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Dans la vision juive, en tous temps et en tous lieux, la joie a toujours été un élément central de l’existence. Elle a toujours fait l’objet d’une recherche attentive, d’un soin constant. De fait, elle est cette expression du plus profond de soi qui fait dire à nos Sages que «D.ieu ne réside que sur l’homme joyeux.» Cette joie – qu’il faut donc bien qualifier d’impérative – a une présence encore plus forte dans la période courante. Il a été abondamment souligné que le mois de Adar est celui de la joie, qu’il implique que celle-ci soit multipliée de jour en jour. Or voici que nous venons de franchir une nouvelle étape : «Pourim Katan – le petit Pourim» est à présent derrière nous et moins d’un mois nous sépare de l’allégresse sans limite du Pourim définitif. La joie prend ici un tour presque concret. Sa grande rumeur ne suffit plus, même si elle est déjà enthousiasmante. Son expression doit devenir tangible. Il faut enfin pouvoir la toucher du doigt.
Peut-être est-ce justement là que le bât blesse ? Nous vivons quotidiennement une sorte de morosité ou de langueur qui semble emplir les rues des villes et jusqu’à l’âme de ses habitants. Le mode interrogatif est plus fréquent que la franche assurance de lendemains heureux et l’espoir, sans lequel on ne saurait vivre, paraît trop souvent absent de la conscience. Tout cela prend sans doute encore plus de relief quand, dans l’espace public, résonnent des paroles voire des cris de haine qu’on croyait de longtemps disparus dans les poubelles de l’histoire. Voici pourtant qu’il nous est dit que la joie ne renonce jamais, qu’elle a toute sa place et que, peut-être, elle constitue la solution !
C’est que la joie a une source première : la vie. Nous sommes des créatures de D.ieu Qui nous a confié une mission essentielle : faire de ce monde ce lieu de paix, d’harmonie et de sérénité où peut se développer le plan divin, édifier ici-bas la demeure divine. En prendre pleine conscience implique un véritable effort ; ne s’agit-il pas d’écarter le voile des faux-semblants ? Mais l’idée, en chacun, est facteur de lumière. Elle dit que rien ne peut résister à cette conviction : le lien entre le Créateur et la créature est possible, l’homme n’est pas seul et sa vie a un sens qui ne peut s’effacer ! Au mois de Adar, à l’heure de la joie, le chemin s’ouvre devant nous. C’est un chemin d’éternité, à présent son ouverture s’illumine.
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