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Mar'hechvan : les jours ordinaires par le Rav Adin Steinsaltz
Magazine - Judaisme
Lundi, 12 Octobre 2015 11:33

 

 

 

Nous vivons, la plupart du temps, d’un jour spécial du calendrier à l’autre ; nous immergeons notre être au sein d’un événement particulier et puis, bien souvent, nous passons notre vie à attendre le suivant. Or, l’année se compose aussi d’un bon nombre de jours « séculiers », de périodes entières qui ne comportent rien d’extraordinaire, dans un sens ni positif ni négatif. Le mois de Mar’hechvan, seul mois de l’année juive qui ne comporte aucune fête ou commémoration, en est l’expression. À ce propos, le Talmud85 rapporte une citation du livre de Ben Sira : « Tous les jours d’un pauvre sont aussi malheureux les uns que les autres. » Pour s’interroger alors : « N’y a-t-il donc pas les Chabbat et les jours de fête [qui viennent compenser] ? » Et la réponse suivante est proposée : « Les changements d’habitude causent des maux de ventre. » Il en ressort qu’un indigent demeure toujours à plaindre. Dans la semaine, il ne mange presque rien ; le Chabbat et les jours de fête, a priori, il mange un peu plus et un peu mieux, mais le fait de passer à une nourriture différente lui donne des coliques ! Or l’indigence ne concerne pas le seul domaine matériel, il existe aussi des gens spirituellement pauvres qui risquent de se heurter au même genre de problèmes. Leur semaine se déroule sans qu’ils ne connaissent jamais une quelconque élévation spirituelle. Et même si le Chabbat ou les jours de fête apportent a priori avec eux un minimum de cette élévation, « les changements d’habitudes leur causent des maux de ventre » ; c’est pourquoi la détresse ne les abandonne pas, car ces jours qui devraient les hisser au dessus de la routine mettent en évidence le vide marquant leur vie tout au long de la semaine.

 

Un autre regard

 

Il s’avère que l’être humain peut supporter les souffrances, les maladies et la douleur, voire les états de dépression à condition que ceux-là demeurent plus ou moins stables. Il est bien plus difficile de résister aux secousses, lorsque l’on sort des sentiers habituels. Le corps dispose de moyens de défense qui lui permettent de passer d’un extrême à l’autre ; il semble que l’âme soit bien moins en mesure de se protéger devant de tels changements. C’est pourquoi de nombreux individus n’ont aucun problème à supporter la tension du mois de Tichri, car cette dernière fait partie du paysage de cette époque. On y court d’une mitsva à l’autre, de Roch Hachana à Kippour et de Souccot à Sim’hat Torah. C’est plutôt l’interruption d’un tel rythme qui est parfois source de problèmes. D’un autre côté, il semble que moins on a de vacances et mieux on étudie… Les jours qui précèdent et ceux qui suivent les vacances ne sont-ils pas bien souvent des jours perdus ? Or le contraire semble vrai : plus on se repose et plus on devrait s’emplir de courage. Cependant, en général, on revient précisément fatigué de vacances car le changement de rythme entraîne un certain affaiblissement.

 

De ce point de vue, les jours ordinaires présentent un avantage. De telles périodes facilitent la construction d’un mode de vie où l’on progresse graduellement, pas après pas. Le problème néanmoins, c’est que l’on ne dispose plus de moyens pour porter un regard critique sur notre quotidien et les habitudes qui s’y installent. Le cycle monotone des jours qui suivent et se ressemblent ne nous permet pas de savoir si le Chabbat a vraiment un impact sur la semaine et si les jours de fêtes influent en quoi que ce soit sur notre année. En d’autres termes, le Chabbat et les jours de fêtes ne fournissent pas seulement l’occasion de nous élever, ils sont aussi là pour rompre le cours du temps et nous aider à mieux comprendre et ressentir ce qui nous fait défaut. En vérité, ce problème se retrouve à propos de la pratique religieuse en général et dans d’autres sphères de la vie. Ce que nous faisons peut se diviser en deux catégories : d’une part, le domaine du nouveau et de l’extraordinaire et d’autre part celui de la régularité et de l’habitude.

