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Magazine -
Editorial
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Dimanche, 07 Juillet 2013 11:39 |
Mais qu'y a-t-il donc à voir ? C'est la question qui monte spontanément aux lèvres lorsqu'apparaît le nom particulier donné à ce Chabbat : Chabbat 'Hazone ou «Chabbat de la vision». Certes, cette dénomination s'explique au premier degré : le texte des prophètes lu ce jour à la synagogue commence par ce mot : «Vision d'Isaïe». Mais, nous est-il enseigné, un autre sens, plus profond, doit être recherché ici. Si vision il y a, elle doit être ouverte à tous. Et c'est de celle du Temple de Jérusalem qu'il s'agit. Ainsi vont les choses : alors que nous sommes si proches du 9 Av, le jour anniversaire de la destruction du Temple, comme en manière de guérison intervenant avant même que la maladie ne frappe, le Chabbat survient, porteur de la vision de l'édifice.La perspective est, à l'évidence, consolatrice. Le 9 Av commémore une des plus grandes tragédies de notre histoire, il ne fallait pas moins que cette vision du Temple enfin reconstruit pour en dépasser la douleur. Lire la suite
Pourtant, au-delà du symbole, quelle peut bien être la portée d'une telle expérience ? Force est de reconnaître que, malgré l'assurance donnée par cet enseignement et la grandeur qu'il exprime, voir le Temple reste au stade de l'espérance. Sans doute, des hommes spirituellement élevés peuvent-ils réellement le contempler alors. Mais, pour la majorité, n'est-ce pas là qu'un bel espoir ? Réconfortant, mais de quelle utilité ? Justement, c'est ici que se révèle toute la puissance de cet enseignement. Si nous ne voyons pas concrètement le Temple, sa seule présence – et la conscience que nous en avons – est de nature à nous donner toute la force nécessaire. Tout se passe comme si D.ieu choisissait de nous le montrer en ce Chabbat pour nous dire que tout est en place, que le troisième Temple peut de nouveau se dresser à Jérusalem, dans la paix universelle, pour peu que nous le voulions. En ce Chabbat, nous dit-on encore, malgré la proximité du 9 Av et toutes les marques de tristesse de la période, seule la plus grande joie doit régner, et une joie même supérieure à celle ressentie en un autre Chabbat. Comme pour nous rappeler que, dans la destruction commémorée, il y a une construction que l'on célèbre. Et si nous décidions d'ouvrir enfin les yeux ? Si nous décidions de voir ce troisième Temple, amené par la venue du Messie, si nous décidions de vivre sereinement ce que nous sommes, alors ce Chabbat pourrait être celui où la vision concrète du Temple ne serait pas réservée à une élite spirituelle mais bien l'apanage de tous. Un rêve ? Parfois seuls les rêveurs ont raison...
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