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Magazine -
Editorial
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Dimanche, 21 Juillet 2013 16:04 |
Le calendrier juif continue de nous entraîner à son rythme propre et, quelle que soit la saison, nul n'y échappe. Temps estival ou non, il nous dit aujourd'hui que la période ne peut pas être seulement à l'insouciance – en existe-t-il d'ailleurs une qui le puisse ? De fait, nous sommes passés sur le deuxième versant du mois de Av et c'est déjà la présence du suivant qui apparaît, comme subrepticement, à l'horizon de notre conscience. C'est du mois d'Elloul qu'il s'agit et ce seul mot suffit sans doute à changer fondamentalement la donne.
Les choses sont ainsi faites : cette année, le mois d'Elloul va se dérouler, pour sa plus grande partie, durant le mois d'août et les fêtes interviendront en tout début septembre. Le temps d'Elloul est si précieux qu'il importe de n'en rien perdre. Il est le dernier mois de l'année juive et, à ce titre, il mériterait qu'on s'y arrête. Mais il est surtout ce mois irremplaçable de préparation aux grands rendez-vous spirituels qui arrivent à sa suite : Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot, Sim'hat Torah. C'est bien tout cela qui est ici en germe, comme un potentiel de vie dont on perçoit d'ores et déjà la puissance sans encore en définir les contours exacts. Pour cette raison, Elloul est ce mois où, enseignent nos Sages, D.ieu est comme plus proche qu'à l'accoutumée, comparable à un Roi qui, venu à la rencontre de ses sujets, attend leurs demandes, prêt à les accueillir avec bienveillance.
C'est dire qu'Elloul est une période d'effort et de tension spirituels intenses. Est-ce bien compatible la volonté de délassement général qui paraît, d'année en année, s'emparer de tout le corps social ? Peut-être est-ce justement l'enjeu de la période... Celle-ci nous libère souvent de nombreuses contraintes. Tout à coup, chacun dispose plus largement du cadeau le plus précieux qui se puisse faire à l'homme : du temps à soi. Et voici que ce temps est celui d'Elloul. En une image fameuse, le précédent Rabbi de Loubavitch, déclara qu'à ce moment «même les poissons tremblent dans les rivières». Comme pour dire que ce temps est d'une solennité qui le rend à la fois personnel et incontournable. Il est à ressentir pour bien le vivre ; nous aurons l'occasion d'en reparler.
H. Nisenbaum
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