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Magazine -
Editorial
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Vendredi, 25 Octobre 2013 11:30 |
Est-ce l’automne, la grisaille ambiante ou un facteur indéterminé ? L’atmosphère semble être à la recherche d’une certaine uniformité. C’est ainsi que se met en place une sorte de culture mondialisée, une vision du monde unique dont personne n’a plus le droit d’interroger le bien-fondé sous peine de passer pour un indécrottable passéiste. C’est ainsi que tout ce qui n’entre pas dans cette norme préétablie (mais par qui ?) se voit nier toute pertinence sinon toute légitimité. N’est-ce pas un monde bien triste que l’on est en train de fabriquer là ? Lorsque l’entreprise sera achevée et que, d’un bout à l’autre de la planète, tous les hommes auront les mêmes rêves, les mêmes aspirations, les mêmes références et les mêmes façons de vivre aussi, n’aura-t-on pas perdu une véritable richesse ? Celle-là seule que donne la diversité, fille de l’indépendance d’esprit ?
C’est ainsi qu’on en vient à vouloir établir des normes. Un jour, on apprend que l’abattage rituel est « cruel » et, un autre jour, que la circoncision est une « mutilation ». Et des hommes et des femmes, par ailleurs honorables et certainement estimables, ne trouvent rien de plus urgent en cette période – sans doute dénuée de tout autre problème – que d’intervenir sur des sujets qu’ils connaissent peu. Que ceux-ci concernent des cultures anciennes qui se trouvent au fondement de celle qu’ils sont censés représenter ne paraît guère les troubler. Tel est le pouvoir de cette forme de certitude que seule peut donner l’ignorance. C’est donc avec une parfaite bonne conscience qu’on est capable, dans les assemblées concernées, de tenir un discours dont l’absence de compréhension et d’ouverture renvoie aux pires des totalitarismes des périodes récentes ou plus reculées.
Et le peuple juif dans tout cela ? Lui qui, minoritaire par nature et par fonction, traverse les âges sans faiblir. Lui qui a connu les temps où chacun savait accepter l’autre et voyait dans cette diversité non normalisée un élément de civilisation. Lui qui a aussi – déjà – connu les époques où, armés de leur assurance, les censeurs se levaient de toutes parts au nom de vérités autant nouvelles que strictement humaines et donc relatives. Que fait-il ? Il reste celui qui incarne justement cette liberté de vivre et de penser. Il reste celui qui garde, comme un joyau précieux, sa foi, son histoire, sa mémoire. N’est-ce pas là – et ce n’est pas un paradoxe – le chemin de l’avenir ?
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