 

Le premier entraîne de fortes impressions et réactions alors que le deuxième s’accompagne de sentiments plus modérés, noyés dans la routine du quotidien. La vie ne se confine jamais à un seul champ en particulier. La structure intime de notre être ne nous permet pas de vivre dans un état permanent d’exaltation. Et lorsqu’un déluge d’émotions fortes nous assaille au point de surpasser notre faculté à les absorber, nous en venons à perdre notre sensibilité. À l’opposé cependant, une vie entièrement fondée sur des sentiers battus finira tout autant par émousser nos sens.

 

C’est pourquoi il nous faut bâtir une relation différente vis-à-vis de notre « train-train » journalier ; la routine doit en constituer l’arrière-fond silencieux et ordonné permettant de mieux faire ressortir d’autres détails ou occurrences extraordinaires qui viennent s’y ajouter et l’enrichir. Dans le domaine religieux, cet arrière-fond se voit alimenté par le modèle régulier de la pratique des mitsvot, par les textes arrêtés de la liturgie et le cycle routinier des prières, qui octroie à notre vie la qualité d’un rythme régulier, marquant ensemble actions et sentiments. Néanmoins, une place demeure pour l’innovation et l’émotion. L’ « institutionnalisation » qu’engendre une vie cyclique et routinière fournit la base stable et solide sur laquelle l’on peut construire des expériences plus élevées, bien que plus fragiles. Celui qui recherche l’innovation permanente et à tout prix renonce à la possibilité d’intérioriser ou d’intégrer les évènements ou les choses ; il risque alors de ne jamais établir une relation intime avec eux. Le caractère permanent et ordinaire de la vie permet de mesurer chaque fois de nouveau la valeur de ce que l’on croit déjà bien connaître. Ainsi évite-t-on de se laisser éblouir par la superficialité des événements et par leur éclair instantané ; on parvient à porter un regard plus profond et entier sur l’existence. Nos Sages ne nous ont-ils pas recommandé de voir les commandements de la Torah chaque jour d’un œil neuf ? En d’autres termes, ce qu’ils nous demandent, c’est d’entreprendre l’effort permanent et conscient de découvrir le nouveau qui se cache dans l’ancien, voire dans la routine.

 

Les pièges de l’habitude

 

Selon le Talmud, si « quelqu’un enfreint une interdiction puis récidive, il obtient la permission de continuer à la transgresser ». La Guémara pose alors la question : « Faut-il en déduire qu’il en obtient vraiment la permission ? » Et de répondre : « Non, c’est seulement ainsi qu’on doit comprendre : cette interdiction se transforme pour lui en autorisation. » Mais il se peut fort bien que, dans un même ordre d’idées, une personne accomplisse une mitsva de manière répétée et mécanique et que cette mitsva devienne pour lui non seulement « permise » mais qu’elle prenne le caractère d’une pratique profane et sans grande signification… Le verset : « Et les enfants d’Israël marchaient à pied sec [sur la terre sèche] au milieu de la mer » appelle une question. Certes, le fait que les Hébreux marchèrent au milieu de la mer représente une louange inhabituelle mais pourquoi faut-il pareillement souligner qu’ils marchèrent sur la terre sèche ? Sans doute parce que, lorsqu’on marche à pied sec toute la journée, on finit par ne plus ressentir le caractère original de ce simple fait de la vie quotidienne. Quand donc peut-on y percevoir une forme de miracle ? Seulement, semble-til, « lorsqu’on marche à pied sec au milieu de la mer ». Dès qu’on est capable de porter un autre regard sur l’existence, même l’ancien se revêtit de nouveau et cesse d’être banal.

