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Magazine -
Editorial
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Dimanche, 15 Décembre 2013 13:54 |
Le monde est plein d’instants précieux, de gestes inoubliables. Il est plein de toutes ces petites choses du quotidien qui font de la vie un parcours de découvertes que l’on ne voudrait manquer à aucun prix : le sourire d’un enfant qui regarde le ciel, celui d’une mère qui suit ce regard, celui de cet homme qui vient en aide à son prochain ou de cet autre qui se souvient du passé pour mieux penser l’avenir. Ce ne sont que des instants fugitifs, effacés parfois alors qu’ils viennent d’apparaître. Mais, malgré cette fragilité essentielle, ils laissent une trace profonde ; ne sont-ils pas la beauté et la grandeur des choses qui passent ? C’est dire à quel point chacun peut faire de l’endroit où il vit, de tout son environnement, un lieu de merveilles.
Car tout cela n’est pas qu’une question de regard, c’est aussi affaire d’action. Il est dit que D.ieu créa le monde «pour faire», ce que les commentateurs relèvent comme signifiant «pour réparer», indiquant ainsi que l’homme, créature suprême, en a reçu la charge et le privilège. Il devient, de cette façon, «l’associé de D.ieu dans la création du monde». En d’autres termes, le lien avec le spirituel ne peut se résumer à certains moments du jour, à ces instants particuliers où, par la prière, l’étude, la pratique des commandements, l’homme se ressent comme plus proche de l’Essence. Cette démarche, toute importante soit-elle, ne saurait se limiter à elle-même. Le lien avec le Divin est, par nature, un lien de tous les instants sauf à révéler, par son absence récurrente, une infirmité qui remettrait en cause son sens même.
C’est donc ainsi que la question se pose : comment établir ce lien éternel et constant ? Et c’est ainsi que la réponse monte : par ses actes du quotidien, par sa vie de toutes les secondes. C’est là un défi majeur qui est lancé à chacun et peut-être est-ce aussi une manière de définir la condition humaine. Faire de ce monde ce lieu de sérénité propre à devenir, selon les termes traditionnels, «la demeure de D.ieu ici-bas». Faire de son foyer ce «petit sanctuaire» où, chaque acte prenant sa pleine signification et toute sa portée, la Divinité réside. Devenir soi-même ce «porteur de lumière» autour de qui tous se rassemblent d’instinct tant il est vrai que toute lumière attire. Cela peut résonner comme un grand et noble programme malheureusement irréaliste ou, tout simplement, comme la petite musique des jours vécus à dimension pleinement humaine. En ces temps d’hiver, comme un avant-goût du temps de Machia’h.
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