|

Après le long exil d'Egypte décrit dans la parachath Chémoth, la Thora nous relate, cette semaine, le début de la délivrance avec notamment les premières plaies qui frappèrent ce pays. A ce propos, le Séfath Emeth (1) nous explique que la délivrance finale avec Machia'h présente de nombreux points communs avec celle que connurent les enfants d'Israël en Egypte. Cette similitude sera l'occasion pour nous de comprendre quelques données essentielles sur ce thème et en particulier sur celui des faux messies.
L'une des données marquantes de la sortie d'Egypte, c'est le fait qu'elle s'étale dans le temps. Ce n'est pas un événement ponctuel qui marque subitement l'histoire. Bien évidemment, elle a une date, mais ce moment, le 15 Nissane, n'est que l'aboutissement d'un long processus marqué par les dix plaies, les rencontres tendues entre Moché et Pharaon et la souffrance des enfants d'Israël. Tous les faux messies, et en particulier Chabtaï Tsvi, étaient des individus isolés dans l'histoire qui ne furent l'issue d'aucune dynamique dans le temps. A la différence des faux messies, Moché et le Machia'h sont des hommes qui concluent un long travail dans l'histoire et ce n'est pas pour rien que nos Maîtres (2) comparent la délivrance à un accouchement.
Eduquer le peuple
Cette idée nous permettra de comprendre pourquoi notre paracha est interrompue par la généalogie de Moché et de son frère Aarone. Durant les douze premiers versets de la paracha D.ieu annonce à Moché qu'Il va délivrer Son peuple et qu'Il le nomme pour organiser et diriger cette délivrance. Puis, subitement, le texte change de sujet pour nous donner la filiation de ces deux frères. Par cette coupure, la Thora veut nous enseigner que la délivrance d'Egypte n'est pas le fait d'un individu isolé. Moché est le fils, le petit fils et l'arrière petit fils d'hommes qui par leur sainteté en exil ont édifié la délivrance. Chabtaï Tsvi, lui, ne se réclama de personne si ce n'est que de lui même. De ce fait, il ne put prétendre à rien car la délivrance est avant tout une délivrance collective dans le temps. Pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi la délivrance est-elle un processus marquée par la durée ? On peut donner la raison suivante : Les deux délivrances (celle de Moché et celle de Machia'h) sont marquées par le thème de la Téchouva, le repentir. Il faut laisser du temps au peuple pour qu'il prenne conscience de l'urgence de la Téchouva, qui doit amener chacun à se préparer. Avant la sortie d'Egypte, les plaies qui s'étalèrent sur un an, eurent pour but d'éduquer le peuple. Les prodigieux miracles qui accompagnaient chaque plaie incitèrent les enfants d'Israël à se préparer spirituellement à la délivrance.
L'euro gagnant
C'est la raison pour laquelle notre paracha porte le nom de "Vaéra" qui signifie "Je suis apparu". Dans ce mot on retrouve l'idée de vision parce que le peuple devait "voir" la grandeur de D.ieu au travers du déroulement de la délivrance d'Egypte afin de se préparer. Il en est de même aujourd'hui quand le Rabbi, nous annonce l'imminence de la venue du Machia'h. Il suffit de "voir" autour de nous pour comprendre que tout se prépare pour l'avènement de la gloire de D.ieu dans le monde. Depuis déjà quelque temps, l'Euro est devenue la monnaie commune pour plus de 400 millions d'Européens. Sans entrer dans la polémique du bien fondé de ce changement, nous pouvons constater un fait positif : nous avons fait un pas de plus vers l'unité des hommes. Par ce biais, l'humanité se prépare un peu plus à accepter le concept d'unité divine (D.ieu est Un) que le Machia'h dévoilera. Le Talmud affirme, en effet, qu'il est un usage de goûter les plats du chabbath avant chabbath : avant l'ère messianique, on goûte les idées qui prévaudront durant l'ère messianique.
Touaty Gérard
Notes
(1) Premier Rabbi de la dynastie hassidique de Gour (1847-1903) (2) En se fondant sur le traité talmudique Niddah
|