 

L’être humain est fort capable d’enfermer le particulier dans un cadre. Le Chabbat risque de s’incarner à ses yeux comme tout autre jour, en dehors du fait qu’il est le dernier de la semaine. Il en est de même pour les fêtes qui deviennent alors une suite de simples événements se répétant d’année en année. Tel fut le cas par exemple de la manne dont les Hébreux jouirent pendant quarante ans dans le désert. Le premier et le deuxième jour, nul doute que tout le monde était stupéfié ; et puis au fur et à mesure du temps, l’enthousiasme s’estompa jusqu’à ce qu’après une certaine période, la routine s’installât : tout le monde savait que la manne allait tomber du ciel selon la quantité exacte qui avait été prescrite pour chacun. Tout comme à une certaine époque, les gens se rendaient au magasin avec un ticket leur permettant de recevoir leur ration alimentaire quotidienne ; pour eux, la chose était naturelle et il n’y avait là aucune nouveauté ni aucune raison de s’émouvoir.

 

C’est que tout miracle qui revient sans arrêt sur lui-même finit par ne plus être perçu en tant que tel. On retrouve le même phénomène dans le corps humain. Ce dernier ne ressent que les changements drastiques. On a pu ainsi procéder à un essai, fort heureusement non pas sur l’homme mais sur une grenouille. On plaça cette dernière dans un grand vase d’eau qu’on réchauffa très lentement. La grenouille demeura dans le récipient sans en bouger, même lorsque la température atteint le seuil d’ébullition. L’augmentation de température se produisit si lentement et si progressivement qu’elle ne ressentit absolument rien. À bien des égards, nous possédons la même caractéristique. Nous nous habituons facilement à des petits changements, le froid, le chaud ou les événements. Et une fois que nous sommes accoutumés, plus rien ne peut nous arriver. Le même danger nous guette à propos du cycle régulier des fêtes de l’année et nous risquons de finir par ressembler à ce touriste légendaire venu visiter le Mur Occidental de Jérusalem. Lorsqu’on lui demanda de décrire son expérience, il répondit : « Le Mur Occidental de Jérusalem ? C’est un mur comme tous les autres murs occidentaux de par le monde ! »

 

Rompre la routine

 

Le Talmud présente un débat intéressant à propos de l’explication du verset biblique : « De nouveau alors vous verrez la différence du juste au méchant, du serviteur de Dieu à celui qui ne l’aura pas servi ». Bar Hé Hé dit à Hillel : « Comment expliquer un tel verset ? [N’y a-t-il pas ici une répétition ?] Le juste est aussi un serviteur de Dieu et le méchant ne Le sert pas ! [Et Hillel d’expliquer] : « Le serviteur de Dieu » autant que « celui qui n’aura pas servi » sont tous deux des justes parfaits. Cela dit, il existe une différence entre celui qui étudie un passage de la Torah cent fois et celui qui l’étudie cent une fois. Bar Hé Hé lui demanda alors : « Et à cause d’une seule fois [en moins], la personne ne peut-elle donc déjà plus être appelée ‘serviteur de Dieu’ ? ». Hillel lui répondit : « Va et apprend cela de l’exemple du marché des âniers qui louent leur service pour un zouz lorsqu’ils doivent parcourir dix parsa et pour deux zouz lorsqu’ils doivent franchir onze parsa, car cela dépasse leur habitude. » Certes, peu de gens étudient cent fois le même passage ; pourtant, ceux-là mêmes qui le font demeurent au sein d’un certain cadre limité dont ils se satisfont, dès lors qu’ils entrent dans leur propre routine. Apprendre pour la cent-unième fois, c’est briser cette limite ; un tel pas est important non pas tellement pour la fois en plus qu’il constitue mais surtout parce qu’il signifie qu’on s’interdit de s’enfermer dans une quelconque habitude. C’est dans ce sens que selon le Traité des Principes, « la récompense dépend de l’effort », et non pas de l’acte lui-même.

