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Parmi les précieux enseignements de la partie profonde de la Torah, le Rabbi désigne d’un doigt de vérité l’importance du talon (ekev), car bien qu’il soit la partie la plus basse et la moins sensible du corps, le talon a un rôle essentiel.
Un homme peut difficilement faire entrer sa tête dans de l’eau bouillante, et il est beaucoup plus facile d’y entrer le talon.
De manière profonde le talon représente la force de messirout néfech (faire don de sa vie), car ‘entrer son corps dans de l’eau bouillante’ signifie plonger, animé d’une inébranlable détermination, au milieu de tous les obstacles, et de les affronter dans le seul but d’accomplir la volonté du Saint béni soit-Il.
Le fait qu’il soit beaucoup plus difficile de faire entrer la tête dans de l’eau bouillante signifie que la tête, qui représente l’intellect, affaiblit la force de messirout néfèch: la volonté d’agir au-delà de l’intellect et de la raison.
Le Rabbi souligne donc que le talon représente le Juif simple, lequel fait don de lui-même grâce à la force du lien véritable de son âme avec D.ieu, la force de l’essence de son âme, dont découle la capacité de faire don de sa propre vie.
A l’opposé chez le Juif érudit, la force d’agir au-delà de la raison est affaiblie par les forces de son intellect. L’intellect freine l’élan, la spontanéité et le désir premier et immédiat de l’âme, de s’élever vers D.ieu et de réaliser Sa volonté sans aucun compte ni calcul.
Aussi, notre génération représente le talon, en comparaison à la génération de Moché qui représente la tête, car elle détient la force de provoquer la venue de notre Juste Machia’h. Le Machia’h ne viendra en effet que par le dévoilement de l’essence de l’âme, dont la force dépasse l’intellect et toutes les forces de l’âme, car elle désigne le point divin de l’âme dont la toute puissance nous permet de penser de parler et d’agir au-delà de toutes les limites que nous impose la matière de ce monde.
Le fait que le talon représente la partie la plus matérielle du corps, est une occasion pour le Rabbi de souligner au sujet de la Paracha Ekev l’importance de purifier le corps.
Le Rabbi nous enseigne que l’on élève les niveaux les plus supérieurs en élevant tout d’abord les niveaux les plus inférieurs. Aussi, c’est en purifiant le corps, le niveau le plus bas, que l’on parvient à élever l’âme. Aussi, du fait que le rôle de l’homme est d’élever toute la Création, D.ieu créa son corps en premier à partir de l’élément le plus bas: la poussière de la terre, et seulement après l’avoir créé, Il lui insuffla une âme.
Mais surtout, le corps, poussière de la terre, est créé par l’Essence divine, et de par ce fait il possède en lui-même la force de la dévoiler.
Ainsi, parmi les 4 règnes: l’Inanimé le Végétal l’Animal et l’Homme, le niveau le plus inférieur: l’Inanimé (le corps de l’homme), est celui qui nous permet d’élever tous les mondes de la Création, jusqu’au dévoilement de l’Essence divine.
Le Machia’h déclara au Baal Chem Tov: ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’. Celà signifie entre autre que la lumiere divine doit atteindre la partie la plus extérieure la plus basse et la plus insensible du corps: le talon, lequel de manière profonde représente l’action concrète.
A l’évidence, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que nos actions soient éclairées par la force de messirout néfèch, c’est-à-dire que nos actions trouvent leur source bien plus haut que la cîme de notre intellect: dans l’essence de notre âme, notre lien le plus profond avec D.ieu, afin que nos actions expriment le désir divin le plus profond, la présence de D.ieu sur terre.
La Hassidout se doit d’atteindre l’extérieur: les endroits les plus lointains, et dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ekev le Rabbi signale l’édition en Braille du livre du Tanya.
L’écriture Braille consiste à imprimer des lettres en relief, pour permettre à celui qui ne voit pas de ses yeux, de toucher avec ses doigts les lettres afin de sentir leur relief et de lire de cette façon le texte imprimé sur la page.
Peut-être, est-il possible d’interpréter d’une autre manière les paroles du Rabbi, selon lesquelles ‘l’écriture Braille permet de toucher les paroles de Torah avec ses doigts’.
‘Toucher’ ou ‘saisir’ signifie de manière profonde que l’on ‘saisit’ un concept. Cette idée que l’on ‘attrappe’ une chose, que notre esprit la saisit de manière véritable, la comprend vraiment.
Par ailleurs, le ‘toucher’ a ceci de particulier qu’il nous permet de ressentir la douceur de la matière d’un objet. Ainsi, de même qu’une personne non-voyante peut voir les mots de la Torah, la pensée du saint béni soit-Il, en ‘touchant’ des lettres en relief imprimées sur du papier, nous pouvons toucher les mots de Torah, et par celà ressentir la douceur infinie de la Parole divine.
Parvenir à toucher les mots divins implique l’importance de purifier notre corps. C’est en le libérant de toute impureté que notre sens du toucher s’affinera jusqu’au plus haut niveau.
D’un côté, la Hassidout enseigne que le talon est la partie la plus insensible du corps, et d’un autre côté la Hassidout nous enseigne que le Machia’h viendra quand les sources de la hassidout atteindront les endroits les plus extérieurs, comme par exemple les personnes qui sont le moins sensibles à la Torah et aux Mitsvoth: ‘le Talon’.
C’est peut-être là le sens profond des Paroles du Rabbi. L’écriture Braille permet aux personnes non-voyantes de voir et de ressentir les Paroles de nos textes sacrés, et nous-mêmes devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, dès-à-présent, en agissant de manière à ce que la Parole du Rabbi atteigne la partie la plus insensible de nous-même, celle-là même qui nous empêche de découvrir la douceur illimitée de la Volonté bénie de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel
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