une nuit seulement).
L’Eternel montra ainsi que la prêtrise appartenait naturellement à Aaron, et demeurerait éternellement pour lui et pour sa descendance.
Le miracle du ‘bâton d’Aaron qui avait fleuri’ est lié à chaque juif de l’Assemblée d’Israël, car chacun peut atteindre lui-même le niveau du Cohen gadol, ainsi que l’écrit le Rambam.
Dans notre service divin, nous devons sans cesse unir deux choses. La première, c’est l’acceptation du Joug divin (Kabalat-ol Mal’hout Chamaïm), laquelle est un sujet qui dépasse les voies de la nature, de la raison et de l’intellect. La deuxième chose est le fait d’investir nos propres forces.
L’union de ces deux choses s’exprime dans notre vie par le fait d’agir rapidement, avec une inébranlable détermination (Kabalat-ol), sans considération ni calcul quand il s’agit d’accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il, au moyen de toutes les forces de notre âme. L’acceptation du Joug divin doit pénétrer dans tous nos sens et dans toutes les forces de notre âme.
L’exemple donné par le Rabbi est celui de la de la Parnassa (la subsistance). Un juif doit avoir la émounah (la Foi) que l’Eternel subviendra à tous ses besoins, au-delà de la nature, tout en faisant lui-même tous les efforts nécessaires. Ainsi, de cette façon, ‘L’Eternel ton D.ieu te bénira dans tout ce que tu entreprendras’, le miracle s’habille dans les voies de la nature.
Le Rabbi illustre son enseignement par l’exemple des lettres hébraïques: Dalet et Rech.
Ces deux lettres symbolisent, toutes les deux, la pauvreté, mais une différence les oppose radicalement. Le Rech représente la pauvreté de celui qui ne possède aucune sainteté. A l’opposé, le Dalet représente la pauvreté de celui qui est totalement soumis à la sainteté, et au sujet duquel il est dit: ‘la prière du pauvre (Téfila lé Ani)’ parvient jusque devant le Saint béni soit-Il’.
Aussi, la différence entre ces deux hommes pauvres correspond à la différence des formes de ces deux lettres.
La lettre Dalet est comme la lettre Rech mais avec un Youde en plus, ajouté à l’extémité droite de la partie supérieure du Rech.
La lettre Youde qui est la plus petite de toutes les lettres de l’alphabet hébraïque, représente ‘le point’ de soumission. Le Youde qui est tel un point, peut très bien être comparé à la pupille de l’oeil. De même que la pupille de l’oeil retrécit quand elle est exposée à la lumière du soleil, chaque juif se fait petit (‘retrécit’) lorsque l’Eternel Se dévoile à lui.
Dès-lors, à la lumière de cet exemple, nous comprenons qu’à l’évidence ‘le point de soumission’ est essentiel dans notre service divin, du fait qu’il permet de réaliser l’union entre le divin et nous-même, entre l’esprit et la matière, de la même façon que le miracle s’habille dans les voies de la nature.
Dans le même ordre d’idée, le Rabbi explique que la lettre Dalet fait allusion à la reponse du Machia’h au Baal Chem Tov, quand il lui demanda quand il viendrait, et que Machia’h lui répondit: ‘Je viendrais quand les sources de ton enseignement se répandront à l’extérieur’, ‘Yafoutsou Mayanoté’ha Houtsa’.
Yafoutsou: c’est le ‘point’ de soumission (la lettre Youde qui se trouve à l’extrémité droite de la partie supérieure du Dalet). lequel doit être toujours present, et pénétrer dans toute la réalité d’un juif. De fait, la seule préoccupation de chaque juif est de diffuser la Parole divine, afin que celle-ci pénètre dans la réalite de ce monde.
Mayanoté’ha (‘les sources de ton enseignement’), c’est la partie supérieure du Dalet.
Houtsa (à l’extérieur): jusque dans les niveaux les plus bas et les plus extérieurs; c’est le pied de la lettre Dalet.
Au Rabbi de conclure que lorsqu’un juif accomplit son service divin, sans tenir de comptes, mais au contraire en agissant au-delà de toutes les mesures et de toutes les limites (Yafoutsou), et de manière à ce que ses actions s’habillent dans les vêtements de la nature et du monde, c’est-à-dire sans sortir des limites de l’espace et du temps; mais au contraire, avec et dans ces limites, et en investissant toutes les forces de son âme.
Alors, il parviendra à ce que ces limites se briseront véritablement. La nature et même les peuples du monde, l’aideront dans son service divin, et participeront ainsi à sa mission de faire une demeure pour l’Essence divine, la révélation du Machia’h et la construction du troisième Temple, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel
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