 

Même une vie profane peut être ponctuée d’arrêts venant rompre le cycle quotidien. Par exemple, lorsqu’en plein milieu de ses activités professionnelles, durant l’après midi, une personne se souvient brusquement de son obligation de prier Min’ha. C’est alors qu’elle se secoue, s’interrompt et se déconnecte de tout pour se plonger dans la prière et peut-être y connaître un moment de réveil spirituel. Le Baal Chem Tov décrit l’émoi de l’ensemble des Cieux lorsqu’un homme ayant l’esprit occupé à ses affaires passe devant une synagogue, puis s’y précipite pour rejoindre les fidèles récitant la kédoucha, se souvenant alors qu’il n’a pas encore prié. Cet arrêt, cet instant de rupture est en soi d’une très grande valeur. Tout cela est vrai pour celui qui passe près de la maison d’études. Mais qu’en est-il de celui qui la fréquente régulièrement ? A-t-il encore un regard extérieur lui permettant de se secouer de temps en temps ? Est-il encore capable de se réveiller au sein de ce cadre parfaitement routinier, avec des heures bien arrêtées pour les prières du matin, de l’après midi et du soir ? Nos Sages affirment qu’ « un seul regret dans le cœur de l’homme vaut bien mieux que plusieurs coups qui lui sont portés de l’extérieur ». Le plus important en effet n’est pas de se frapper la poitrine comme il est de coutume quand on prononce le vidouï (la confession) dans la prière journalière. Encore faut-il que notre propre cœur nous inflige des coups de l’intérieur lorsque nous pensons à chacune de nos fautes.

 

Honte ou culpabilité

 

Selon les anthropologues, il existe deux types de cultures, celles de la honte et celles de la culpabilité. Ainsi, au sein des premières, la vie de l’homme se concentre autour du regard d’autrui : toute personne commettant un méfait au vu des autres n’a qu’un seul recours : se suicider. Le Proche-Orient comme l’Extrême-Orient sont tissées de cultures où la notion de remords n’a peut-être pas grand cours mais où l’honneur perdu est une situation insupportable : au Japon par exemple, les gens sont dès lors prêts à se donner la mort. Dans le deuxième type de culture, celle de la culpabilité, l’accent n’est pas sur ce qui est le plus honorable mais sur ce que la personne ressent à propos de ce qui est arrivé. Le judaïsme, même s’il attache une certaine valeur à ce qui se pense et se dit autour, ne souligne pas moins l’important, à savoir ce qui provient de l’intérieur de l’homme. Tout ce que ce dernier peut construire à partir de l’extérieur n’est souvent qu’illusion et fantasme. Quelqu’un peut résider dans une serre toute chaude ou dans une bonbonnière, et se persuader ainsi qu’il est un juste parfait. Mais la véritable question est de savoir ce qui se passe quand il en sort. Le Rabbi de Kobrin se plaisait à chanter : « Malakh, Malakh, femme et enfants tu n’as point, soucis de gagne-pain te sont inconnus, des malheurs tu ne subis jamais et c’est bien pour cela que tu es un malakh. Descend donc vers nous, dans ce bas monde, marie-toi, engendre des enfants, travaille et sois accablé de malheurs, nous verrons bien si tu restes un malakh ! »

 

