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Par Gérard Touaty
Il est une tradition, durant les trois semaines qui séparent le 17 Tamouz du 9 Av, d’étudier les lois relatives au Temple afin de faire renaître en nous le désir de voir le troisième Temple reconstruit. C’est ce que nous ferons aujourd’hui, en espérant voir se réaliser concrètement le vœu le plus cher qui anime toutes les générations depuis le début de cet exil, il y a près de 2000 ans.
Deux Temples furent construits puis détruits à Yérouchalaïm au cours de notre histoire. Se fondant sur un verset biblique qui affirme que « La gloire de cette dernière maison sera plus grande que celle de la première », le Talmud (1) nous explique que le second Temple était plus important que le premier, à la fois en taille et en années. Le second Temple était, en effet, plus haut que le premier et dura plus longtemps que lui (410 ans pour le premier et 420 ans pour le second).
Pourtant cette distinction est étonnante. Comment peut-on mettre en valeur le second Temple par rapport au premier quand un autre texte du Talmud nous apprend que cinq éléments importants du premier Temple étaient absents dans le second Temple ! (2).Dans ce dernier édifice, il manquait l’Arche sainte, le feu qui descendait du Ciel sur l’Autel, la Présence divine, l’esprit de sainteté des Prophètes et le nom divin qui aurait dû se trouver dans le Pectoral du Grand prêtre ! Force est donc d’admettre que malgré l’absence de ces cinq éléments, le second Temple était plus grand que le premier, sa (plus longue) durée et sa (plus grande) taille, n’étant que l’expression de sa supériorité spirituelle.
Par ses propres forces
Pour comprendre cette qualité spécifique, nous devons garder à l’esprit le fait que les deux Temples symbolisent deux types de service de D.ieu : celui du Tsaddik (le Juste) et celui du repenti (le Baal Téchouva). Qu’est ce qu’un Tsaddik ? C’est un homme arrivé au sommet de la perfection (humaine) dont chaque parcelle de son corps est devenu le réceptacle d’une lumière puissante qui vient d’En haut. Qu’est ce qu’un Baal téchouva ? C’est un homme qui s’est éloigné de D.ieu et de Ses commandements et qui à présent, revient sur la voie de la vérité. Ce retour n’est pas accompli sur l’ordre de D.ieu, bien évidemment. Il vient de lui-même. A partir de là, demandent les Maîtres du Talmud, qui est le plus grand ? Le Juste ou le repenti ? Du point de vue de la lumière, c’est le Juste, puisque son être a permis la révélation d’une immense lumière divine. Mais quand on évoque la valeur humaine, le Baal Téchouva est plus grand parce qu’il fait le choix du Bien par lui-même, par ses propres forces et non par une aide du Ciel.
La sincérité du retour
A présent, il nous sera possible de déceler la valeur intrinsèque de chaque Temple et plus particulièrement du second. Le premier était, quelque part, l’achèvement de la sortie d’Egypte, près de cinq siècles plus tard, puisque le Temple était l’aboutissement du projet de cette délivrance : installer D.ieu dans le monde. La lumière d’En haut s’installa dans le Temple. Comme pour le Tsaddik, la lumière divine pénétra dans cet édifice. Le second Temple s’inscrivait lui, dans une autre perspective. Il fut construit par des hommes qui revenaient de l’exil de Babylone. Babylone, un lieu où le peuple juif fut exilé à cause de ses fautes et qui maintenant revenait sur sa terre. Comme le Baal Téchouva qui après avoir fauté, revient à de meilleurs sentiments. Et c’est cette option que choisira le Talmud quand il affirmera que le second Temple était plus grand que le premier car il traduit un effort de l’homme pour s’élever vers D.ieu, une démarche qui exprime la recherche sincère de la proximité avec le Créateur.
Notes
(1) Traité Baba batra, p.3a, à propos d’un verset du Livre du prophète ’Hagaï (2) Traité Yoma, p.21b
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