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pour l'élévation de l'âme du Rav Chmouel ע"ה Azimov
‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour. Il leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout’.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayéra, le Rabbi nous enseigne le sens profond de ces premiers versets de la Paracha.
L’Eternel apparut à Avraham après qu’il ait obéi à l’ordre divin de se circoncire. Ainsi, ‘L’Eternel lui apparut’ représente donc le dévoilement de ‘la deuxième âme d’Israël’, ‘Hélek Eloka Mimaal Mamach’, dans le corps. Le dévoilement de l’âme divine a lieu au moment de la circoncision, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne qu’il n’est pas écrit ‘l’Eternel apparut à Avraham’, mais qu’il est écrit: ‘qu’Il lui apparut’. Le mot ‘lui’ ne désigne pas une seule personne, il vient inclure l’ensemble des enfants d’Israël, lesquels reçoivent ‘une parcelle de divinité d’En-Haut’, le huitième jour qui succède à leur venue au monde, au moment de la circoncision. L’Alliance avec l’Eternel s’inscrit alors dans la profondeur de leur chair, comme un signe gravé dans l’âme et dans le cœur.
Le Rabbi explique au sujet de la Paracha Le-h-Le’ha, qui précède notre Paracha, que la Volonté de D.ieu se fondait en celle d’Avraham, au point d’atteindre ses talons. En effet, les talons représentent la partie la plus inférieure et la plus insensible du corps. Tous les membres du corps d’Avraham étaient totalement soumis à la Volonté du Saint béni soit-Il, même ses talons, qui représentent l’impulsion de s’élancer vers un but, l’impulsion de l’Action, ressentaient le profond désir d’accomplir Sa Volonté. Les talons sont la partie la plus grossière du corps, la moins sensible, et de manière profonde cela signifie que la volonté d’agir pour le bien se heurte à la grossièreté du mauvais penchant et de l’âme animale qui poussent continuellement l’homme vers les plaisirs grossiers et dépourvus de spiritualité.
C’est à celà que se rapporte la déclaration du Rabbi selon laquelle, la Volonté de D.ieu pénétrait dans les talons d’Avraham, car rien ne pouvait séparer la Volonté de D.ieu à celle d’Avraham. Avraham ne possédait pas une âme animale grossière, la matière de son corps était raffinée.
Cette union de la matière et de l’esprit divin s’exprime donc véritablement dans l’acte de la Circoncision. C’est par le fait que la Circoncision touche la chair de l’homme, qu’elle exprime le mieux la Volonté de l’Eternel d’avoir une demeure ici-bas. Le corps de l’homme doit être lui-même une demeure pour l’Eternel.
Aussi, le Rabbi explique que le dévoilement de l’Essence divine dans le corps est allusionné dans le verset : ‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour’.
‘La chaleur du jour’ est en effet une allusion au dévoilement de l’Essence divine. Elle n’est autre que la révélation de la puissance infinie de la lumière de l’Essence divine, allusionnée par le Nom divin d’Havayéh, ainsi qu’il est dit (Tanya, Chaar HaHi’houde VéHaEmounah, début du chapitre 4): ‘Il est écrit (Téhilim, 84, 12): ‘Car Havayéh Elokime est un soleil et un bouclier’.
L’explication est la suivante: ‘Bouclier’ est une couverture pour le soleil, qui protège les créatures afin qu’elles puissent supporter sa chaleur. Comme les Sages disent: ‘Dans les temps futurs D.ieu fera sortir le soleil de sa gaine et les méchants seront punis par lui’. De même que cette gaine recouvre (masque) le soleil, ainsi le Nom d’Elokim recouvre le Nom d’Havayéh’.
Ainsi, le verset décrivant Avraham, ‘alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour’ signifie que le Nom d’Havayéh (l’Essence divine) sortit de son étui et lui apparut dans toute sa force.
Par ailleurs il est écrit qu’Avraham ‘était assis à l’entrée de la tente’, et Rachi explique qu’Avraham se tenait à l’extérieur ‘Pour voir s’il y avait des passants qu’il ferait entrer dans sa maison’. Il est possible de donner l’explication suivante du verset.
L’admour Haemtsaeï explique que l’essence de l’âme d’un Juif ne s’habille pas dans le corps, et réside sans les 4 coudées qui l’entourent, sur la poussière de la terre sur laquelle il se tient.
Or l’Admour Hazaken, dans l’un de ses discours hassidiques, compare l’âme de l’homme à une ‘tente’, et à la lumière de cette comparaison, il est possible de dire que ce verset décrivant Avraham ‘assis à l’entrée de la tente’, évoque l’Essence divine de l’âme d’Avraham, laquelle se trouve ‘à l’extérieur de la tente’, c’est-à-dire ‘autour de l’âme’ d’Avraham, dans les 4 coudées qui l’entourent.
Le commentaire de Rachi selon lequel Avraham se tenait à l’extérieur ’Pour voir s’il y avait des passants qu’il ferait entrer dans sa maison’ confirme cette idée. En effet, le verset dit qu’Avraham ‘leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout…’.
Ces trois hommes représentent l’essence des 3 attributs divins de Hokhmah Binah et Daat, et la maison d’Avraham est une allusion â la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Aussi, la déclaration de Rachi selon laquelle Avraham était assis à l’entrée de la tente ’Pour voir s’il y avait des passants qu’il ferait entrer dans sa maison’, évoque l’enseignement du Rabbi (Dvar Mal’hout, Le’h-Le’ha) selon lequel dans les temps messianiques, l’Eternel révèlera Sa Torah nouvelle, et nous recevrons enfin les trois parties de la terre d’Israël qui nous manquent à présent, Kini Knizi et Kadmoni.
Ces trois terres correspondent aux trois forces de l’intellect que sont ‘Hokmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’. ‘Avraham était assis à l’entrée de la tente, pour voir s’il y avait des passants qu’il ferait entrer dans sa maison’ exprime la révélation de l'essence des trois forces de ‘Habad ('les trois passants' qui se tiennent à l'extérieur de la tente) à l'intérieur de la ‘maison d’Avraham’ (la partie de l’âme qui s’habille dans le corps d'Avraham).
A l’évidence, c’est par notre attachement et notre soumission au Rabbi que nous parviendrons à ce dévoilement. Le verset dit qu’Avraham ‘leva les yeux’ et ‘vit les trois hommes qui se tenaient debout, et nous comprenons que s’il ‘leva les yeux’ celà signifie qu’il avait la tête baissée.
Cela nous apprend que c’est par l’humilité et la soumission la plus totale que nous aurons le mérite de voir le dévoilement de D.ieu, lors de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours, ainsi qu’il est dit (Isaïe, 40, 5): ‘Et la gloire de l’Eternel sera revélée, et toute chair la verra’.
Rav Yaakov Abergel
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