L’être humain est donc bien obligé de se bâtir de l’intérieur et non de l’extérieur afin qu’un changement en lui puisse s’opérer même au sein du quotidien et de la routine bien établie des jours ordinaires. Le problème, c’est que lorsqu’on mène une vie par trop mécanique, les éclairs deviennent plus rares et il est plus difficile de s’élever. La tentation est grande de ne faire rien d’autre que s’acquitter de ses devoirs. C’est sans doute dans ce sens que le Talmud remarque : « Qui donc accomplit la mitsva de tsédaka, de bienfaisance, ‘à toute heure’ ? Celui qui nourrit sa femme et ses enfants. » Dans la mesure où ils vivent sous sa dépendance, il est évident qu’il réalise cette mitsva en permanence. Cependant, certains ont éloquemment interprété l’ordre divin transmis par Moïse à son frère, le grand prêtre Aaron, « Signifie à Aaron, ton frère, qu’Il ne peut entrer à toute heure dans le sanctuaire » de la manière suivante : avec cet « à toute heure », avec une telle façon d’accomplir la mitsva de tsédaka que mentionne le Talmud, on ne peut prétendre accéder au sanctuaire. On s’acquitte peut-être ainsi de son devoir, mais parvenir à la sainteté exige bien plus.

 

Certes, quiconque s’efforce de remplir ses obligations non seulement ne cause aucun tort à autrui mais mérite le titre d’une personne respectable, en soi, un grand compliment. Mais cela ne suffit pas pour avoir le droit d’entrée au sanctuaire, un droit d’entrée qui s’accompagne d’autres exigences ; ces dernières ne peuvent venir de l’extérieur au risque d’être bien vite oubliées. La routine écrase tout sur son passage, à l’exception de ce qui se construit à partir de l’intérieur ; un tel travail au tréfonds de son être est seul de nature à perdurer.

 

La chance que nous offre la routine

 

Par conséquent, les fêtes nous fournissent des repères de changements et des occasions de nous élever. Mais les périodes plus « plates » ont aussi leur bon côté. Ces jours où il ne se passe rien de particulier constituent, au fond, un temps d’épreuve : est-ce que nous avons nous-mêmes fait quelque chose de notre propre existence ou est-ce que tout ce qui nous arrive vient uniquement du dehors ? Il n’existe aucun problème à faire artificiellement pénétrer une personne dans un bain d’enthousiasme et d’exaltation, mais pour combien de temps ? Un peu comme une bougie qu’on parvient à allumer une, deux, trois fois mais, s’il n’y a rien qui puisse continuer à brûler, elle s’éteindra malgré toutes les allumettes qu’on craquera les unes après les autres On a parfois fait l’expérience suivante chez des êtres humains (il s’agit aussi d’une méthode de torture) : on enferme la personne dans un endroit où il ne dispose d’aucune forme de stimulus extérieur, sans possibilité d’entendre ou de voir au dehors. Au bout d’un moment, cette personne se met inévitablement à crier : « Faites-moi sortir d’ici !» car une telle situation devient rapidement insupportable, au point que certains en perdent même la raison. Pour d’autres cependant, une telle expérience constitue l’occasion d’un tournant dans leur vie car, précisément, l’absence de stimuli extérieurs les incite à percer au fond de leur être et retrouver leur véritable essence. C’est exactement ce que Dieu fait avec nous pendant ces jours ordinaires qui jalonnent l’année. En nous offrant des périodes où rien de spécial ne se produit, Il nous présente en quelque sorte un défi : « Voyons-donc qui vous êtes vraiment lorsque vous êtes seuls ! »

 

Parfois, même un être honnête ne sort jamais de sa torpeur et continue d’exister comme une copie de quelque chose ou de quelqu’un d’autre, jusqu’au moment où il subit un bouleversement. C’est seulement alors qu’il prend vraiment la forme d’un être humain. Le Ciel décide parfois que quelque chose arrive à tel ou tel individu afin qu’il se réveille et commence à bouger. Bien sûr, nous prions toujours de ne connaître aucune épreuve et surtout pas au travers de souffrances ou de malheurs. C’est là aussi qu’apparaît notre force en tant qu’être humain, cette faculté à agir et à réaliser au travers de nos propres efforts, depuis l’intérieur de notre personne, tout ce qui ne survient pas de l’extérieur. Telle est là aussi la chance unique que nous octroient ces jours ordinaires : non pas mener notre vie au petit bonheur la chance mais, au contraire, la construire en toute conscience et en toute préméditation.

 

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