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Par Gérard Touaty
L’idée selon laquelle la délivrance se produit en trois étapes, nous amène à rapporter un principe déterminant pour comprendre la notion même de délivrance, expliqué là aussi par le Séfath Emeth dans son commentaire sur le Talmud : « C’est une chose évidente, écrit-il que la venue du Machia’h est une chose et que la délivrance en est une autre car nous voyons que Moché rabbénou est venu en Egypte avant la délivrance…et qu’il en sera de même pour le dernier libérateur ». Cette explication, bien évidemment donne un nouvel éclairage aux propos du Rabbi qui a affirmé, lors du chabbath Vayéra en 1992, que le Machia’h était déjà présent au sein de l’exil et qu’il agissait dans le sens de la délivrance
: « …nous nous tenons tous prêts pour accueillir notre Juste Machia’h car de nos jours tous les empêchements et les obstacles ont été annulés. Ce qui signifie que non seulement existe aujourd’hui la personne de Machia’h mais son dévoilement est aussi une réalité. De ce fait, il ne nous reste plus, concrètement, qu’à l’accueillir ». Mais le chabbath suivant, le Rabbi allait encore plus loin quand il déclara que « …nous voyons concrètement que s’accomplissent (actuellement) les guerres de D.ieu (mentionnées par le Rambam) et que le Machia’h a déjà triomphé dans plusieurs sujets et précisément sur un mode de paix… ». En fait, il n’y a là qu’une confirmation des paroles du Rambam qui décrit lui aussi l’avènement du Machia’h et son travail dans le monde, bien avant que ne s’accomplisse la délivrance. « Et s’il se lève un roi de la lignée de David, érudit dans l’étude de la Thora, occupé aux commandements comme David son aïeul, selon les préceptes de la Loi écrite et de la Loi orale, qui contraigne tout Israël à en suivre les chemins et à en consolider les brèches, et qui mène les guerres de D.ieu, on présume qu'il est le Machia'h… » Rapportons, pour conclure, ces mots d’inspiration hassidique, qui vont dans le même sens : « Avant que ne vienne Machia’h, explique Rabbi Ména’hem Mendel de Kotzk, il annoncera qui il est et qu’il se prépare à délivrer le peuple juif. Comment savoir, a priori, qu’il s’agira du véritable Machia’h ? Chacun peut dire « Ana malka Méchi’ha ! » (Je suis le roi Messie). La réponse est la suivante : quand on verra chez cet homme qu’il proclamera cette annonce avec un désir très fort de la délivrance, on saura alors que c’est lui ».
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