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Par Gérard Touaty
Le retrait du monde du Machia’h n’est pas une circonstance accidentelle de l’histoire. Il est attesté par de nombreux textes de la tradition juive qui en font un passage obligé vers la délivrance. On en trouve une première allusion dans la parachath Chémoth, qui nous relate les premiers balbutiements de la délivrance d’Egypte avec Moché, qualifié de premier libérateur. Les commentateurs expliquent, à son propos, qu’il est, en quelque sorte, le modèle du Machia’h qui connaîtra lui aussi un processus de libération identique au sien. Il est, en effet, qualifié de « premier libérateur » en rapport au Machia’h qui sera le « dernier libérateur ».
Dans un premier temps, Moché se présente au peuple comme celui qui est délégué par D.ieu pour le délivrer de l’esclavage d’Egypte. A la suite de cela, le Midrach fait état d’une disparition de Moché qui s’exile dans le pays de Midiane et même dans d’autres contrées pour, à la suite de cette absence, réapparaître et organiser la délivrance. Il en est de même pour le Rabbi qui proclame officiellement, à de nombreuses reprises, que le Machia’h a déjà été nommé par D.ieu, qu’il s’appelle Ména’hem, qu’il est une personne physique qui agit en tant que tel dans le monde et qu’il possède de plus, la qualité de prophète (1). Il ne fait aucun doute que le Rabbi parle de lui mais par humilité, il évoque son statut à la troisième personne. Puis à l’instar de Moché, il se met de côté pour laisser au peuple juif le mérite de provoquer la délivrance par ses cris et ses plaintes. Très bientôt, il sera physiquement visible parmi nous pour achever la délivrance. Ce processus de révélation en trois étapes trouve un appui dans le Midrach qui affirme que le dernier libérateur (Machia’h) suit la même voie que le premier libérateur (Moché) : révélation au peuple, puis absence, pour au final, se révéler à nouveau afin d’amener la libération finale. A ce propos, le Séfath Emeth (2), citant un Midrach selon lequel Moché se voila durant six mois, ajoute ce point : lorsque Moché se cacha six mois, ce fut alors une grande épreuve. Il en sera de même pour notre Juste Machia’h qui se dissimulera après sa (première) révélation, situation qui sera vécue alors comme une épreuve.
Notes
(1) Toutes ces indications sont rapportés et commentés dans notre ouvrage « De l’exil à la délivrance », au second chapitre
(2) L’un des Rabbis de la dynastie hassidique de Gour (1847-1905)
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