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La vie est un concept à la fois d’une évidente simplicité et d’une complexité profonde. Elle est ainsi un don merveilleux qui s’impose à chacun sans que nul ne songe à le refuser, sauf dérèglement particulier. Pour cette raison, il n’est guère possible d’en estimer la valeur ou le prix. Elle ne peut faire l’objet de quelque négociation que ce soit. Elle est l’apanage de la créature qui la détient comme un dépôt incessible et précieux car, lorsque, en son temps, l’existence parvient à son terme, la vie trouve alors son aboutissement, moins au sens de fin qu’à celui de sommet. En d’autres termes, toute vie a un sens qu’aucune autre ne peut assumer. Toute vie porte en elle pouvoir et puissance qu’il appartient à celui qui la détient d’exprimer au mieux. Parfois, ses méandres, les épreuves qu’elle connaît paraissent peu compréhensibles à l’homme, peut-être simplement parce que son essence le dépasse.
Dans un tel cadre, est-il possible de légiférer sur ce qu’elle est ou ce qu’elle doit être, sa qualité ou son insuffisance ? Est-il envisageable de décider d’y renoncer, éventuellement avec une aide extérieure, voire d’établir des règles dites objectives qui diront quand une telle action cesse d’être répréhensible ? Quand, dans une société, la réponse devient positive, ou paraît pouvoir le devenir, quand des voix s’élèvent pour réclamer une telle évolution, n’est-ce pas une part de ce qui fait l’homme que l’on choisit de perdre ? De fait, le respect de la vie, le souci de sa préservation caractérisent la civilisation. Ainsi, lorsque l’on chassa le sacrifice humain de la vision générale des choses, c’est d’une progression infinie sur l’échelle des valeurs qu’il s’agit. N’y a-t-il pas dans l’histoire de D.ieu retenant le bras d’Abraham pour qu’il ne sacrifie pas son fils Isaac comme un fondement posé à l’histoire des hommes ? Il est vrai que, malgré cela, certains peuples continuèrent de tels rires barbares sous une forme ou une autre.
Mais on pouvait croire que tout cela était du passé, qu’enfin ces âges sombres étaient terminés. Voici que, au nom d’une certaine forme d’adoration de soi – qu’on qualifiera de liberté de choix, de décision individuelle etc. – certains entreprennent de revenir sur les acquis des siècles, sapant ainsi ce qui fait l’humain en l’homme. Et si tout cela était d’abord une affaire de norme ? Quand la loi n’est plus que l’expression d’un désir social, par nature changeant, et écarte toute référence à ce qui dépasse le contingent pour s’attacher à l’essentiel, même de tels choix entrent dans l’ordre du possible. Finalement, l’homme n’est vraiment lui-même que lorsque, conscient de son Créateur, il sait à quelle morale il lui est indispensable de se rattacher. Alors il n’est plus le jouet de ses désirs mais bien l’acteur d’une vie qui, toujours, fait sens.
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