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Magazine -
Editorial
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Dimanche, 27 Octobre 2013 13:51 |
Le langage a parfois des traits étonnants, qui cessent d’attirer notre attention simplement par un effet d’habitude. Par exemple, avez-vous remarqué comme ils sont nombreux les mots en «té» qui renvoient à des valeurs positives : bonté, liberté, solidarité, fraternité, égalité etc. ? Certes, il y aussi « méchanceté » mais il fait bien pâle figure à côté de la richesse des termes cités. Car, dans tous ces mots, il y a comme un esprit qui souffle et qui rime avec «humanité» – peut-être est-ce du reste cela qui nous impressionne. Il y a en eux comme un appel, une exigence, quelque chose qui nous dit que l’on n’est totalement, véritablement humain que si on les met en œuvre.
De fait, nous vivons un temps de relative prospérité matérielle. Il est vrai qu’évoquer «la crise» est devenu une figure rhétorique quasi obligatoire. Pourtant, si on avait décrit à nos ancêtres – et pas si éloignés que cela – les conditions dans lesquelles se déroule notre existence, ils auraient probablement crié à l’impossible ou à la réalisation des prophéties messianiques ! Dans un tel contexte, la misère des autres devient comme plus insupportable. Qu’elle soit matérielle ou spirituelle, qu’elle apparaisse au plus près de nous ou dans des lieux que nous ne verrons jamais, elle a cessé d’être admissible à nos yeux. Et la question se soulève d’elle-même : que faire, quelle part pouvons-nous prendre au rétablissement d’un équilibre que chacun appelle de ses vœux ? Au-delà de la conscience élémentaire, existe-t-il une action utile ? C’est sans doute à ce point de la réflexion que ces mots en « té » nous hantent car les notions qu’ils renferment sont trop précieuses pour qu’elles soient laissées sans usage.
Et si tout commençait justement par un autre terme – toujours en «té» : la responsabilité. C’est un beau et grand mot que celui-là. Il dit l’espoir et le pouvoir d’agir. Il dit l’aspiration et la conscience. Il dit le sens des autres et le refus de tout ce qui se limite à soi. Et résonne, comme en arrière-fond, l’antique leçon : D.ieu a créé l’univers et l’a confié à l’homme. Celui-ci en est, à la fois, le gardien, le porteur et l’acteur. Il est donc celui qui façonne les choses, qui modèle la vie et qui conduit l’univers au plus haut de son potentiel. Il est enfin celui qui le fait parvenir à son accomplissement.
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